LE PILON 25

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revue trimestrielle de poésie


 

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page 1

 

 

COUSU D'OR

 

 

 

Il y a trop de revues de poésie. Beaucoup trop.

Et chaque fois, ou presque, qu'un abonné m'écrit

il me signale qu'il en aide déjà beaucoup d'autres.

C'est vrai, il n'y a pas assez de lecteurs de poésie.

The quadrature of cercle. Cercle exit of revues.

POÈTE prend ton luth et fait la manche.

Il faudra dire que la poésie ça s'écrit aussi avec

du fric. Un stylo fric. Une machine fric. Une revue fric.

Aux générations futures faudra leur dire.
Je pleure pas, non, je pleure pas, ça me parait un peu con,

sans plus.
Ceux d'aujourd'hui la poésie ils s'en tamponnent le coquillard.

DONT ACTE            

page 2



Marie-Odile GAIN d'ENQUIN

 

CHANT numéro 69 (extraits)

                          I'

Le jour du tigre

aux châles chiffrés de dédain;
remontrances grammaticales,
refrains de procédure,

spectacle de coïncidence.
Brassée d'ambivalence
où s'étirent les mots;
Querelle où les chevaux
cherchent des paumes sans dentelle.

 

Il

Puis les lèvres d'horloge,
la boxe d'anarchie.
les hautbois se dérobent
dans l'allée d'un baiser.
Hommage de distance,
le roman bien-portant :
liesse au pentacle du poème;
Étourdissement,
propriété des cicatrices graves.

 Page 3/4/5

 

Jean-Pierre LESIEUR


Je ne suis pas poète bon d'accord
depuis longtemps je sais Petit mec
pas génial, pas reconnu par les autres,
les pairs, impairs       et tutti quanti
cénacles individuels d'un seul censeur
qui juge souverainement de
plume
primesautière : PAS POÈTE
ce con, là
Bon, et maintenant mes mots d'homme
mon langage clair comme des dents
que je burine à l'embellie de mes doigts
lui brasant un cœur au milieu du cri
là où les poètes ne voient pas poésie.
Je ne suis pas poète... bon d'accord
ENSUITE .   A quoi on meurt?

 

Tant qu'ils ont eu des arbres
pour cacher la gourme de leur nudité
et des oiseaux
au veuvage insolite des nids.
pour éveiller de chant la liberté des arbres
debout et démentiellement   invérifiable
Tant qu'ils ont eu des forêts    
où les futs s'étouffaient d'étreintes
par amour dérangé des sèves
à chaque lunaison de mars.
       
et seulement.
Tant qu'ils ont eu des branches
mille fois enchevêtrées

comme des rideau
x grivois
invitant les
nuages à la multiplication des racines
Tant qu'ils ont eu des feuilles ,
à faire sauter sur les genoux de
leur avenir
généreux pères sans punitions
qu'auraient-ils fait des portes?


 

 

JE SUIS PLUS SEUL QUE LA SOLITUDE


 
 

 

Zone de Texte: ET JE M'EMMERDE...
(Jean Pierre LESIEUR

 

page 6/7/8

Jimmy GLADIATOR

GORSAGE MESSAGE

A Milans et Èva


 
 

 

Zone de Texte: Zone de Texte: Tiens voilà que je n'attends pas deux ans pour proposer cal au PILON, &bises. Jimmy GLAD/ATOR

Tiens voilà que je n'attends pas deux ans pour proposer ceci au PILON. Bises. Jimmy GLADIATOR.

 

Est-ce rivage le, le berceau?

Et puis d'abord,
pour faire décalcomanies
de mes paupières couchées
(multiplier les anecdotes
et gratter les souvenirs)
et puis d'abord

je te dirai tu.

nous aurons des vins sados
et des viandes masos
des courants d'air
pour nous guérir polyglottes.

 

n

Viens me faire moi
me scander des oiseaux dans l'azur
m'échapper les roues de l'âme
viens m'articuler les lucioles
me harceler les méduses
viens me faire recours

et printemps gominé
me bouleverser la boisson
me bégayer les bévues

Et puis d'abord,
je te dirai vous           MADAME

Assommé de pierreries,
emmitouflé de vos yeux sur moi,
je piétine mes masques
écroulés
au pied du zinc et du
fou-rire

Il y avait des radiateurs dans le jardin

Je serai sables mouvants
pour piéger nos étreintes

 

Oui je vous cacherai dans ma poche
celle où je glisse la main,
catiminie prairie.

 

Les mêmes mots pour l'instant où
hésite à chuter le plissement crétacé
et les autels aux Salies foudroyés

 

Oui je vous dresserai des basiliques
sans murs ni colonnes,
mais des comptoirs kir et sourire.

Et puis d'abord,
il y avait des fantômes sous vos mains
et vos trois ans sous 1es-miennes

page 9

Christine Delcourt

 

 

PENSÉES CITADINES

 

L'échine de la rue frissonne sous mes pas qui fondent l'asphalte au creuset de mon cœur. Les petits matins d'automne sont propices à la contemplation des femmes, J'imagine les parfums d'ambre de leurs chairs, et Je passe leurs aisselles au fil coupant de ma langue. Mes regards se font rasoirs Inquisiteurs. Je pressens l' entre Jupe, et des lambeaux de dentelles se déposent en charpies aux pieux grillagés de mes doigts écartés. Les oiseaux jouent aux barres parallèles sur les poteaux électriques, et une odeur de roussi m'attaque à la gorge, Je rêve de ces flamboiements intimes d'herbes séchées, de foin coupé, et je me lance en moissons d'aubépines. Les moires et les soles sont des tissus de confessionnaux à violer par la couture des lèvres gercées, et j'enfourche les croix des bras à ouvrir dressées sur mon passage. Leur expliquer le pourquoi du péché, c'est déjà tendre un peu mes viscères éclatés aux quatre coins des horizons retenus sur le bout de la langue d'hostie.    


                

page 10/11

Alain JÉGOU

                     .

Il PASSE POUR NE RIEN DIRE
non plus que vous ne dites rien
lui frôle du rêve
palpe l'esprit des frêles torpeurs .
les chaumes vivants épanouis dans l'espace
d'une folle quiétude envers eux-mêmes
non plus que vous ne savez rien
sinon de l'inquiétude
et du désir de paître        de paraître
avec vos dents de loups
éventrés sous l'étrave et jusqu'à votre poupe
sourire d'écume endeuillé d'algues mortes
plus qu'au rictus
le poids de la survie
calquée humide à l'effroi des barreaux
IL. PASSE POUR NE RIEN DIRE
comme vous ne dites rien
lorsque
le froid s incruste

Zone de Texte: Il. PASSE POUR NE RIEN.DIRE non plus que vous ne dites rien lui frôle du rêve
palpe l'esprit des frêles torpeurs .
les chaumes vivants épanouis dans l'espace d'une folle quiétude envers eux-mêmes non plus que vous ne savez rien sinon de l'inquiétude
et du désir de paître        de paraître avec vos dents de loups
éventrés sous l'étrave et jusqu'à votre poupe sourire d'écume endeuillé d'algues mortes plus qu'au rictus
le poids de la survie
calquée humide à l'effroi des barreaux IL. PASSE POUR NE RIEN DIRE comme vous ne dites rien
lorsque le froid s incruste
et demeure en vos membres
et la silhouette inerte
de vos rêves mal peints
qui au seuil des grèves
s'en vient frôler en vain
des espoirs bariolés
qui naufragent et caduquent
sur un lit de varech
en des soirs vite éteints
il passe pour ne rien dire
et comme fou à vos yeux
dans l'impalpé sourire
du doux bien existant
il
se fraye sans colère
à la lame         à la vague
sa dérive       
son choix

d'aimer de respirer de choyer
SANS RIEN DIRE

page 12

 

Claude ALBARÈDE

Elle baise en sous-bois et le hasard
renoue avec le résidu des flammes.   Elle
se fait balance en effleurant la tendresse
qui fait pitié.  Dans les instants de passe
elle écrase les voûtes,   d'un fruit juteux

et en fouillant  le  sexe y  sent la récalci-
trante saison. de la rafle.

page 13/14/15

 


Karek GEBEK

car le poivre de la vie

le poivre des femmes et la robe de leurs humeurs
l'humeur de la nature
quand il tonne dûment
quand les cymbales tombent du ciel
et les célestians battent du tambour
comme les fous
c'est un moment
quand le cul se lève sur, l'horizon
et le jour nouveau montre
sa carte d'identité à tous les
flics
du monde entier
aussi sur les étoiles lointaines
l'amour comme un coup de matraque
quand je cherche des chandelles dans une foret nocturne
comme les autres cherchent des tue-mouches
pourquoi des chandelles 10 000 tue-mouches

 POURQUOI ? POURQUOI ?

quand la lueur d'une époque et des autres animaux
huit ans et demi de ma maison d'aliénés
les ventres des cuisinières grouilleraient de cette vie

et ce poème est un potage
que je mangerai moi-même.


 

 

 

Par la, poste, une lettre recommandée de PRAHA. Plusieurs poèmes. 2 au hasard. C'est Pavel  REZNICEK et Karel GEBEK... Écrits en français. J'al seulement corrigé l'orthographe... J'aurais peut-être pas dû?

Jean Pierre LESIEUR


 

s


 
Pavel REZNICEK

 

je les ai entrevues par les portes entrouvertes
elles étripaient un pigeon      `
des torchons nonchalamment jetés sur les fesses
un pigeon ou un moine bistourne dans les draps de lit
flairait friandment au charbon de bois réchauffé
les plats pleins de salades piquantes,
                               les têtes de porcs farcies
les
bijoux d'orage les cataractes de petits bâtons
                               les temps de manteaux tournés
elles chiffonnaient le pigeon elles jouissaient avec lui
                                                             et le flairaient
comme sa saleté
de doigt
le plumage s'est campé sur les murs du réfectoire
le charbon de bois
réchauffé. s'avançait inaudiblement avec son stylographe
précisément devant un centre d'achats
le retraité Macchiavelli est entré en courant
au-dessous d'un camion T.I.R arrivant
et il a. cassé dans l'agonie et
chute          le soleil

suspendu entre les dents d'un chat longplaying
les draps de lit n'ont pas de bouts
le moine
a zigzagué de cette pile et par les pleins creux de de la main
iiL
a
bourré sa gueule de charbon de bois réchauffé


une hôtelière mouille de salive son doigt
et sa langue marche toujours « aujourd'hui le vent ne jouera pas ses fêtes putréfiées' aujourd'hui le vent      
je suis un chat et à travers moi l'esprit................... »

 Je les ai entrevues par les portes entrouvertes  

 
Le visage du père comme le cul d'un ange
lorsque s'approche le chant du coq
et les salives sur ma gueule prouvent le bonheur
je me semble comme une poivrière

ou mieux comme une hachette poivrée

page 16

Marie-Christine LABOURIE

 

Zone de Texte: Il y a des jours

Où l'être est à vif

Le futur fou

Insaisissable comme un espace de feu.

 Ni la mesure ni le calcul

Comment cela se pourrait-il

Quand la conscience est rouge ?

Se pencher alors sur le bord du chemin Cueillir quelque chose

Écouter la fleur rien qu'elle

Et se laisser submerger par son audace
Alors,
on n'en croit pas ses yeux

On  voit la vie

cheveux fous cuisses nues
faire  l'amour sans loi

Juste

Entre deux pétales

 

page 17


 

TOMBÉE DU DÉSIR

Jean-Louis JACQUIER-ROUX

Détumescence brimbalée en bout
de table. Dans son plat de porcelaine le
soufflet de Jeanne-Marie achève de se
ratatiner.
Heure jaune des
criailleries et du partage
quand la carrée familiale est à ses affaires
de table

Nuit
Douce fin sous le feu sauvage des lampions

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Catherine MAFARAUD

VENDRASSE                                                                                       

Vendrasse

Les abeilles apprivoiseront encore des caravansérails
Qui se réunissent au sec des quenelles
Et nous savons que les penderies sont notoires
Tout autant que miel là où tu marches
Mieux vaut ici dans l'estafette de
la
neige
Se souvenir du répertoire
Et s'en oublier les ailes
Dans les grandes gamelles des loups
Qui pouvons-nous
Si les brisures s'inscrivent volontaires
Et rien ne pourra définir
Lequel emporta le premier sa tête
Mon verger tu le sais de plein poil
Les pacages aboient dans les mottes
Mais il y aura è tendrer l'en-châle
que tu le veuilles ou pas
Jusqu'à la curiosité de ta couille
Qui toujours nous regarde.

    SCHANDE

Mors au bleu des vignes
Java des tempes sous la pression
C'est le grand pore qui hurle en la manille
L'ablation d'un rite tout en habit de sel
L'horreur des pylônes
Le crachat de nos herbes

Qui se souviendra des lambrusques
En neige en Jupes d'Avignon
Au long noria de la serge pantalon
Qui sanglera le premier la lévitation des bols
Qui dégagera la bouche au cerf-volant

Tuerie d'épaulière à reins
Mensonges en cotte de mailles
Femme troublée broute ta taille
Oublie ton veuf laminoir
Meurs en ta dent sèche en ta fente
Comme phoque hurle ta trêve
Tel chaland affrétant tes propres soleils
Ne plus entendre que le prix de ton chant

 

Nous sommes tant à être au courant

Du pis-aller des prothèses

Contingence ma béquille qui me sème

Est-ce ici qu'encore se cognent les rotules
Histoire du souvenir

Les miroirs portraitistes avaient bon dos
Derrière
nous

Les portes chantaient des torsions

Mais quel écrou a murmuré le premier
Dans la Dalmatie de nos paumes
Tel fakir un méthanier d'injures et
puis de cris

 

Il faut que je perce mes gants

Nous sommes tant à être eu courant
Entre les lingeries courent des dires
Le cil est plus tenace

Que le plus large talus de sang
Le silence du dé à coudre

Rapporte invariablement

Les mêmes fenaisons de toisons

Il faut installer un semblant d'armure
J'ai trop talonné Ia nuit

Muselée par sa cadence

Lente

Impitoyable car sans raison.

 

 

Zone de Texte: Il faut que je perce mes gants
Nous sommes tant à être eu courant Entre les lingeries courent des dires Le cil est plus tenace
Que le plus large talus de sang Le silence du dé à coudre
Rapporte invariablement
Les mêmes fenaisons de toisons
Il faut installer un semblant d'armure J'ai trop talonné Io nuit
Muselée par sa cadence
Lente
Impitoyable car sans raison.
Esperàndolos
Enflure au sac des viscères
Tétrature de la mémoire
Une
œillère chante plus qu'un cheval
Lui je me noue à l'estafette
M'intrigue un calvaire me bouffe une croix
Mon
cache en ce  novembre plein de noix

Les trésors n'auront plus à subir
S'engluent les vrilles aux tentatives
Bucher de tous les pères en mal de filles
Grande injustice de la laine trop froissée
Bavard métronome des couverts
Toutes les armoires sont à dénoncer
Tous les batraciens mutilent sous le plaisir
La sueur
des baisers

Esperàndolos
Carrière grand foutre de sel
Monstre bombé ventre à décès
J'en veux à la lâcheté de tes chemises
Que mon ruisseau jamais
Que me rivière ne puis
Falbalas tamanoir décidé contra le tendresse
Meilleur faiseur je te voulais Athènes

Mais les frangipanes tracassent l'air
Et dans les tonsures des abeilles
Les couloirs manquent de peignes
Que me mentent
Que me manquent les yeux

Esperèndolos
J'accoste je me rappelle
Tous tes diables sont là et l'horreur de leur file
Ribambelle qui m'horloge qui me drague
Qui me quitte
Je mange des abcès aux perpétuels muscles
J'épouvante un trépas
Ras mon âme
Plein ma jupe.

N.P. ( nota pilone ) Les 3 premiers poèmes sont dédiés à G.C. le quatrième à vous

 

page 23

 

Suzanne FABRE

 

A HENRI

 

 

C'étaient les années lentes, sous les images.
Nous n'avons pas l'âge de nos
os. Des visages sans re­
gard. Nous avons tenu le monde si fort, si fort. Tant bâti
de nos bras. Des pierres, la boue
le soleil. SI fragiles,
l'eau nous déchire. Où sommes-nous? J'ai froid. Une i­
dée de bonheur qui gèle sur mes lèvres. Dehors, il y a
des chars, et le silence. Il faut aller, petit, les mains nues.
Il y a comme un appel de craie sur le trottoir. Je mar-
cheral près des hommes aux cheveux crépus. Tu me re­
connaîtras peut-être. Ils sont en avance sur nous. La ter­
re est sèche. ils n'ont d'enfant qu'un ciel trop vaste. Nos
bras ont la mesure de nos gestes. Petits d'hommes que
nous sommes; L'histoire est si large pour nous, comme
un habit. Porter nos frusques; Le temps n'est pas à l'
heure de nos yeux; d'un miroir, nous nous sommes per-
dus. Chacun son quotidien sans la. Puis l'horizon reste
pourtant, lame, mire, entaille le
vif du regard. Pour toi,
le loin de moi qui pleuras dans mes mains, arrondis mes
épaules, me
fis la peau plus douce et l'espace d'un corps,
Pour toi, par qui mes mots oscillent à l'écoute d'autres
silences, Pour toi, je vais apprendre,.,

 

page 25/26/27

Jean-Pierre LESIEUR

 

 

 

Zone de Texte: AU PLUS OFFRANT
Zone de Texte: Zone de Texte: Poète 46 ans pas bouffé par les vers.
                                  
se donne librement. S'offre pour
une soirée. une nuit, un jour.
                                                 une vie

Poète 46 ans brun et trop doux
                                           
sourire aux lèvres aventures sûres
incapable de tenir la mer
                                            pas bateau, pas voiture, premier de la classe

Poète 46 ans d'essais infructueux
                                              au scrabble et à tous jeux de hasard
et d'amour sevré depuis deux lunaisons
                                                                  et plus

Poète 46 ans au retour d'âge léger
                                     
au PILON bandé par tous les vents

à la voile creuse inverse du pouvoir
                                                         bradé

Au plus offrant des commissaires-priseurs

 

Entre deux yeux d'aube
quand toutes les vérités achèvent leurs ablutions
des mamelons-ménopauses taris avant l'épaule
de
celles qui n'osent jamais dénuder leur téton.

 

Entre deux yeux d'aube   
et leur obscurité universellement reconnue
par toutes
les planètes
dans le goût
de
brouillards
qui encombrent toujours

les bouches de nos sanctuaires,

Entre deux yeux d'aube
des gamins gorgés de sucre
font faillite
dans la pénombre des sucettes

                                                                    

COUVERTURE

J'ai été couvert par la sécurité sociale
par une assurance vie
par une caisse de retraite
paru une police aux ordres d'incendie
de dégâts des eaux, de responsabilité
civile et militaire
par un concierge à la retraite
par une gabardine achetée aux puces
à un petit malien couturé d'amulettes

J'ai été suburbainé, zaqué, zupé,
surpiqué, surpressé, surprotégé
rénové en îlot à la barbe des édiles
athée, chrétien, et penseur libre
aux râles assumés par un chemin de croix

J'ai été découvert à vue par des chasseurs de primes
Joss Randal, Guy Lux, Rothschild, Zorro
tirant sans viser dès que dépassait
une tête de métaphore à crête de poète.

page 28

Pierre ZIEGELMEYER

PETIT DICTIONNAIRE POÉTIQUE PORTATIF

 

ABRUTI : Adepte de l'art brute.

CENSURE : Le contrôle des décences.

CHAR ( René ) : Inventeur de la poésie, en sachets. On coupe, on ouvre, on dilue,

CRI : Il criait si fort, en écrivant, que les mots s'écrasaient sur le papier, apeurés, défaits, méconnaissables.

DÉBLAIS : Déblayer, plutôt que délayer.

DENSITÉ : L'art de faire chanter juste les mots.

ÉMOTION : Quelle est la profondeur de votre émotion à dix centimètres près.

ENFILER : Essayer d'enfiler des mots sans les engrosser.

ENGAGÉ : Leurrés de tous les pays leurrez-vous.

IMAGINAIRE Creuser le réel avec une pioche en plumes de paradisier.

MUET : Qui ne dit mot se sent con.

PROBLÉMATIQUE : « La problématique spécifique de l'écriture se dégage massivement du mythe et de la représentation pour se penser dans sa littéralité et son espace. ( Philippe SOLLERS.)

REGRETS , : Si Rimbaud n'était pas mort si jeune, il pourrait avoir aujourd'hui 127 an

ROMANTISME : Sur les pentes avalancheuses au ras bord des ravins traitreux,  le poète ouvre la route, une torche sur la tête, en criant « au feu! ».

SILENCE : Un espace comblé de mots si serrés qu'ils ne peuvent plus bouger.

SURRÉALISME : Le symbolisme plus l'électricité.

TIRAGE : La poésie brûle mal. Problèmes de tirage.

TROU : Un seul mot vous manque et toute la phrase est déglinguée.

VERSET : N'est  pas au vers ce qu'au corps est le corset.

VERSIFICATEUR Vérificateur des pieds et mesures.

Zone de Texte: i!
Zone de Texte: Pierre ZIEGELMEYER
Zone de Texte:

 

 

 

 

 

 

 

 






 

 

 

 

 

 

 

 

 

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