LE PILON 14

SOMMAIRE : pages : 1 2/3 4/5 6/7/8 9/10/11 12/13 14/15/16/17 18/19/20 21 22 23 24 25 26 27 28

revue trimestrielle de poésie


 

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Page 1

AVANT-SON

Retrouvailles avec Michel HËROUL T, qui fut fondateur du «Puits de l'ermite» et le quitta avant moi. Un sommaire dément, écrit par Robert BOUDET, qui n'a pas lu la revue. Faut le faire. Des textes de CLODARIA la jeune institutrice vendéenne. Un LIMA, de M.A FANTONI, exilée aux U.S.A et connue à la suite de l'article sur Pilon 9 paru dans ELLE. 2 textes de Paul MARI, déja lus depuis composition, dans diverses revues marginales auxquelles il les a envoyés aussi. Merci, m'sieur.

La «Ligne 3» de Jehan VAN LANGHENHOVEN qui couplée avec Odile CARADEC, chevauche une (péri) ode aux transports.

François DE CORNIÈRE et DARTOUX, pour montrer l'analogie extraordinaire entre leur écriture.

Deux nouvelles chroniques : le PI LINGUISTE et PILONsTORY ... jusqu'en Afrique.

Retrouvailles avec toi aussi, lecteur, pour qui la poésie ...

Revue fabriquée par un seul poète, à la main et de fond en comble

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Robert BOUDET

SOMMAIRE ( 1 )


P 1 le début

P 2 une page après le début

P 3 Ce que vous ne savez se trouve en P 2

P 4 Ce que vous voulez savoir se trouve en P 4

P 5 Si on fait  page par page on n'est pas arrivé au bout!

P 6, 7, 8 pour faire croire qu'on va plus vite

P 9 Du nouveau

P 10 Le compte est bon

P 11 On sait enfin où on va

P 11, 13, 14, 15 Descente de l'escalier quatre à quatre

P 16 Ire entre les doigts

P 17 Enfin la lumière fut

P 18. Une page blanche

P 19 Une autre page blanche
P 20 Inutile

P 21 c'est bientôt la fin

P 22 Le récit amorce un tournant décisif

P 23 Comment on rate un tournant

P 25 Antépénultième (Voir La Rousse)

P 26 Si l'ou n'a pas compris revenir à la P 1

P 27 La rousse de la P 25 s'est trompée de roman

SOMMAIRE ( 2 )

Chap. 1 Avant-propos

Chap. 2 Propos d'avant

Chap. 3 A propos

Chap. 4, Avant

Chap. 5 Pour comprendre l'avant-propos

Chap. 6 Du vent

Chap. 7 Peut-être

Chap. 8 Sait-on jamais!

Chap. 9 et suivants l'homme descendit les marches en buvant son café chaud qu'il croyait avoir refroidi avec deux sucres mail oublia qu'il avait lu Tel Quel la veille / ratant la dernière marche/et sur la rampe...  sa montre en toile (désespérer) qu'il avait pris notre héros Pour Des Chaussons. Ce Qui Explique Les précautionsprisesparlesauteurspourintroduireunromand'abordditficilebienqnesil'onysongebien.../ ''')''0000('

postface: Lait lattes rient ne sont ( naissons? ) sous l'escale liée. ( LACAN )


SOMMAIRE ( 3 )

P 38256486 bis Voir sommaire.

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CLOD'ARIA

LA VÉSICULE

C'est la mode :
on la fait retirer
On retient sa place
à l'hôpital
comme à l'hôtel
« Une chambre
pour la famille untel
Une! ))
On sera bien débarrassé
plus d'amygdales
plus d'appendice
plus de vésicule
Tout le monde en chœur
sur le billard

La connerie
ça sera pour plus tard

§§§§§§§§§§§


INJUSTICE

La mésange?
on l'admire
Le moineau ?
on le chasse
Le corbeau?
on le tire
Et pourtant?
qui bouffe la cervelle
de ses congénères?
la MÉSANGE ...


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Michel HÉROULT

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La chanson grise

Il ne faut surtout pas pleurer avec la pluie
Monsieur Verlaine
maintenant que vous vivez dans la lumière première
dans l'éclaboussement prodigieux du réservoir originel
maintenant que vous allez libre comme un animal heureux

Il ne faut surtout pas pleurer avec la pluie
qui tombe aujourd'hui sur la ville surprise

Un enfant plus loin dans une cour
chante doucement votre chanson grise

Monsieur Verlaine dormez ce monde est à refaire

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Côte lointaine et force de l'hommage à dire simplement les mots.
A genoux dans l'instant, je ne crains pas d'en appeler à l'aube.

Bientôt le chaume des cités futures   recouvrira les mémoire
verbe facile, clef sans usage, parabole sans morale.

Tout le ciel de bas en haut couvert de pourpre, j'implore,
supplie qu'on accorde le verbe poétique au cours de cette expérience.

J'y crois! J'y crois! Voici la poésie renaissante. Qui parle d'aurore?  Qui parle de sang?

Les métamorphoses écarlates

Et là, tout à coup, j'ai laissé ma vieille peau pleureuse
pendre aux branches. Evidage du tronc, tu m'as prêté l'écorce
dure, l'inflexibilité de la matière vivante.

A cette heure, je me pavane entre deux astres. Repaire âcre.
Écroule-toi tout à coup ! masque à terre. Piétine le masque !

J'interroge et te cherche; je hèle l'angoisse. Rien d'acquis!
La sensibilité bouillonne bien en dessous de nos assises.
Je n'y vois plus clair.

Et le couteau alors ?  Les réveils brutaux, le choc, la remise en  question ?

Le sommeil qui m'avait enserré dans ses filets d'acier me relâchait
quelquefois la bride sur le cou. Horrifié, cœur serré, je contemplais
le gouffre alors, l'énorme méprise, l'acidité cruelle de l'absence.

Sans aucun recours que la force verticale projetée.

Sans aucun but que' l' éveil dans le chaos.

A ce point. Je recueillais déjà les larmes que tu n'avais pas versées

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M.A FANTONI
 

LIMA

Le repas se meurt sur la table

ACIDE

                ( je n'ai pas faim )

pour un an, pour dix ans, pour toujours

l'arbre a percé le mur de son doigt de colon
FRAIS:

hier

Santa Barbara, et la mécanique des mois
soulevant le poil du tapis d'alpaca de sa difficile
respiration ASTHMATIQUE
double effort
hostile

El BLANC : Lima!

souvenez-vous du pernod
et des livres qui s'effeuillent tout seuls
au fond du tiroir, aveugles et sourds
tel qu'une abeille

DISPARUE

Le ruban de cellophane de voire voix qui désavoue.
LE MAUVE
du soir
et s'attarde sur le contour du corps.
En vibration

 pour un an, pour dix ans, pour toujours.

des choses douces à bleuir
des choses amères : le temps

De la porte qui s'ouvre
De la porte qui se ferme
 

( à gauche )

et des cadavres partout vernissage interrompu
à la Farine de Poisson
 

des formations de sel, sur les lèvres
et les lagunes de mer, iridescentes

DE PEUR

Pollution d'échos sur le miroir creux de la chambre

(Renée)

Et

l'égratignure rose (asymétrique)
sur le dos
de l'enfant
qui tombe
encore une fois: vulnérable délire.

des vérités sont parues à même le sol

et la peau du jour
en est toute
arrachée

pour un an, pour dix ans, pour toujours

TOUT A CHANGÈ

                                                  Spring, Juin 1973

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Paul MARI


LA CONFIDENCE

Impitoyable, l'orchestre se mit à jouer comme si Mathias était de la fête.

Face aux miroirs déformant la raison, des buveurs à tête de chewing.gum s'ancraient dans leur faiblesse. Dieu était loin. Une amertume aveugle traînait dans les coins. A chaque seconde la moisson de gestes en lutte contre le froid devenait plus insoutenable. Aurait il fallu s'abandonner à la joie fauve de l'alcool?

Regardant dans le vide, les yeux absents de la jeune fille aux yeux bleus Mathias n'en pouvait plus d'être seul.

6-7-76 Munchenbrau

LA FATIGUE

Il admit ses fautes : la mort de sa mère, les dogmes, la semaine sainte, les nerfs toujours prêts à trembler. Il avait cependant pris le train et les lèvres d'une fille pour lui dire je t'aime.

L'éternité rouIait; le vent emportait les lumières au silence de l'impossible fête, la pluie ramollissait les décors.

Il admit ses remords, la vie des lupanars, les records du froid.

                   Il se reconnut coupable et à dix sept
                   heures, il convint même de sa
                                   FATIGUE


 
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JEHAN VAN LANGHENHOVEN

LIGNE 3 : le festin de Jéhan

Prendre le métro comme le Trans-Europe·Express, S'égrener sur les jambes d'une inconnue, restituer l'équation de son intimité. Faire fi de toute valeur poétique. Automatique, meubler une éternité de vingt minutes. Se rendre maitre des correspondances ...

Tout commence au :

1)PÈRE LACHAISE

Les réfractaires dans la nuit ont des pierres de rechange ils brûlent des briquets aux mèches déployées
Les réfractaires
         savent encore
                 flamber les femmes
                           comme de simples brèmes

2) SAINT MAUR

O ma bombe mon étudiante ma moscovite
          bifurquerons-nous ce train de nuit
                         vers des destinées de sang et de fracas

serons-nous de cet attentat où en robes de soie les bombyx s' abattront sur nos détonateurs étonnés

3) PARMENTIER

Grandement écartée sur l'équateur
chat et bijou roulant de la ligne de feu au cercle polaire
entre l'île Maurice et la Bastille
                             La Danseuse

4) RÉPUBLIQUE

Cette dame s'ensuaire d'amsterdamer

5) ARTS et MÉTIERS

Nous avons la nostalgie armée
                                    la mélancolie meurtrière
en des repas-repères où l'avoine folle ,se trémousse et s'inonde avant de s'enorgueillir de nos lèvres tendues

6) RÉAUMUR-SÉBASTOPOL

Sur l'écorce de la gitane nous graverons nos sexes enlacés,
percés d'aiguilles de phonographes et de sagaies.

7) SENTIER

J'ai aimé cette nuit où tes seins étaient chapelle et où quelque part en toi, un musicien perdu faisait courir ses doigts sur tout un jeu d'orgues.

8) BOURSE

Femme à coutures
             la fermeture glisse le long de ton corps
                             une savane se déploie en éventail
                                             de ta lombaire s'échappe une antilope

9) BONNE-NOUVELLE

               Un révolver dans un sac de femme
La mort dans un poudrier

10) OPÉRA

...il sera nous à quinze ans enlacés devant les miroirs
déformants du Palais des glaces...

11) HAVRE-CAUMARTIN

Car tu es saoule tout là-haut, en haut de tes hauts talons.

12) ST LAZARE

Quand l'hiver peigne ses tombes.

13) EUROPE

La mort tape le carton
            Sur un comptoir de marbre
                      les brèmes d'un jeu érotique
à tout cœur des reines blanches dépoitraillées y coupent des rois de peu d'haleine
                                            c'est cause de révolution

14) VILLIERS

Inquiétez-vous de mes absences, car je disparais souvent sur les nappes de restaurant, sous les regards de quelque pin-up à tête d'ivrogne.
 

15) MALESHERBES
16) WAGRAM
17) PÉREIRE
18) PORTE DE CHAMPERRET
19) LOUISE MICHEL
Le brusque désir entre vos cuisses

a) en vos yeux de pierreuse l' hiver exténué récapitule
            ses rivières
                    ses bras ses rus  et ses deltas
                                        aux gorges des récentes suicidées
b) dans les frondaisons humides d'une petite sœur provisoire
c) Car plus rien n'existe sur les escalators quand on s'y tient; lézard embusqué, fourchant sa langue
                                                                              vers des chairs passagères
e) Tout le monde descend.

f) 0 TOI QUE J'EUSSE AIMÉ, 0 TOI QUI LE SAVAIS! ( Charles BAUDELAIRE)

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Odile CARADEC

Arrière train d'automobile
secoué de spasmes
la campagne te mord
il ya
de la femme tentaculaire dans l'air

§§§§§§§§§§§§

Cent poèmes comme cent mille pneus
très comestibles
mangent une route méconnaissable
roulés par le patrimoine national
Ô cornets de frites de la littérature

§§§§§§§§§§§§

Fais un sourire à la caissière
vertigineuse
Tu ne passeras ni au rouge ni au vert
tu emprunteras une trajectoire toute neuve
celle du lanceur d'alizés
du bouffon aux joues crues

§§§§§§§§§§§§

Pourquoi klaxonnes-tu chauffeur
chauffeur
tu as toute la vie pour retenir l'injure
obscure
Jurons de vitre sourde à vitre sourde
rancœur entre gencives
galopantes

§§§§§§§§§§§§

POUR UN QUINQUAGÉNAIRE

Me voici avec cinquante boulets de canon
indemne
mon cerveau est un peuplier frissonnant

Les chaussons font le tour de la maison
j'ai une joie pour tous les arbres de mon âge
de mieux en mieux je sais me battre
contre les bêtes vrimouses

J'accroche des poèmes au derrière des automobiles

§§§§§§§§§§§§§§§§

La bagnole
fifre endiablé
tous les jours plus réticente
fait en août une ombre
démesurée

Le pied fourche
les fûts défaillent

§§§§§§§§§§§§§§§§

J'vais écrire des poèmes dans les embouteillages
confus et collés à mes gants:

Le compteur tourne, c'est l'heure des mains
grandes et belles
le camion maraîcher soudoie les artères
capitales
Nous manions les fruits du néon
et ce qui tombe du premier journal
emplit d'angoisse les mains juste lavées

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François DE CORNIÈRE

Parfois - Souvent - comme
quelque chose
derrière les choses
les gestes
( mes gestes : corps et
regard ) quotidiens
et chaque fois l'impossible
pari
à tenir

§§§§§§§§§§§§§§§

Un journal mouillé
posé sur le volant
la radio sous la pluie
flash d'Informations
nouvelles
prises au piège
tu traverses la rue
sur le pare-brise les secondes
ruissèlent
à n'en plus finir .

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Jacques Louis DARTOUX

Le regard repris par l'espace
La voix pressante du ciel
Cette joue miraculeuse de la pluie
Qui tremble au matin
Le paysage d'un mot
Que la patience illumine
Un pan de rêve
Aux frontières des saisons incertaines

§§§§§§§§§§§§§§§
 

La nuit cherche
Les mains parlent
Décembre interminable

La lumière improbable
Bientôt le jour pourtant
 

Attente sous les horloges muettes
Le visage enfin
La prompte parole

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PILONSTORY

« Le jour de la naissance d'un jeune Manja ( ...) un ancien présente le pilon de la case au nouveau-né ( ... ) puis frappe le sol de la case avec le pilon, 3 fois si c'est un garçon, 4 fois si c'est une fille. Le pilon est un instrument qui a une vie très active, d'où se dégage une force occulte très puissante. Le chef de clan en frappe le sol de la case pour que sa force de travail s'extériorise et se communique au nouveau-né. ( ... )

Il est interdit à tout individu de menacer ou de battre avec un pilon un Bogerdu. L'esprit familial se vengerait en causant une maladie ou la mort du querelleur. ( ...)

Le placenta est généralement expulsé le deuxième ou troisième jour; s'il tarde, le mari prend le pilon de la case et tourne à l'extérieur de la demeure de l'accouchée en frappant le sol du pilon et en appelant par 2 fois le nom de sa femme qui doit répondre à chaque appel. Il continue ainsi sa giration, frappant le sol et appelant son épouse jusqu'à sa délivrance ».

§§§§§§§§§§§§

( extrait de: «Moeurs et coutumes des Manjas JI, par A. M. Vergiat, éd Payot 1937. Les Manjas sont une ethnie de l'ex Oubangui-Chari, maintenant Empire Centrafricain)

Communiqué par Pierre Ziegelmeyer qui sera décoré du Pilon biseur et reconnaissant.

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Jean DERRAY

REQUIEM POUR UN P.D.G

Il avait conquis de basse lutte
Les sommets de la hiérarchie sociale
degré par degré
Il s'effondra un beau jour
dans un escalier
des marches anonymes furent témoins
de sa chute.
Bien entendu
l'ascenseur était en panne


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Robert NÉDÉLEC

LE PILINGUISTE

on   l'a pliée   l'a pilée    l'a pelée
appelée pilonnée pile au nez !...
ô nés qu'on épile   et    sans ciller
qu'on pille                      et qu'on.
empalerait             (ET CON EN
PALE                               RAIE)
dont on reparlerait  si  on la vou
lait vi(l)le              qu'on violente
rait à l'encre  violine        ( parce
queue vie au lait lorsque  riz OK
rit                                        parce
queue   vêle  au lit qui se  fait en
filer  par le  premier  veau nu sal
ope                            dont le moi
gnon enflé s'empuantit tellement
que la thèse                     selon la
quelle elle ne  peut se  passer  de
prothèse préveau et   qu'elle port
era PI(S) trois   virgule  quatorze
cent seize LON(G)  si  le ciel lui
prête ou qu'elle lui  maraude  vie

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CONSEILS DE LA MÈRE PILON


Pour faire une bonne revue poétique

Pour faire une bonne une merveilleuse revue de poésie, il suffit de trouver les ingrédients suivants:
de bons textes, de bonnes gravures (ou dessin) et de quoi les mijoter en bonne place sur du papier de qualité.
Pour ce, embaucher un imprimeur mégalomane et mécène et refuser de lui payer quoi que ce soit hormis ce que rapporteront les ventes.
S'il est intéressé, cherchez en un autre. S'il ne l'est pas trop prévoyez quand même un bon avocat. S'il ne l'est pas la faillite le guette, méfiez-vous.
En cas de réussite financière, motus, on vous internerez. En cas d'échec, gueulez très fort, la caisse dite nationale des lettres vous entendra peut-être.

Faut-il être assisté public?

Pour devenir le petit assisté public de la poésie il suffit de faire comme ci-dessus ... et de gueuler de plus en plus fort comme si ça vous taisait de plus en plus mal.

Pour devenir assisté privé il faut un mégaphone de 5000 watts.
Pour ne plus être assisté du tout, assistez vous tout seul. c' est plus marrant d'être deux.

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FRIVOLITÉS

Si j'aime le travail des mains, c'est qu'elles furent de mon premier labeur. Avec le C.A.P de poète n'ai-je pas aussi celui d'ajusteur et de mécanicien moteur avion. (ainsi que celui d'instituteur) Diplômes, diplômes dos culs, pas universitaires, les mains bon Dieu, les cals, la lime, l'étau, le plomb...

Le compte d'auteur est une forme d'escroquerie à la vanité littéraire, terrain propice. S'il n'y avait que le compte d'éditeur et sa rareté, le cocktail Molotov fonctionnerait plus que le cocktail petits fours. Noble méditation n' est ce pas, pour un C.A.P. au beau métier d'éditeur.

Pour la poésie, la France est un pays de mission, comme disait mon curé juste avant que j'abandonne le caté.

La poésie habite une basse fosse de la littérature, où expie une sorte de ciseleur rare travaillant dans l'élitiste tripotage de sa langue.

Comme la poésie n'est pas diffusée, seuls les poètes créent les poètes. C'est la génération spontanée par cooptation circulaire: " Vous êtes poète, monsieur, j'en suis un autre, merci, alors nous sommes ".

Si tous les poètes inventaient un mot, puis se rencontraient pour faire un poème - LE POÈME - en réunissant leurs maux. Ça ferait mal aux mots. Et après ils vivraient mieux, les poètes.

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4 bonnes raisons DE S'ABONNER au PILON

IL n'a pas augmenté son prix depuis 3 ans
IL n'est pas aidé par la caisse nationale des lettres.
IL publie de la poésie et de la meilleure
IL est de mieux en mieux imprimé que c'en est un bijou de collection
 

et 4 mauvaises

On peut le lire dans les chiottes, parce que ce n'est pas long.
On peut sourire de temps en temps et en aparté ce qui est comme qui dirait un péché.
On peut s'en servir pour terminer te travail de la première mauvaise raison, mais ce serait dommage.
On peut le revendre  à un autre poète quand on l'a lu car on ne le trouve pas en librairie.