LE PILON 23

Jean Pierre Lesieur / pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28

revue trimestrielle de poésie


 

n°1

n°2

n°3

n°4

n°5

n°6

n°7

n°8

n°9

n°10

n°11

n°12

n°13

n°14

n°15

n°16

n°17

n°18

n°19

n°20

n°21

n°22

n°23

n°24

n°25

n°26

n°27

n°28

 

page 1

  MODE DE PISTE

[]

La première page, je. la réserve traditionnellement (bou le vilain mot ) à la présentation du numéro.

Innovation, voici un mode d'emploi.

Le facétieux ira directement au dictionnaire de ZIEGELMEYER, puis aux greguerias et ensuite musardera dans les poèmes ..

Le nonchalant musardera, greguerisera et ditionnarisera, Le pressé, pressera et n'ira qu'à AUTIN GRENIER à cause de la Saône.

L'amoureux, démarrera par dressé à aimer puis continuera par Michel CHABERT et Nadia MANGIN.

Le politique, compulsera les lettres d'AMOOR puis ALBARÈDE pour les congés payés.

Le résistant s'offrira d'abord les messages personnels puis la fiche technique.

L'inadapté, attaquera par les souvenirs d'enfant de  SUEL, le soupir à la découverte de Martine, la Saône, pour finir par le dressé à aimer.

L'intellectuel, dissèquera le coup de pouce à HOUCHARD puis le 6 mai 81 de BOZIER.

Enfin le vrai lecteur du PILON le lira de fond en comble

( suite en dernière page )

page 2

 

Raymond BOZIER

6 mal 1981

Terre et houle
Les mains caressent
le sexe                    DU SABLE
l'herbe
les algues vertes

les oiseaux
les tortues

J'usure menace

à chaque instant
l'encre des mots
et les ongles
et les os
et les dents
et leurs traces

 

Page 3

Martine DOCO

SOUPIR A LA DÉCOUVERTE

         A l'école buissonnière
Les chemins détournés qui mènent ailleurs
         L'histoire mystérieuse
De celui qui est en face
                             Et qui se refuse

Les hirondelles ne disent rien
Elles s'en vont
                             Et voilà tout.

page 4/5

Lucien SUEL

DERNIÈRE CHARRETTE AVANT L'ÉCHAFAUD (Souvenirs d'enfant)

&: puis une autre mort, accidentelle!
Extrême-onction Volati1e après des semaines de privation ...
&: puis la participation aux funérailles
& puis l'unique inhumation dans le cerveau de famille
Réunion à la mission mortuaire ...
CLASH

Ce grand envol de jupes des années de cela
Une main toute en plis
Mère ... se pose sur mes boucles
Laisse tes mains au-dessus des draps !
Je vais te raconter c'est gentil
l'était un marchand de pastilles
pour ou contre la soif .
Docteur Omnes pour vous servir ...
un médecin marchand marron marrant
errant dans une maison envahie de plantes
vertes
une odeur de parquet ciré
jour de repos allongé dans la véranda ... pluie d'orage
une grosse chatte  qui· ronfle
Mère ... où?
Un pot de crème pour astiquer les aiguilles de l'horloge dans la salle d'attente
Omnes sans ciller sans souffler
sang sous ses paupières
il n'est pas utile de nettoyer les aiguilles
l'horloge s'est arrêtée à bien des kilomètres d'ici
à l'orée du sommeil
CLASH

Mére ... accrochée au téléphone de l'angoisse dans la parole
une course à travers les champs &:
le poste téléphonique qui sursaute à chaque sillon
dans la salle d'attente le serpent me glisse des mains
&: plante ses crochets dans ma chair
à travers l'étoffe bleue
les aiguilles la crème ...
à reculons vers la gare turque
CLASH

Page 6/7

Claude ALBARÈDE


JOURS OUVRABLES ( extraits )



Voici le Jour ouvrable
à la fleur de l'épine
l'exigence l'accuse
le voici sur un mur
et grattant de ses clés
l'eczéma des bureaux

Voici son cuir osseux
et sa démarche aveugle
de succès en succès
créant des sous-emplois
pour le chercheur d'abîme
et le bêcheur de rêve.

II
Rassemblement d'odeurs
en souvenir des feux
qu'on n'a pu caresser
sur tous les lieux mordus
par nos indifférences

Ils se jettent dans les arbres
aux saisons sèches
Que leur joie soit levée
qu'elle plante un jardin
dans les profits et pertes

- Ailleurs les sourds-muets
décorent les scories
sacrent les bars-tabac -
Que leurs mots soient torrides
pour que la poésie
pétrisse la pierre
comme le pain!

.Page 8/9

Didier COFFY

I

LET1'RES D'A. MOOR

Ce soir leurs mains prennent le frais
Dans la chevelure
En remue-ménage
Au pli de la journée
Dans les ficelles de la terre ouverte
 

La chair remue

A enfoncer des poignards sur les yeux
Et entendre crier les éclairs
La terre saigne
J'ai vu les tenailles des sillons
Sur leurs visages
Au fer pressé
On cultive le four de la sphère
Le temps cuit

.II

A passer ses journées sur les bords de la paume
Dans le corps
Vides
Le flottement de la .paroi rassure
Les limites
Il faut creuser
Pour expulser la chenille crapuleuse
Et reposer ses vieilles pattes sur le dos
De la marmite

III

Se retrouver cote à côte
Dans le glacial encrassement du rire
La noctuelle s'attife et prospère
A l'anneau de la boîte
Aller nu-tête dans le colimaçon
Avec la cachette sous les genoux
Sans se satisfaire
De l'extraction du silence

IV

Demain
Demain
L'aurore mouillera son œuf
Dans la vision
                Nocturnc
De la torture

Didier

SANTIAGO I9..

Page 10/11

Michel CHABERT

et caeterat

La lampe a chaviré
et
du dessus de la table
roule une courbe·
Qui ressemble
à la forme d'un sein

Aussi exprimé que vous l'êtes
vous
vous ressemblez à
à un citron

Mon pieux s'enfila dans la charnière
et
par derrière
une dinde siffla
la montée des anges au paradis
Dieu ouvrit
et l'on vit
le trou que l'on dit.

L'ombre monte l'ascenseur
descend
( j'entends )
c'est un enfant

entre 11 et 12 viens t'allonger,
près de moi
le sommeil
(dis ): tu es minuit moins le quart
étends toi sur l'heure
et regarde passer le temps

rapide liquide
s'entrechoquent
et se vautrent
l'un dans l'autre

                        et caeterat


Page 12

COUP DE POUCE A

 

issue de la yourte en subespace .
ma solitude dévalée épuisait ses tentacules d'angoisse
le pont de pierrailles bascule la traction de ses arches tantôt
son insolite et presque grotesque assise
en ces lieux de bourrasque épineuse
éventrant l'onde j'appréhende tes vêtements
sur le lit caillouteux
terriblement différés par disruptive coloration
gravir l'aurore chuintante piquetée de sables verbigératoires  et te découvrir au fond d'un luxuriant cratère
gavée d'eucalyptus
tressant ta toison pubienne

Jean Louis HOUCHARD


Page 13

Nadia MONGIN



Il faisait la raison buissonnière
Entre les pages bleues du désir.
Paroi des corps
Sur le blanc chaud du sud
A l'heure Où le rosé
Provoque des cliquetis d'ambre
Au fond des rires ..

Ce soir encore les arbres
Lui dédicaçaient le ciel.

La nuit recèle les mythes
Des voyages pourpres
Qu'on ne fera sans doute pas.
 

Il faudrait se rompre le cou
Pour faire fleurir
Les mots
Aux ventres des murailles trop encrées.

J'écris sur le parapet d'une vie.


Page 14/18

Ramon Gomez DE LA SERNA,

GREGUERIAS


Ramon Gomez DE LA SERNA, poète, essayiste; dramaturge, conférencier, né à Madrid peu avant la fin du siècle dernier, mort à Buenos Aires, a traversé, avec sa verve fantaisiste et son humour légèrement moqueur, en la marquant, la littérature de langue espagnole de la première moitié du XX ème siècle.

la "gregueria" mélange d'aphorisme, d'humour et de métaphore est un genre à part entière, suivant la revendi.cation de son auteur. DE LA SERNA en a écrit et publié tout au long de sa vie. Il a donné des cycles de conférences uniquement consacrés à la «gregueria » dans tous les pays hispano-parlants. C'est ce genre que l'on pourrait considérer comme mineur qui a fait la fortune de son auteur.

Le choix présenté ici est extrait de la sixième "SELECCION"  (1910, 1960 ) éditée par Espasa.Calpe S. A. ( Collection Austral) en 1962, avec une préface inédite de l' auteur, c'est à dire, peu de mois avant sa mort. Cette « SELECCION » comporte un choix de quelque 4 500 à 5 000 greguerias.

Valéry Larbaud avait traduit en français quelques greguerias aux alentours de la guerre 1914. J. Stenberg en avait pris quelques unes pour son ANTHOLOGIE. DE L:HUMOUR NOIR ( Planète), mais, à ma connaissance il n'existe aujourd'hui  aucune traduction d'ensemble en français de ces courtes piécettes qui traitent tous les sujets de la vie.


                                                                                          Choix, traduction et notes M.A.F. BRAVO

Les violettes sont les oreilles du jardin.

Chaque tombe a un réveil-matin mis à l'heure du jugement dernier.

La brosse à dents a ceci de particulier : après l'avoir usée elle nous fait nous regarder les dents avec un geste de fauve en cage.

S'ennuyer c'est embrasser la mort.

Les orgueilleux disent : « colonne vertébrale )}; Les modestes parlent « d'épine dorsale ».

La fourmilière est la crampe de la terre.

Si, en donnant du feu à une dame, votre main tremble, c' est que votre cœur s'enflamme.

Celui qui porte souvent sa montre-bracelet à l'oreille c'est qu'il a la vue courte sur le calcul du temps.

Dans le vinaigre on retrouve toute la mauvaise humeur du vin ..

Le jardin fume la pipe des feuilles mortes.

Nous ne possédons aucun jus plus hellénique que le jus du pancréas.

Dans la clinique de l'aube on opère le jour : ils relient au moyen d'aujourd'hui les artères de la veille à celles de demain ...

Dans la déception même la lumière des étoiles est sombre.

Tous les miroirs du passé coulent au fond de la rivière.

L'animal le plus sourcilleux est, sans aucun doute, le hibou.

La lune allume les lumières de cabaret des clairières.

Le jardin fume la pipe des feuilles mortes.

Parfois un papillon nous fait penser que la fleur a mis ses lunettes de soleil. "

Le réveille-matin est le cordonnier des rêves.

Le ressac veut voler toutes les montres de la plage.

Il y a un moment de la nuit où nous avons devant nous un ciel encore tout noir, mais où l'on sent que l'aube déjà commence à regarder la salle par le trou du rideau, comme pour attendre qu'elle soit pleine pour entrer en scène.

La tête est l'aquarium des idées.

C'est quand on lui demande ce qu'est un potage scandinave et qu'il nous répond si savamment que nous nous rendons compte de la culture du Maître d'hôtel et de tous les voyages qu'il a été obligé de faire.

L'idéal de l'amateur de photographie c'est d'avoir le meilleur appareil pour faire les meilleures photos des gens les plus pauvres.

L'image de notre enfance s'est noyée dans l'étang du jardin où, enfants, nous jouions.

Pourquoi au lieu de pédicure ne dit-on pas «cure-pieds»?

Le baiser est la faim de l'immortalité.

L'orchidée a une bouche de serpent.

Cette journée-là il faisait tellement beau que toutes les clefs étaient parties en promenade.

Certains gâteaux ne peuvent être servis que munis de leurs parechutes en papier.

Celui qui jette une bouteille par la fenêtre est un naufragé du voyage en train.

Il y a des conifères qui ressemblent à des parapluies qu'on ne peut ouvrir qu'à moitié.

Album : cimetière de pensées perdues.

Le chameau a une tête de mouton bossu.

Page 19

Jean-Luc COUDRAY

DRESSÉ A AIMER

On m'a dressé à" aimer.
Au début je n'aimais rien. Les chaises, la mer, les nuages, les clous m'embêtaient. les tapis, les cordes, les gens ne m' amusaient pas. L'air frais, les voiles chaudes, la pluie ne m'intéressaient pas.
Je détestais tout.
Alors on a commencé à me donner des ordres. Puis on m'a tapé dessus de plus en plus fort. J'ai d'abord commencé à crier puis j'ai subitement aimé un tabouret.
On m'a laissé un moment de répit ( un ou deux mois ), et puis, grâce au bâton, on a cultivé ce premier amour.
Je me suis défendu, avec mon tabouret, mais j'ai finalement aimé aussi un coin de moquette. Puis tout est allé très vite. J'ai commencé à aimer un rideau, un chien, deux moineaux, le ciel bleu, mon bol orange, la crème au chocolat, l'écume sur la plage.
Puis, j'ai aimé un fusil, la montagne, le froid de la neige, les insectes, mes traces de pas, la voix de la radio, la silhouette des arbres.
Mais je ne suis pas allé plus loin. Alors, on m'a relancé à coups de gifles. Et j'ai aimé, d'un coup, tout le monde et le monde entier.
Mais je le cachais, je ne voulais pas le dire. Alors, on m'a écrasé les doigts. Et j ai crié sur les toits tout mon amour et mon bonheur.
Alors les gens m'ont admis comme l'un des, leurs, ET J'AI PU VIVRE.

Page 20/21

Pierre AUTIN-GRENIER

REVOIR LA SAONE
                                 A Julien De Cornière
 
Lentement le bateau-mouche sur la Saône emmène en ses cales les choses perdues de notre enfance. Sur le pont danse un ivrogne, les mains gantées de blanc. Mais on ne le voit pas,  on ne se doute de rien...
J'entends crier marraine: « Attention, tu vas tomber à l'eau, petit! »; un pêcheur surpris en perd son canotier! Une gamine rigole. Sur la photographie moi j'ai huit ans, ce n'est même pas jeudi et pourtant tout est simple. Des histoires de vent plein la tête, trois carrés de sucre en poche, mon béret de velours! Tous les jours comme ça, je faisais le tour du monde les doigts dans le nez. Facile! Bien sûr, traîné par un chaland passait parfois un chagrin terrible, ô les jolies larmes qu'on versait alors! Mais chocolats Pupier, pochette surprise et baisers câlins, tout redevenait bien vite bleu comme ciel de banlieue! Pour seule frayeur nous n'avions que le vertige des balançoires poussées si fort' à effleurer du bout de la sandale des morceaux de nuages! Pour unique inquiétude, la curiosité de savoir où s'en allaient, entre les pavés disjoints du quai, tous ces rails de tramways ?
Vers la mer sans doute; ses marins tristes et ses mouettes mortes. Loin. Là où finit la belle saison de l'insouciance, on annonce déjà des passages de pluies, des tourbillons d'épouvante. Diverses traversées difficiles et de nombreux naufrages. Allez, salut! chevaux de bois, manèges et musiques; je ne supporterai jamais l'idée du temps qui passe...
Et quand un certain soir, un instant, l'âme est au souvenir, alors toujours on veut revoir la Saône! Ainsi tournez, enfants, une dernière fois la tête et voyez: un ivrogne en gants blancs, dans le fleuve s'est noyé.

Page 22/25

Pierre ZIEGELMEYER

PETlT DICTIONNAIRE POÉTIQUE PORTATIF

AJUSTAGE: Dans un poème, un mot serré trop fort et qui le fait tourner à vide autour de lui, comme un écrou qui fait foirer le pas de vis.

ALTITUDES: Le poème est une toupie de feu creusant le cœur d 'un glacier au-dessus de la montagne qui gît, grand corps de langage momifié.

CŒUR : Qui se frappe le cœur n'a pas peur du génie.

CRITIQUE : Le fonctionnement d'une mouche est bien plus passionnant que celui d'un poème.

DISCUSSION : Ils s'arrachent les mots de la bouche avec des fureurs de tortionnaires.

DRAPEAUX : Le poète mage en tête du peuple portait le drapeau du progrès. Aujourd'hui, il agite la lanterne rouge.

ÉCOLES POÉTIQUES : Où s'époumonent des bambins joufflus de mots.

ENGAGEMENT : On devrait essayer d'écrire pour les gens du passé .

FANTOMES : Hantant le langage, il rôdait dans ses couloirs en criant des mots incompréhensibles pour se faire peur.

LIMITES: On crée toujoUrs en deçà.

FORMEFOND : C'est la forme qui est importante non le fond n'est rien se passe de la forme au fond ce qui est essentiel c'est la forme n'est rien ce qui prime soit un fond creux une forme pleine fond sonore double fond forme fixe à fond de train en pleine forme ... ( Extrait d'un article de fond en forme de cercle dont la fondforme est partout et le formefond nulle part ).

FOSSOYEUR : Le mot vient souvent se fixer sur l'image comme un vautour sur un cadavre.

GACHIS : Pourquoi des gens si intelligents se donnent-ils tant de peine pour être inintelligibles?

GÉNIE: Frappe-toi l'apophyse zygomatique. c'est là qu' est le génie.

GRANDS MOTS: Aux grands mots tes grandes merdes ..

HUMILITÉ: Se mettre à écrire juste pour une nuit.

HUMOUR: Il n'y a pas d'humour heureux.

1MAGE : Quand l'explorateur éprouve le besoin d'emprunter des raccourcis.

IMITATION : Limitation.

IMPERFECTIONS: Il faut toujours qu'une œuvre laisse « à désirer ».

INSPIRATION: Il avait l'inspiration si forte qu'il donnait toujours l'impression d'être en train de s'asphyxier.

MAL DU SIÈCLE : Littérature suralimentée. D'où les maladies de cœur, les palpitations, les angoisses. les suées. Manque de nerf. Besoin de maigrir un peu, de faire de la gymnastique naturelle et de la marche à pieds.

MANIFESTE: Proposer un programme pour libérer l'homme qui se trouve dans chaque poète.

MAUDIT : Poètes maudits oui. oui.

MENU: A choisir entre l'état d'âme garni sauce divine. et la tripe de pitre sauce barbare.

MORT: A société mourante. littérature obsédée par la mort .

MYSTIQUE : Des mots comme des mouches tournoyant dans le silence lumineux. Quelque chose se dit sans doute là, mais on ne comprend pas.

OBSTINATION : Si tu cherches tes mots, ils finiront par te trouver.

PERFECTION: Désir, en face d'une phrase bien coulée en voie de refroidissement, d'y glisser une paille.

POÈME : Légende énigmatique d'une image absente.

POÉTIQUE : La poésie est partout. Notre époque est la plus poétique des époques. Comme toutes les époques.

POINTS DE VUE : Écrire en regardant la terre depuis le troisième satellite de Jupiter; et en regardant l'homme depuis le fond de son estomac.

page 26/27

Jean-Pierre LESIEUR

MESSAGES PERSONNELS

Christiane, tu te goures.

Si vous voulez inviter le père Pilon à dîner, ne vous privez pas.

J'aime pas les poètes qui puent des pieds.

LANG, que peux-tu ne pas faire pour le pilon.

Martine, qu'est ce que tu es belle.

J'ai vu un oiseau bleu qui était vert. C'est pas trop grave· docteur?

J'en ai pris plein ma gueule, merci pour tout.

Composés directement à la casse et selon le trip du temps.

MESSAGES PERSONNELS (suite )

Le luxe, te prendre dans la soie
Ces matins où les vers tissent cocon
aux mille recoins des méninges.

Le luxe, dépenailler les draperies
tendre des haillons de fureur
pour sentir crisser le premier rut

Le luxe, inventer Byzance jeune
bissser les flots d'inondation
ces matins de mûriers charnus.

Le luxe, te prendre dans la soie
en renardant la luxuriance

Page 28

et de comble eu fond les mains dans la menthe poivrée et les pieds sur une bouillotte de camomille, comme toujours pour lire de la poésie.

C'était notre jeu test: par où êtes-vous entré dans votre PILON favori.

Que les amoureuses m'écrivent elles gagneront un amoureux au choix.



La SEULE diffusion du PILON c'est vous. Abonnez-vous. Abonnez l'autre.






 














 








 

nir&