LE PILON 27

Jean Pierre Lesieur / pages : 1éditorial 2Marie-Odile Gain d'Enquin 3/4/5gang parano 6/7Erwan 8/9Annie Thomas 10/11/12/13Victoire Flassigny 14Luce Guilbaut 15/16/17Jehan Van Langhenhoven 18/19/20Jimmy Gladiator 21Esieur 22/23Catrine Mafaraud 24/25M.A.Bravo 26/27Pierre Ziegelmeyer 28 abonnez-vous

revue trimestrielle de poésie

   

 

n°1

n°2

n°3

n°4

n°5

n°6

n°7

n°8

n°9

n°10

n°11

n°12

n°13

n°14

n°15

n°16

n°17

n°18

n°19

n°20

n°21

n°22

n°23

n°24

n°25

n°26

n°27

n°28

page 1

Telex. Telex. Telex. Telex  Telex. Telex. Télex. Telex

SI VOUS SAVIEZ

Faire le trottoir ou faire une revue de poésie c'est la même chose.
J 'prends mon pied en payant de ma personne ..
Ce numéro 27, estival, dérive doucement vers un surréalisme baroque
et beau où se distinguent jean VAN LANGHENHOVEN, le prince néerlandais,
Marie-Odile GAIN D' ENQUIN, la baronne d'empire, Victoire FLASSIGNY,
la belle républicaine, Jimmy GLADIATOR, le sénateur romain, le comte Alain,
le baron Frick et le marquis Michae1 du gang hymne de la nausée hypnotique :
les paranos 1ivides.
Ils sont aidés en délire par ERWAN qui pastiche (un genre peu usité dans la
poésie actuelle) Francis PONGE; Annie THOMAS qui parle de ses pieds;
Catrine MAFARAUD et son érotisme béat; Luce GUILBAUT la dame de MONTARGIS.
Pour bien finir: les aphourimes de BRAVO et la suite du dictionnaire de Pierre ZIEGELMEYER.

Un bien beau numéro! Vous savez

Telex. Telex .. Telex. Telex. Telex. Telex. Telex. Telex

 

page 2



 

 

CHANT numéro 69 (extraits)

III

Orée des géants d'encrier,
essoufflement d'abeille
la neige butinait les larmes
Apponté de sagesse
aux fatigues de l'aube.
Geste de rêve
bateleur d'espace intime.
« Boiserie d'arbre bleu
que vous délaisseriez ».

IV

D'autres cérémonies -
Veines en fleuve d'armures,
comme demain
qui s'apprivoise bien
qui décrit un chiffre
à cinq issues blêmes.
Alternative au bec sucré,
enveloppe poudrée d'écriture
dans la passation des crécelles.

Marie-Odile  GAIN D'ENQUIN

page 3/4/5

Capt'ain Amdzek contre

le mystérieux

GANG
DES
PARANOS
LIVIDES

son être dérobé femme à ciel ouvert, une galerie de portraits qu'il offre au jugement
de tous et aux crachats des autres
il a jeté sa peau au vide-ordure du linceul
pour déchirer les transes mortelles de l'écorché vif
à l'empreinte de son stand de tir où il ne peut s'empêcher de rire
les balles de la cavalerie vomies vers son visage
ne tranchent que des reflets de joies engrossées dans un labyrinthe miroirs bouffés par le mirage
on ne frappe plus les cancéreux aux portes des églises dégoûtés à l'apparence saignante
comme les ongles du violeur qui se tendait vers elle, elle et sa vulve frauduleuse
mais elle
et l'ablation d'un sein comme d'une aile
écœurés à l'ampleur soudaine d'un multi-crime effarés désarçonnés les soldats couchent leurs
haines dans la sciure des caveaux
graissonnés de pitié ils se poussent au regard comme une chatte offerte sous une robe de prêtre,
et chacun seigneur et libre joue finalement cette même pièce, un geste en uniforme
qui signe la violence de l'échec de la violence
et l'inspirateur du gang s'échappe par des fenêtres d'enfance aux poignets lacérés
de rivages empreintes de fausses souffrances :
« tu nous as bien baisé comme rouge impair et passe le temps de nos regards sur la console
où tu ranges ta fleur de catin! »
...il s'est offert, et chacun s'abreuve au lait de sa flore
...il s'est offert.. et chacun trempe son pain au sperme de sa création
...il s'est offert poète
et la vision où sa fleur retrousse ses corolles tend l'anus comme un autel
...il s'est offert...
: « surtout...
surtout ne plus être forcé... par les phalles qui vomissent
                                               à la décharge publique »...
à bout portant
 il s'enduit de cognac et puis
                        le flambe
aux sons des harpes de pucelles qui dressent une voix entre les jambes jusqu'à la corde
à pendu que leurs regards déroulent
ici la lumière est nu sein fripé
ici le poumon n'est jamais qu'un vieux rat malade el il s'entend pourrir inaccessible
aux salves d'orgue seules manifestes d'étrangères présences
et l'instigateur du gang git
entre deux fenêtres d'enfances aux poignets ouvert psalmodies de vulves suicides
« nous t'avons bien baisé tel nègre impair et manque de temps pour faire quartier
dans ton intérieur où notre fiente sperme noie ta fleur! »
il est poète camouflé sous des draps de violence nul regard ne frô1e son arbre...
et pourtant, au seuil où le désespoir voile l'iris de l'Hombre
... un phalle imaginaire bave le sang
le long de son dos, le long de ses cuisses
et l'odeur de plaies brûlées
...la coulée de métal à vif...
Comte ALAIN
           Baron ÉRICK
                      Marquis MICHAEL
cerveaux du gang Hymne de la Nausée Hypnotique.

Vpage 6/7


.A la manière de Francis PONGE

 

 

En bas de moi, toujours en bas de moi se trouvent les pieds.
C'est toujours les yeux baissés que je les regarde. Comme le sol,
comme une excroissance du sol, comme une momification du sol.
         Ils sont blancs, sales, mous et pas très frais, passifs et obstinés
dans leur seul vice: la puanteur; disposant de moyens exceptionnels
pour satisfaire : ce vice : s'échauffant, suant, transpirant, exsudant.

          Toujours plus gras; telle semble être leur devise. Le contraire de Slendertone.

         On pourrait presque dire que les pieds sont fous, à cause de cet hystérique besoin
de n'obéir qu'à leur grosseur, leur graisseur, qui les possède comme une idée fixe.
         Certes, tout au monde connait ce besoin, qui toujours et en tous lieux doit être satisfait.
C'est proprement spongieux.
Les pieds m'échappent...Me filent entre les doigts. Et encore! Ce n'est pas même si net
( qu'une bicyclette ou un chat entre les jambes) : il m'en reste des traces, des marques,
des odeurs relativement longues à ventiler ou qu' il faut masquer avec un déodorant
( un cylindre métallique ou plastique portant sur la tête une sorte de dent blanche, unique,
sur laquelle j'appuie de l'index). Mes pieds m'échappent et cependant me marquent. Je me sers
d'eux - pour écrire ceci -- sans que j'y puise grand chose.
         Idéologiquement, c'est la même chose : mes pieds m'échappent, échappent à toute définition
(dirai-je qu'ils sont : là !) mais laissent dans mon esprit et sur ce papier des traces, des taches informes.
       
Inquiétude des pieds : sensibles au moindre changement de température. Sautant les escaliers tes deux
jambes à la fois. à cloche-pied ( c'est aussi sous la cloche qu'on garde le camembert : blanc jaunâtre et
puant comme les pieds. )

Joueurs, puérils d'obéissance, revenant tout de suite lorsque je les rappelle en me retournant de ce côté ci.


Erwan

page 8/9

LES PIEDS


Nous sommes dix messieurs gantés
Vivant quelquefois à l'étroit
Cinq par cinq contraints d'habiter
dans des maisons prévues pour trois
Nos logis sont tous tapissés
de soie de laine ou de coton
et on a peine à respirer
dans ces trop petites maisons
Quand vient la nuit c'est le moment
 où nous sommes le plus heureux
il nous arrive bien souvent
d'inviter dix autres messieurs
Si nous nous montrons négligents
sans souci de la propreté
on nous trempe dans le gouffre fumant
d'une cuvette d'eau parfumée
Tant qu'il y aura des oiseaux
pour abimer notre chapeau
nous les dix messieurs fort têtus
qui aiment avoir le derrnier mot
nous aurons recours aux verrues!
Nous sommes dix petits messieurs
chacun de nous fait sur mesure
Notre royaume est la chaussure
c'est nous les doigts de pieds joyeux
Pardons les orteils... ça fait mieux



Annie THOMAS

PAGE 10/11/12/13

RUE WATT

Quelques Boris trainent leurs savates rue Watt
Éculées de bitume des provinciales se vautrent dans les couches de pigeons très parisiens.
                   Des trombones en buvard poussin fusent hâtivement
                   dérapant sur les mares perpétuelles.
                   De leurs orteils parés des aveugles cherchent leur roi,
                   striant en vain le stuc douçâtre de leurs joues.

Nulle obscurité ne cache les ongles brunis, rue Watt, mais les colonnettes aigrelettes
se roulent dans une fourrure glauque.

                   Tirant sur une vieille pipe cramoisie un chat vert-de gris épile
                    soigneusement sa queue car c'est un dandy. Quelques tuiles
                    comparent leurs mâchoires puis se décrochent avec grâce de
                    leur perchoir.

Dignement grec passe un garçon vêtu d'ébène et porteur de même, mais une fois l'an seulement.

                                                                                

 

Son arête nasale se tranchait d'une boutonnière pâle Qui invitait à scruter chaque os, chaque pli.
Dévoilée ainsi la supercherie du masque qui, de poli, aurait pu devenir parfait, ne serait-ce cette indiscrétion.
Il bougeait à petits coups, distrait. Mat sous les feuillages changeants des bouleaux, son corps frémissait
en deçà de la toile délavée affinée à l'incessante caresse.
Parfois lentement ses mains parcouraient sa chevelure - châtaigne ou noisette selon soleil et brume. Elastique
et imprévue elle roulait quand il oubliait son geste. Plombée d'éphémère sa voix exsudait une lave charnelle
et douce - soyeuse.
D'or et de plume l'air moulait strictement ses traits. Cette face barricadée irritait, séduisait, arrachait les
mesquines comptées quotidiennes. Et le sel de la vie se tenait coi, à peine brûlant dans ses yeux.
Route océane, mousse iodée, chintz d'acier. Buté, presqu'absent, lui pourtant, inlassable miroir de l' âme humaine,
non tant servile reflet qu'amant idéal, se voyait tel, époux de chacun, compagnon en toute destinée, toujours présent,
partant toujours.
Mais, lourdes d'amers cristaux, des nostalgies ataviques guettaient le bris de leurs chaînes. Fragilité et tendresse même,
oublieuses, veilleraient leur essor furieux, triste et impitoyable.

 

Car il ne savait pas encore que son destin ramassait ses PIONS.



                                                                                     

SAGA JURASSIENNE II
 

 

 

Au mardi-gras la poubelle du huit avait chaussé ses roulettes et depuis elle se sentait toute gamine.
Guillerette elle dévalait les trottoirs béante d'espièglerie, sillonnant le bitume, y abandonnant des
suivez-moi-jeune-homme odorants, dépassant chiens et loups.
Par un ciel grisonnant elle atterrit dans la panse accueillante du gros cauchemar ventripotent.
Glapissante de terreur au vu de ce sacrilège elle fonça rincer son déshonneur chez Wallace Ass,
mais dérapa à l'ultime roulement sous une benne furibonde.
Cependant le fauteur des troubles haletait en proie à l'haleine nauséabonde qui se pendait à son cou
et tant d' amour inutile le navrait. Un friselis obscène l'en débarrassa et il se mit en peine de gravir
la colline suintante.
Des annuaires désaffectés y clapotaient et chiffonnaient coquettement leurs mots blanchis. Dénués
de toute charité ils flambèrent à l'approche du vibrant personnage. Ainsi déchaîné un gaz de campagne
virevolta gracieusement, encouragé par l'atmosphère échauffée. Entrainant le spectre vieillissant dans
un paso-doble il éclata subitement en un sarcasme lent dont les crocs s'agrippèrent mollement au feutre
rassis de son cavalier.
C'est alors que fa nuit se retourna lourdement raflant choses et êtres de sa liquette ..

Refoulé entre les orteils quelconques de sa colline l'ami dut remettre ça ... Excédé il se roula dans un
paillasson humide; demeure habituelle d'un bleu de Siam. Moite de rhumatismes il rêva cheminées en
marbre, horloges frémissantes, ragoûts souriants, glacières enrhumées et Edouardine, lueur de son cortex,
lumineuse de nylon rose, s'étala peu à peu dans ses songes ...

Victoire FLASSIGNY
 

                                                                                                                                     

page 14

 

 

 

Luce GUILBAUT

Regard lavé                             de vent
                         fécondant
l'insecte avec au cœur
une épingle
                 d'argent
tout tourne et se mire
dans la légende
                  la lumière
passe malgré l'ombre
le temps pose une paupière
pour feindre                           la nuit
page 15/16/17

 

 

                       - de son portrait
                       - de ses dires
                       - et de sa position sur le globe



Elle est couchée sur l'horizon
         ses fesses sont rebondies sa poitrine légendaire
son ventre ruisselle dans la vallée
et les neiges qui lui parviennent jamais ne la comblent


Quand elle ouvre la bouche c'est pour dire tonnerre
foudre cyclone tempête et tremblement
de chair alors s'écroulent les clochers
se dispersent les troupeaux et se fracassent les barrages

mais c'est aux ondulations de son bassin
que l'on doit les plus hautes catastrophes
tout en Etna Stromboli
Pompéi et
Montagne Pelée

Par trois fois la Jéhante se cambre
et aussitôt s'effraie l'échelle de Richter
pourtant nous sommes quelques-uns à pouvoir la calmer
plus vulcanologues qu'amants
à l'apogée du phénomène
nous investissons ses coulées
ses laves

les peuples primitifs et les sociétés avancées
prient pour nous et nous déifient


 

                              69

La toujours même barque à la même heure
passait devant mes yeux
et m'emportait
vers l'Albanie
Je ne savais rien de l'Albanie
hormis qu'elle se trouvait en face
lumineuse comme une porte de sortie
que les jours de grandes clartés avec un peu d'imaginaire
il était possible d'apercevoir
cambrée sur ses rochers et
fières de ses albanaises
L'une d'entre elles me seyait hautement, c'était ma préférée
petite, brune, longue, blonde
les couleurs vives du foulard qui perpétuellement la coiffait
indubitablement la faisait ressembler à l'Albanie
Tirana, lui dis-je un jour
Tirana, si tu voulais nous partirions tous deux
à bord de cette barque
qui tous les jours à la même heure loin de moi
m'emporte vers toi
Certes
je ne sais rien de toi
sauf que tu me fais face
décisive comme un escalier d'incendie
et que les mois de grande sècheresse avec un peu de chance
d'un coup de mégot bien ajusté
il est possible de t'enflammer
Tirana, si tu voulais je t'enflammerais
et toutes les heures au même jour .
nous voguerions sur des mers de flammes
de l'autre côté
de l'autre

                         Gallipoli mars 80

Jehan VAN LANGHENHOVEN


 

 page 18/19/20

 

CHANTS ÉPARS

à Pavel et Stana.

Je puis ternir les mardi-gras
et astiquer les cendres du lendemain

recommencer ainsi
jusqu'à l'asthénie
qui viendra bien
quelque jour

               

du regard grappiner les hypnoses
qui percent les males-aises
                 

               

ça déchappe dans les virages

ça m'échappe aux mirages
j'objecte
à mourir la nuit

              

La fille du geôlier
était une enjôleuse

 

              

baiser docile
sur le lexique
de l'anatomie
 

             


tiens voilà que
se camouflent
les charmes des

îles stromboliennes
et voilà que
les tire-laines

frissonnent sous
le chapeau des géographies
 

            


tiens voilà que

l'on sangle la
mélanco d'un
tour de reins

Ile de France, février 1982

Jimmy GLADIATOR

 

page 21

 

OBJET TROUVÉ

Sans L
Lesieur sans ailes

Comme un ange déchu
Déçu
Par toutes ses initiatives séraphiques

Qui ne servent même pas
à récupérer les âmes qui tombent

ESIEUR
Sans L .
Comme une victoire de Samothrace

Loin de sa pierre
Qui  ne s'envole plus
Qui  ne la quitte pas.
Petite défaite des années vives

Que la musique emballe
Perdue ma lettre
unique et seule
Mon L
Mes ailes.

ESIEUR


page 22/23


PAS M0I

.4 centimètres dans le Nord
Et il faudra bourrer les poches

De cette fumée un peu brune
Atteinte comme ma devise et son noeud

En plein les trompes
Au bec-de-lièvre un remords à peine salé

Mouillé sous les plumes
Basquaise est la journée
Il faudra que j'arrive à Laroche-Migenne

Défroqué de son noir
Brisant les miroirs autant que ses bas
                  sur ses cuisses

Si l'huître baille encore
C'est que la lumière ne peut rien espérer

Respecte l'ultime décès cet aval
Cet homme sucé jusque dans la fidélité des pierres

Je l'entends compter sur ses cils
J' ai trois femmes dit-il dans ma valise PAS MOI
Il est vrai que Décembre est un mois

Où le hors-la-loi s'empiffre
Mais on ne peut aux dentelles de l'orge
Cracher autrement que bleu .
Pour Noël cherche santons ou bordel

Puisque les convois seront toujours là
Pour ciseler l'absence
Tu rêves de martiniquaises de culs fendus

De cons au poing de la sieste
Mais dans celle terreur au territoire

Il n'y aura jamais de queue
Je t'en prie
Passe la Pologne de mes hanches
Je n'ignore pas que je te dois encore
Quelques mouchoirs et l' écuyère en foutre d'une mémoire
Je n'ignore rien
Mais les volatiles dureront plus que nous

Et l'ascendant de ma nuque
M'appellera toujours en arrière.

Catrine MAFARAUD

page 23/24


                                 

 

la banane a un goût très prononcé de fermeture éclair.
                           
Pédicure : qui a du doigté avec les orteils.
                           
Supplice cruel : faire griller une olive dans son huile.
                           
Elles ont bonne mine les bonnes mœurs avec ce « o » et ce « e » publiquement enlacés.
                          
Mes mots peuvent sembler douloureux parfois
Normal : ce sont mes mots de tête.
                          
Mourir un mercredi, ça coupe 1a  semaine.
                          
Obnubilé par l'âge de la majorité on oublie l'âge de la minorité, qui est aussi important.

                          
Les plus belles lettres d'amour n'attendent pas de réponse.
                          
Revendiquons le droit à la fatigue.
 
                         
Le sarcasme est ce qui sort de la guitare de la vie quand elle est désaccordée.
                          
Penser qu'il y a des journalistes qui auraient été d'excellents plombiers.                
                         
Le mal mal fait est en fait un moindre mal et rien d'autre.
                          
Pilon : guillotine de l'écrit.
                          
On se demande si dans la fosse commune les os se reconnaissent.

Miguel-Angel FERNANDEZ - BRAVO


page 26/27/26

PETIT DICTIONNAIRE POÉTIQUE PORTATIF

GENDELETTRE : Gent de lettres et du paraître. Paul Auguez, membre de la Société des gens de lettres,
avait en 1856 proposé à Napoléon III la constitution d'un « corps impérial de la littérature française ».
Une loi devait fixer les titres et les dignités hiérarchiques. et définir les costumes. et les insignes que
pourraient arborer tous les lettreux ayant rendu des services à l'état.

INTENTIONS: Ne le croyez pas plus quand il vous dit qu'il ne sait pas ce qu'il veut dire, que quand il
se met à vous expliquer ce qu'il a voulu faire.

PURETÉ : Une langue trop sèche n'a plus envie de parler.

RÉALITÉ : A la réalité nul n'est tenu.

RECLUS: Au lieu d'aller marcher au grand air, ils s'enferment et prennent leurs grands airs.

RÉUSSITE : Qui veut voyager loin ménage les augures.

REVENANTS : Dans la nuit d'une conversation, parfois surgissent des mots comme des revenants qui
remuent des chaînes ancrées en nous dans les profondeurs.

SÉCRÉTION: De toutes les sécrétions du corps humain le langage est la plus sèche ..

SIGNIFIANT: Le signifiant n'a pas d'odeur

SOUFFLE: Quelles sont vos aspirations? Apprendre à respirer.

SOUHAIT: J'aimerais rencontrer un poète qui ne s'est jamais pris. à aucun moment. pour un génie méconnu.

STRUCTURALISTES: Tristes culturistes à trucs, muscles de vents.

VÉCU: Qui évacue son moi assume son vécu. Vécu évacué est à moitié pardonné.

VICIÉ : L'air inspiré est toujours vicié

VIDANGE : Les mots trop pleins de sens demandent à être vidés régulièrement.

PIERRE  ZIEGELMEYER

                                                                 

page 27

 

ABONNEZ-VOUS AU PILON

                           ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

LECTEUR

Grandi dans le ruisseau, issu de la déraison d'homme,
paletot idéal, laine de poète, érection patibulaire.
LE PILON te salue bien. Confie lui tes poèmes, ton
amitié, tes désirs, tes rêves, ta curiosité, ton amour ...

Accorde-lui un sourire de passage.
Une once de commisération,
Un regard.
                           ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
                                   Il est fait pour vivre.

 

Ce numéro 27 a été composé à la main
par J. P. Lesieur
en Juillet 82
à Paris
sur
vacances


 

 

a