LE PILON 2

SOMMAIRE : pages : 1édito 2Nadaus 3Bonneville 4/5Millot 6/7Bourg 8Maline 9De Cornière 10 11Jean André 12la Légipilonite 13Simon 14Thierrin 15Vodaine 16Legros 17Markiewicz 18/19/20Donguy 21/22Florentin 23dictionnaire 24Pilofusion 25La purée des revues 26Important 27Conseil de la mère Pilon 28Les Pilonasque Jean Pierre Lesieur

revue trimestrielle de poésie


 
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n°1

n°2

n°3

n°4

n°5

n°6

n°7

n°8

n°9

n°10

n°11

n°12

n°13

n°14

n°15

n°16

n°17

n°18

n°19

n°20

n°21

n°22

n°23

n°24

n°25

n°26

n°27

n°28

Page 1

De bonne foi.

 Le poème de NADAUS n'a pas été pris dans la revue LA TOUR DE FEU n° 129, où il figure, mais fut reçu et accepté par LE PILON en janvier 76 ... C'est que nous avons des goûts communs cher BOUJUT, quant au doublon il aurait peut-être pu s'éviter en n'envoyant le texte qu'à une seule revue.

 Les 4 pages centrales sont prises d'assaut par Jean Claude LEGROS qui les assume entièrement: composition, tirage et choix des textes. Si d'autres cajoleurs de presse sont intéressés il suffit de prendre contact afin d'en fixer les conditions techniques. J'attends 4 pages de LAVAUR pour le numéro 3. Pressez! Pressez! Poètes.

 Par suite d'une erreur de montage totalement dépendante de mon involonté, la page 20 est avant la 19. Alors un œil en avant, un œil en arrière ... Et que Jacques DONGUY me pilonne c'est le métier qui rentre ... je n'ai pas eu le courage de refaire un travail de 15 petits jours.

 Le POÉTRIEUR n'a pas eu grand chose à se mettre dans le zygomatique, serait-ce que l'humour est quel que chose de pas assez sérieux pour le confier aux poètes?

 Et puis la poésie, je ne la scinderai pas : offerte, rocailleuse, diverse, abrupte, elle témoigne, elle est doute, constat, POÉME. Je ne suis pas pressé d'en finir avec elle. Continuons voulez-vous.

 Page 2

Roland Nadaus.

 A CEUX QUE LA LÈPRE DES PIERRES.

 

Toute noblesse a déserté les tours
Nos châteaux sont peuplés de lézards
                                           d'étrons
                      de boites de conserve
et sur la lande
depuis la mort de Saint~Pol-Roux croû1ent
des manoirs sans hantise
Visiteurs
qui ne visitez rien que vous-mêmes  
vous dira-t-on la véritable ruine ?
                  mais qui?
Il  faudrait une voix: nous en sommes déjà aux
                                             bavardages
cent et un mille sauveurs bâillonnent notre bouche
    qui parlent
                        paraît-il
                                           pour nous
A ceux que la lèpre des pierres
 n'a pas encore atteints
à ceux qui repeuplent la lande
à la timide et fervente cohorte de ceux
qui passent leurs nuits
à faire grincer l'huisserie de ces ruines
j'adresse mon salut pour qu'il ne soit pas dit
que plus rien ne hante les hommes.

 

Page 3

 Jean Marie Bonneville.

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 O MON PEUPLE

PEUPLE DE COUVERCLES

PEUPLE DE VANNIERS

                                               ÉCOUTE:

 

Des pages en armure de clocher refoulèrent jadis sur nos côtes un jeune bateleur. Il se nourrissait de la mousse des miroirs et du jarret des souches;
l'outre qu'il portait aux chevilles contenait une présure d'ajoncs. Un cerceau de glands retenait sa chevelure; sur son œil gauche, un garrot de dentelle
blanche marquait ses épousailles avec les tulles de la Nuit. Dans chacune de ses chaussures, il dissimulait les entrailles d'un fusil. Sa langue fourchait
de mille baisers.

Cet homme planta les péninsules de roseaux cerc1ès comme des fûts, assainit les écluses, vida les sabliers, trancha l'anse qui retient le nid des oiseleurs,
forgea la rotule des flots, voulut un puisard dans chaque mémoire d'oiseau.

 Seuls, les ormes et les putois le haïssaient.

 On le découvrit un matin adossé à la foule adossé aux genêts - Mort - debout sur son sexe évidé.

 Page 4/5

 Christian Millot.

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 L'UN L'AUTRE

 Avec toi
les arbres sont laitances
comme des émaux dépossédés de preuves
caresses mutuelles des mains de mousse
à l'orangeade litigieuse
des alcôves tendres
des laves bleues qui viennent dans ta mémoire
qui bandent dans tes veines
qui
tournent dans tes draps
passent dans mon aiguille avec des langueurs
de
mort
Intelligence de ton herbier
Alors transfert
du temps
péage vertébral de la fureur
les pigeons voyageurs, jouissance flagellée de mon lit aboutissent aux mailles de la gorge

            Ta bouche vivace comme une estompe
                                            d'oasis rouge
            la douceur vient au monde comme
            tes yeux écarquillés dans
            la fleur lamée
            de mes premières pluies

Naissance de la naissance
            Ma langue retenue dans ta sève
            avec
            un lacet noir

            mal de rêver aux lutins de les lèvres

            Alors courbure de ma verge ...

 

COURTE ÉCHELLE

 

J'ai lissé les doigts érectiles, poussière rouge
des ongles faits
Sa fourrure sapée de faisans
coulait dans l'ascenseur

                                   Et ma main qui glissait .

 

Le Pil'honneur

 

PLEIN CHANT Edmond Thomas
SEIZE POÈMES Edmond Thomas
FRATERNITÉ DE LA PAROLE Andrée Chedid
ESPACE CHILI Andrée Appercelle
LE DÉ BLEU Louis Dubost
GRA VURES Dagadès
UN PRINTEMPS DIFFICILE Gérard Bayo

 

Rappel : les livres sont choisis parmi ceux REÇUS.

 

Page 6/7

 Lionel Bourg.

 

Défigurer les prêtres
nous alliions la bouche cousue de fil barbelé
sur les sentiers en croix dans les églises
nous mourions systématiquement en un point particulier du labyrinthe de la cathédrale de Chartres
vingt siècles de ce subterfuge n'en finissent pas de nous ronger les os
de nous détruire le sang
cette leucémie maquille encore ses vierges
ne plus s'offrir aux rites s'évader des vitraux où les corps figés ne changent pas la lumière.
qu'éclate
             ce silence
à ton ventre      (Larmes retenues, déhanchées
                        retenues, puis ouvertes, disséquées )
                                                         ou sur l'anus
là où tes paupières
                          se déchirent
                                            sur les chevaux de frise

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La véritable et sincère amitié verbale profondément superficielle est celle sur laquelle on peut absolument compter quand on n'a strictement besoin de rien.

 Pierre DAC (Les Pensées )

 

Page 8

 Hèlène Maline.

 Dans les couloirs du silence
administrativement clos pour repavage
 j'ai purgé
la peine du délire des goudrons.

 Dans les travées de la fabrique
j'ai appris
à compter les marteaux de traverse
sur d'interminables foreuses
couturées de mâchefer
              de plaques
           et d'ornières aux aguets.

 Toutes les polices de la civilisation
s'accrochèrent aux pans de ma pelisse
laissant toujours la marque
du coup de pied au cul
des INDÉLÉBILES
ou des marqués velus en instance de
présent.

J'ai payé mes quintaux de poèmes
- ceux que personne ne lira jamais
avec mon fric dérisoire
de la grande DÉRISION
aux mille sabords du silence.

 

 

 

Page 9

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 François de Cornière.

 

il a plu
les arbres fument
les bruits ne bougent pas
entre nos gestes mêmes l'existence
recule
sur la roule on entend une voiture
continuer
simplement

le soir a des couleurs
qui passent aux fenêtres
les portes chaudes encore
s’adossent à nos jours
et retiennent les mots
que nous ne pouvons
dire

en nous-mêmes
parfois
les choses
prennent conscience
hors des housses du temps
un peu

 

 

 

page 10

 Jimmy Gladiator  

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BLASPHÈME AUTOBIOGRAPHIQUE nos 4/13, 4/15 et 4/16

 

et quitté d'insomnies
j'espace à souhait
la randonnée des prévoyants

                *

exorcisme à l'aube de la main
renflement Hoggar pèse
la gaucherie de nuit et pluie
quotidien des fossettes
au guichet des îles  

               *

chasse l'autre
vaudoo
sursis timide
l'acide nocturne
qui s'empiffre de promesses

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Page 11

Alain Jean André.

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L'emporte le vent
qui strie la plaine

aiguise les arêtes
de mes yeux

partir de l'écho bleu
le ciel s'écaille

          noirs oiseaux
sur l'hyperbole du large

l'idée fixe plantée
par l'axe de             
          l'angoisse

dans la moelle
             épinière

 

page 12

 la légipilonite .

 •••••••••••••••••••••••••

 

ARTICLE 1.

Les poètes ont le droit d'ouvrir leur gueule, une fois par an, pour la fête des poètes et même: de se faire offrir un petit compliment ce jour-là.

 ARTICLE 2.

 Les poètes ont donc le droit de droit de fermer leur gueule 364 jours par an - ce qu'ils font bien - le cas des années bissextiles relevant de l'article 3.

 ARTICLE 3.

 Les années bissextiles et exceptionnellement ils auront droit d'entrouvrir un peu plus leur gueule, le 29 février de 18 à 19 heures seulement.

 ARTICLE 4.

 Modifiant de 30 secondes l'article précédent pour remettre les poètes à l'heure d'un temps universel en train d'apprendre les aiguilles électroniques.

 ARTICLE 5.

 Si les poètes ne veulent pas ouvrir leur gueule qu'ils la ferment car une gueule doit être ouverte ou fermée à cause des courants littéraires.

 ARTICLE 6.

 Seront exclus de la présente loi: les forts en gueule, les puent de la gueule, ceux qui en ont une sale, et L' ANSELME qui a écrit des poèmes à hurler sur les toits.

 

Page 13

 

Daniel SIMON

 

 (trompe l'œil)

aux tempes martelées du cuivre: un torse d'acajou

sur le marbre de la cheminée (on se souvient de la main sèche du vieux)

et sa main comme une phrase qui se ramasse

et tombe au point.

A chaque heure, un barillet de minutes. le chien de l'œil.

Et la dérive à découvert des dents rouillées

aux passes de minuit à midi

capitale et sournoise douze doigts te frappent

(est l'heure où le coton se froisse où les brandons rauques respirent. la porte craque dans ses chevilles)

L'ivoire des chiffres et sa mémoire polie à l'huile et au chiffon crosse et couperet.

L'éclisse et la limaille

(comme un leurre)

 Page 14

Paul THIERRIN

 L'ENDIVE

 La brume étend son linge. Les corbeaux s'étranglent de rage noire. Un chat espion au milieu du champ; dans les bords, un troupeau muet, bête.
Je marche le cœur humide. La forêt sent la mort proche.J' avive l'agonie des feuilles. Midi sonne. La bonne de Monsieur Lecomte met son tablier blanc.
Il y a du civet de taupe au menu.
               La brume n'en finit pas avec sa lessive.
               - Reprendrez - vous, Madame Pohète, de cette salade aux endives? Je les cultive moi - même, en petites serres, dans ma chambre à coucher.
Matin et soir, je les arrose de ma salive.
Des branches de pommiers broutent; un fil électrique bêle. Cinq moutons font vingt pattes. Un second troupeau sort, beuglant, de l'étable.
Si je me mettais aussi à table?

 Page 15

 Jean VODAINE 1956

 Silence pour réentendre le nom oublié
déchiqueté par les gueules de requin
demi - rire contracté de lèpre
silence chœur des plaintes
vêtu de scaphandre qui cherche
le diamant parmi les sanglots
silence cette larme qui perd la jambe
dans un rio par quatre mètres de fond
silence la petite fille éprouvée
comme l'espérance
la petite fille
fétiche
destin

 page 16

Jean-Claude LEGROS

 Vivre en aparté avec son propre poème,
sa vérité mûre et muette: restera la
sombre clarté du jour, l'os de l'horloge,
la misérable accoutumance au quotidien.

 

Châteaux de rires, de carpes
et de crapules: les manoirs
sont hantés de tristes habitudes,
de cartes anciennes, statues de
fer plus qu'oubliées.
Le contrefort du texte franchit
de tout petits fossés.

Page 17

 Jaroslaw Markiewicz.

 Poète polonais né en 1942 traduit par Hélène Schneider

 Je viens demander le nom du temps que j'apporte
Je viens prendre possession de la femme,
de l'arbre                                 au plus loin
Je viens regarder - ne cachez rien devant moi
                        même pas les morts.
Je viens compter les ossements
chanter des hymnes funèbres
des hymnes de gloire
crier : revenez !
ne pas croire que vous reviendrez
reculer mon propre lointain.
Je viens dire adieu
enfoncer ma tête dans l'air
connaître l'aveuglement,                       oublier que je suis
Je viens m'emplir
Je viens m'apprendre
Je peux m'en aller
Je viens,           maillon de la chaîne,
déjà refermé par hasard et tournant librement
lointain
plein d'un bruit incompréhensible
.

 Page 18/19

 Jacques Donguy

 LE REMONTE - MATIN
phantasme 1

 Effort pour ramener le réel - pour ramener les draps sur moi, Blancheur de l'oreiller. Le cadran dont j'essaie d'attraper les chiffres. Le visage se couvre de chiffres noirs. L'heure d'aller au bureau.
Le sang bat doucement sous ma peau. Le contact rugueux du drap. Pesanteur sur le matelas.
Blancheur sur mes paupières. Page blanche. Rideaux de tergal qui fluent. Ciel blanc. Blancheur du lait, blancheur du sperme. Robinet géant nickelé. Le sperme inonde les lèvres. Les souris blanches courent sur le plancher en tous sens. Une langue rouge géante lèche les ruisseaux de sperme.
Aller au bureau. Le pavé gras, beurre raclé au couteau sur le papier-argent.
Sortir des draps - sortir du linceul. Sortir de la poche chaude des eaux maternelles.
Nu - hors du lit. Femme nue à tête de poisson. Truites nageant dans l'air de la chambre. Fœtus dans le ventre de maman. Lémurs - la horde primitive. Le Père un phallus à la main. Visage de statue. Abraham Lincoln. Le Fondateur. Face géante sculptée dans la montagne. Contact doux et rugueux du plancher de châtaignier. La peau du sol. Les yeux fenêtres sur le ciel.
Le sexe dur. Couteau de sable qui plonge dans le ventre. Le ventre se fait nid, se liquéfie, s'humidifie.
Se laver. Tintement du verre à dent. La matière lisse et froide du verre, Objet rond. Le verre se tord comme une couleuvre.
Le fil du rasoir électrique. La prise mâle au double sexe. Le fil se déroule, ligne noire, ligne jaune - discontinue. Le fil s'enroule autour du poignet, avec sa bouche armée de dents.
L'écorché vif. Imbroglio de veines et de nerfs. Circulation - les voitures dans le tunnel autoroutier. Fils gainés de plastique. Centrale. Fils d'ordinateurs. Araignée géante. Goutte à goutte après l'accident dans la nuit du coma - le brouillard, les phares, la masse du camion. Les pieds pris dans un marais de fils électriques qui s'enroulent autour des chevilles. Dans une cage de verre, la vie maintenue au ralenti par des fils.. Pouls lent.. Réveil dans l'an 2020.. Explosion.. Implosion. Vitres qui s'effondrent. Collapsus.
Carrelage. Porcelaine blanche. Vasque. Miroir des eaux. Eclair blanc argenté de la glace. Tête guillotinée  sur fond de chambre parallèle. Les vis qui maintiennent le portrait. Mes yeux, les miens, ceux du Double, qui me vole mon moi. Les autres me volent mon image - fantôme vidé de sa substance - loque bonne à jeter sur un tas d'immondices. Glace, façade blanche qui donne le vertige. Le sol vertical. Son visage s'approche, m'inspecte.
Ma main saisit le robinet froid. Les doigts dans les doigts métalliques du robinet. L'eau, jet de miroir blanc, le sexe crache le sperme, choc au cœur.
Le dos tourné, les chaises de paille quittent la Une plage déserte jusqu'à l'horizon, où se dresse chafaud.
L'heure! Pourrais-je passer le seuil de la porte de ma chambre? Va-t-elle me cracher sur le palier? Je n'ose plus bouger.
Je m'assois au milieu du plancher vide. Le lit s'enfonce dans le mur après s'être couvert de petites vagues. La mère. Les fenêtres clignent des paupières et me regardent avec des yeux de chauffage central.
Ne plus bouger. Flotter au milieu de la pièce en position fœtale. Remonter le boyau maternel. Dilater le vagin et refaire la poche. Arracher des veines et se les enfoncer dans le ventre. Cri. Long hurlement. Sirènes d'usines, de police-secours, d'ambulances.

                                                           Le silence lézardé.

 Page 20/21

 Claire Florentin.

 ÉTUDE
Aux professeurs

 C'était un beau matin d'été. Je ne sais pas ce que je vais écrire et c'est pourquoi j'écris : c'était un beau matin d'été. Voici la suite, que je ne connais pas plus que vous en ce moment. Donc, c'était un beau matin d'été et le soleil brillait. Avant de l'écrire, notez bien que j'ignorais qu'il y eût un soleil, ni qu'il brillât si bien. C'était un beau matin d'été et le soleil brillait; pourtant je me sentais à l'âme quelque chose de vague. Vague, vraiment? A l'âme, est-ce certain? N'y aurait-il pas là matière à réflexion sur ce vague ou cette vague et la pensée sous-jacente de la mer (mère) non accordée à l'âme pour l'instant?

Mais laissons cela, je veux raconter mon histoire à mesure que je l'invente. C'était un beau matin d'été et le soleil brillait; pourtant je me sentais à l'âme quelque chose de vague : un hameçon passait par là sans doute. Que vient faire ici ce hameçon qui peut-être y était (et où ), peut-être pas; qu'à donc voulu dire l'auteur? Qu’il a peur du hameçon, que ce hameçon lui donne du vague à l'âme? Voyez comme l'idée de l’eau (vague; hameçon) reparait d'une manière suivie dans le manuscrit. Reprenons. Un hameçon passait par là, sans doute attiré par mon odeur particulière de pourriture, C'est ici qu'il conviendrait d'une part de se souvenir de Baudelaire et de ses goûts, n'est-ce pas si douteux hélas, et d'autre part expliquer comment un hameçon pourrait avoir, autrement que de façon imaginaire, le sens olfactif? Le hameçon serait-il le véritable poète au lieu de celui ou celle qui écrit ou alors quoi? Le poète pense-t-il personnifier le hameçon ou - pourquoi pas - ÊTRE ce hameçon?

 Vous êtes pris. A vous de continuer l'histoire que, réflexion faite, j'intitulerai ÉTUDE.

 Novembre 1975

 Page 22

Dictionnaire Pilonesque.

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Pilonule.

Aide à digérer un PILON. Remplace les contrats S(C)EPTIQUES. Calme les effets de la PILONITE.

                                                                                                          Jean DERRAY

 Petite boule amère que doivent préalablement incurgi~ ter les poètes dont les femmes refusent de coucher avec l'ÉDITEUR.

 Pilonphage

Adepte de la pilonphagie.

 Pilonphagie

Pratique qui consiste à se dévorer soi-même en commençant par la main droite, si on est droitier et par la gauche si on est gaucher. Lorsqu'il arrive à la bouche le PILONPHAGE - dont il ne reste que cet organe -  ne pouvant dévorer plus loin, s'arrête de manger et dit des poèmes.

                                                                                                          ALBARÈDE

Je remercie les poètes ayant contribué à faire avancer  le dictionnaire, et invite ceux que notre tentative de mutation et de ravalement «impressionne» à se manifester, on peut faire feu sur tous les mots.

 Page 23

Piloffusion .

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C'est vrai que râler contre le compte d'auteur et les éditeurs qui le pratiquent, les diffuseurs, n'est pas très positif. Le PILON, tout en s'associant à ces dénonciations utiles, veut aussi tenter d'aider les poètes s'autoéditant en signalant où on peut se procurer leurs œuvres.

Si vous achetez de la poésie, commandez de préférence aux poètes qui font tout par eux-mêmes, c'est le moyen de « libérer » la création poétique, qui demeure la préoccupation essentielle des poètes.

François DE CORNIÈRE, Michel CAHOUR , Patrick THOMÉ offrent gratis, dans la limite du stock, un recueil et un catalogue réalisés lors d'une expo à la M.J C de VIRE. F. De Cornière 10 rue Essalam Oujda Maroc;

Après 4 ans d'attente chez Oswald, Laurent RABEZ a repris son fric, il dit comment dans la préface, et a ronéoté lui-même son recueil : ESPAGNE MA FLAMME, pour 8 F, 14 rue des jacobins 14000 Caen.

Le poème de Jean Marie BONNEVILLE, est extrait .d'une plaquette POELIE, qu'on peut se procurer chez l'auteur qui l'a très joliment tirée sur une offset de bureau. 3 rue Félix Faure 76290 MONTIVILLIERS.

Est-ce que Monsieur CHAMBELLAND, éditeur en son mas de La Bastide, veut bien me signifier combien il a vendu de MANUEL DE SURVIE, n'ayant PAS de nouvelles depuis parution, mes lettres restant sans réponse ?

 Page 24

La Purée des Revues

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 J'avais envie de mettre des noms de revues comme dans le numéro 1, orgasme bavard, puis j'ai voulu dire autre, dire que si je fais ce boulot dingue : Directeur, maquettiste, imprimeur, secrétaire, ce n'est pas par égocentrisme, ni parce que j'aime particulièrement ça, ni afin de publier mes écrits, mais dans le but de mener un combat POLITIQUE contre :

 - Les imprimeurs qui pratiquent des prix inabordables et parfaitement fantaisistes.
- Les libraires qui ne diffusent pas la poésie. - La dictature du fric.

 DANS CE PAYS, IL N'Y AURA JAMAIS DE DIGNITÉ  POUR LES REVUES DE POÉSIE TANT QU'ELLES SERONT TRIBUTAIRES D'UNE ÉCONOMIE DE MARCHÉ.

 Ma solution

Rendre le poète artisan de sa revue, depuis l'écriture jusqu'aux lecteurs. Ce qui suppose détenir deux leviers essentiels: les appareils pour reproduire, la diffusion.
Résultat: le PILON.
Cette solution individuelle peut trouver des antennes collectives, mais pas collectivistes. ( Me contacter)
                                           * * * Quelle est la-vôtre? * * *

 Une idée

 Dresser l'inventaire à jour des moyens techniques détenus par les revues de poésie: duplicateur, offset, photocopieur, etc ... afin de coopérer pratiquement.

 Page 25

 Important,

 POÈTES une nouvelle association est née:

 L'A. PO. CO. CA  (Association des poètes contre le compte d'auteur.)

 Cette association n'a pas de président, ni de secrétaire général, ni de trésorier. Elle n'a pas de bulletin d'abonnement ni de liaison. Elle n'a pas de cotisation. Elle n'a que des MEMBRES.
Elle suppose qu'ils sont actifs.

 CONDITIONS essentielles et obligatoires pour être membre de L'A. PO. CO. CA

 1 - refuser (lettre à l'appui) de payer pour l'édition de ses œuvres,

 2 - Se torcher le cul avec prospectus et bulletins type :

 Vous avez été choisi après une sélection rigoureuse pour être parmi les dix lauréats ••••
Nous avons le plaisir de vous informer de votre pro chaine édition dans notre collection ....
Cette édition est toutefois subordonnée au paiement d'une somme forfaitaire de… 
qui vous donnera droit à un envoi préférentiel de 30 ex. de votre œuvre.

 3 - Faire état de vos références ( ci-dessus) à: ALBARÉDE 88, rue de bellevue 91 330 YERRES ou au PILON qui vérifieront.

 Page 26

 Conseils de la mère Pilon

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 Le pantoum à la tartare.

 Prenez 3 kg de pantoum, retirez lui sa forme fixe. Lardez en ficelant fort. Préparez dans un autre plat une salade d'adjectifs à la mode, que vous verserez ensuite dans un moule glacé à la réfrigération du musée de l'homme. Pilez les arêtes qui risquent de vous blesser gravement et faites les reconstituer par votre fille qui démarre bien sa crise d'adolescence - ça l'occupera - et c'est d'un effet très décoratif. Mettez le thermostat sur 6. Attendez 10 minutes. Enfournez. Appelez S.O.S incendie. S'ils n’arrivent pas dans les 5 minutes suivantes ... POIVREZ.

 Le pantoum à l'occitane.

 Achetez une grammaire dans le sud. Montez à la ville comme postier ou facteur ou préposé, (ingénieur c'est bien plus lucratif,) faites une malaxation intellectuelle de l'ouvrage de manière à être le seul à comprendre les mots. Abandonnez le français pour écrire vos poèmes, ce qui vous permettra de les traduire pour vos amis (es) et devenir à leurs yeux le grand poète OCCITAN de la banlieue nord (de PARIS).

 

Page 27

 Les Pilonasques.

 Vous n'avez pas besoin de poésie pour vivre, vrai, mais ça doit manquer de poils vibratiles.

 Si un représentant de la marque LESIEUR lit le PILON, il faut qu'il dise à son P.D.G que je descends sûrement de la même souche et qu'un mécénat familial en faveur de la revue (déductible d'impôts, je crois) doit aller dans le sens de la solidarité du CLAN.

 Les rubriques du n° 1 absentes de celui-ci, ne sont pas pour autant abandonnées. J'attends seulement les BONS textes pour les dépilonner.

Jusqu'au n° 4 l'abonnement part du 1 (il en reste)

 Je remercie les revues ayant parlé du PILON.