LE PILON 3

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revue trimestrielle de poésie


 

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n°28

page 1>

 Solidaires.

 Je tiens à remercier tous ceux qui se sont abonnés à la revue, le lecteur de poésie étant tellement sollicité et rare. Merci donc, et de tout cœur ABONNÉ(E)

•••

 Comme dit et dans un souci de coopération vraie entre les revues, 4 pages réalisées par LAV AUR outre celles de LEGROS ( avec LE MAUVE on aurait la revue des 4 L ) .

 •••

 Dans la même lignée  débute un supplément non relié DOCUMENTS qui accueillera tracts, poèmes manuscrits, lettres, dessins, infos, gravures, etc. qu'il suffit de m'envoyer à
350 exemplaires ( ou moins ) ronéotés, manuscrits, reproduits par n'importe quel moyen en 21 x 29.7 pliable ou 14 x 21.
Je vois là, pour celui qui a peu de possibilités reprographiques l'occasion de quand même pouvoir s'exprimer dans la formule « fait entièrement de la main du poète ».

 La cité critique parait maintenant dans PRÉSENCE ET REGARDS de Jean Luc MAXENCE.

 page 2/3

 Christian Bachelin.

 Ma mère en son hiver avait un canari
Mon père au fond du froid fendait du bois pourri
La mort du temps jouissait dans les trous atlantiques
Le gel dans les jardins, blêmissait des endives
Au sein de soi s'aimait la nymphette des limbes
La photo de mariage envoyait ses nuances
Au loin se retremper dans les lacs du couchant
Dans les vents d'est craquaient des légendes éteintes
Quelqu'un se croyant mort anonyme et muet
Se prit à jalouser l'inconnu de sa vie
Le lichen sur les murs longuement fut suivi
Vers des maisons glacées habitées d'un reflet.

Au soir des faubourgs la rouille de lessiveuse
Empourpre au fond des cours les flaques d'une enfance
Dans une cave un restant de légume
Suinte le vert-de-gris et les relents de lune
Sur des marches à l'ombre d'un compteur à gaz
dans un faitout se fige une graisse de volaille
A fond de vase implore un remords d'irréel

Les anciens lupanars s'étoilent au bout du froid
La mort dans l'âme au loin drague les Allemagnes
Excentriques les parcs aux agonies galantes.

Je chante un temps lointain de lapins et de laitiers
Pour parodie je chante autrement dit s'égoutte
Un fond de sperme obscur et de hussarderies
Avec le pissenlit d'un temps de no mans land

Lande pour le nomade au cœur entre deux âges
Entre deux eaux le brochet pointe et vont s'ensuivre
Sur la dent du hasard des étreintes de vouivre
De purs moments cimmériens avaleurs de large

Par des jours de fer blanc meurt un nommé Auguste
Les fourrages sont vieux pour la vache du vague
Près d'un poêle à charbon des odeurs de fauteuil
Se traînent en rampant dans les fentes du temps

Je chante un temps lointain de vieillard parallèle
Autrement dit le temps ne se ressemble guère
Les mémoires manquées font des trous dans la toile
Des mirages du large et des cirques d'hiver

Par des jours de grésil déraillent des voyages
Les ciels communicants culminent en leur éclipse
Tout est vécu dans l'éclair d'un hasard d'asphalte
A perte d'horizon jusqu'aux nuits vaginales

Je veux dans la mort un grand rêve énigmatique
Aux longs sapins sexuels pleurant sur des lacs vierges
Le non vécu se transforme en loup solitaire
Dans des passés couleur de chagrin d'émigrants.

 Page 4

 Charles Autrand.

 TEMPS PERDU

 

                                 1

De Charybde en Scylla ça grogne et ça s'empoigne
quel larron tirera son épingle du jeu
Charybde qui s'en fout ou Scylla qui s'énerve
les bouffeurs de mazout ou les buveurs d'eau claire
les moines batailleurs ou les curés brouillons
les crucifiés par plaisir ou par ordre
les loups que l'avant-garde a nommé capitaines
ou la masse croupion
On attend
Elle est belle l'attente que nul feu d'artifice
ne transforme en Grand Soir ou en fête de nuit

                                2

Tu n'as rien écrit depuis le 18 Brumaire
depuis la prise de la Bastille et le 11 Novembre
Tu n'as rien écrit depuis la révocation de l'Edit de Nantes
Tu n'as rien écrit depuis l'assassinat d'Henri IV par le duc d'Epernon
Tu n'as rien écrit depuis la Libération
rien depuis la naissance de l'Histoire
non celle que l'on conte mais celle qui est comptée
comme une déesse parmi les dieux de l'Olympe
Tu n'as rien écrit parce que ta liberté est illusion
et tes canevas vésanie
Tu n'as rien écrit mais Dieu le garde
Tu as sali du papier.

 Page 5

Gérard Lemaire

Tu feras un poème de rien
De ce silence tumultueux et dévorant
De ce portail cadenassé ou limpide
De cet horizon de toits grumeleux
De cel1e seule douleur bête et rouge
Sur la page de ratures violentes
Que tu arraches au clapet du néant
Car l'ombre est précieuse
Elle maintient ses droits

 


Arrimé
De mes bras jetës
           Amarres sur les plages de ton corps
Revenu de loin
De si loin
            A en perdre la mémoire de l’espoir
Sur le sable uni                        Tes yeux
Me voient                    Me transpercent
Tu m'as fait devenir silhouette
                        Marchant sur les fleuves

 Page 6

 Jehan Van Langhenhoven.

Oh mes lycéennes
en des nuits d'italiennes soupentes
je vous arbore et décris comme hélice à l'approche du cercle
en son ardeur confondant
                                   algue et nuage
Chiuso per la notte
et je suis cette nuit qui jamais plus ne pénétrera
les interstices de vos persiennes.

 

A qui ira ma voix?
aux hommes achevés el aseptisés cela ne m'intéresse guère

aux critiques aseptisés professionnels cela ne m'intéresse pas plus
alors
aux femmes de n'importe quel marécage
mais de tout tourbillon
aux hommes des ruts subits et des colères
étoilées
pour que le tour soit joué
pour que la ceinture soit bouclée.
Je t'ai rencontrée hier
et déjà  nous sommes vieux amants
à ton réveil tressailles sous le poids de
je ne sais quel froid ou anxiété
tes cheveux soulèvent tes épaules
et moi pour t'apaiser je te dis :
-
         Ne crains rien je suis Hoppalon Cassidy
Tu ouvres les yeux
d'un geste lascif ta main se saisit du journal qui sur la
table de chevet repose
tu crois parcourir le monde
BOUQUET
DE
SAGAIES
Vivre en roi sur un troupeau
Vivre en troupeau sur un roi
Je t'ai rencontrée
hier nous sommes déjà
vieux amants à ton réveil
tu tressailles sous le poids
de je ne sais quel froid où
anxiété tes cheveux .....
soulèvent tes épaules et moi
ouvre les yeux d'un geste
BOUQUET
DE
SAGAIES
pour t'apaiser
ne crains rien
- Je suis Hoppalon Cassidy.

page 7

Pierre Ferran .

.
MÊME SI C'EST LA NUIT.

Je ne te demande rien
ni la tendresse que tu serais capable
de donner spontanément à quelqu'un d'autre; ni l'affection rouge et brûlante;
ni l'amour ni surtout pas
des paroles de réconfort
ou des mots de sollicitude ... Je te demande seulement
de rester là
jusqu'à ce que te vienne envie de t'en aller ...
Alors, tu partiras
pressée, rapide, vive, libre. ,Alors, tu parleras
comme le soleil s'enfonce au-delà des collines et ne Sai! pas qu'ici la pierr
reste encore chaude
même si c'est la nuit

..•..•..

CONDIMENT

La terre pèse cinq milliards neuf cent quatre vingt deux millions quatre vingt douze mille sept cent dix trillions de tonnes
dont quatre cent quarante milliards
de livres de Chair humaine
et trois décigrammes d'amour.

Page 8

Rafal Wojaczek. ( 7 déc. 45-2 mai 71. )

WoJaczek s'est suicidé à l'âge de 26 ans. C'est un peu le Rimbaud polonais.

LA FIN DU MONDE. Traduction MASLOWSKY Adaptation J. DONGUY

Cela a dû se passer un mardi ou un vendredi
Mais il est possible que ce soi! un lundi ou un mercredi ..
Et aussi bien un jeudi un samedi ou un dimanche
En Janvier mais aussi bien en Juillet convenons donc
Que ça n'a pas tellement d'importance
En l'année milleneufcenlsoixanle
Un matin semble-l-il ou à la tombée de la nui!
A midi juste ou à minuit
Par un temps ensoleillé mais
peut-être par un temps pluvieux:
peut-être pendant une tempête de neige
" il s'est pendu avec sa ceinture
A quelque chose d'approprié est-ce que ce n'étai! pas,.
au tuyau de la couveuse artificielle
A l'âge de vingt el quelques années alcoolique au  dernier degré
Lui Rafal Wojaczek fils
D'Édouard et d'Elisabeth née Sobecka.


Page 9.

Pierre Daugieras.

Le clignement
des ridelles
Effarouche
La terre boueuse.
Jaune rompue
Elle a ouvert ses entrailles.
Le jour se tait 
Sur l'eau étale et désespérée
de notre trame laminante.

La feuille fendue
Du corps déboisé
Attendait l' arrivée
Du silence
Qui empourpre les nénuphars-orties
Des os emmêlés.

 A Saint Jouy la Ferriére
Les fauteuils bougent '
Tout seuls.
 

page 10/11

Michel-François LAVAUR

II

Lorsque l'envie dans le torse me germe
Sourde animale ainsi que rompre chaîne
L'envie d'errer à travers champs et bois
Et qu'ici demeurer je dois

Lorsqu'en moi sourd le désir de poème
Qu'il me souvient de nos suprêmes
Rêves d'antan si loin de moi
Et de mes ans déjà vingt-trois

Sans que j'aie su réaliser
Deux pages sauves de risée
Oh ! vain rêveur et fat peut-être
Je bondirais par la fenêtre
Non dans les eaux ni sous les roues
Mais vivre comme un renard roux.

XXVIII

Il faut échine et nuque
de courtisan
j'ai scoliose et brusque
les gens.

Lucidité de mollusque
plait aux possédants
or la sottise m'offusque
tant aux faibles qu'aux grands

Je n'ai force ni fortune
mais vie et vouloir de lierre.

Je n'envie titre à  la une
mais poids et présent de pierre.

Et encore au seuil du somme
trois vers contre ma vie d'homme

                   Extraits de "Masque et Miroir"
 

LE TROGLODYTE

Il n'est pas Jusqu'à l'aube
La plus prometteuse
où des nuées en tulle
d'épousée ne couvent
l'angoisse
c'était une pareille aurore
le même troglodyte
bornait de cris pointus
un territoire sombre 
de genêts et de ronces
autour d'un baliveau
quand la salve
faucha l'otage.

LA CHATTE

Comme le cri d'un train
perfore la nuit moite.
d'une veillée funèbre
le sillage des balles
au-dessus des tranchées
perce encore les brumes
de ta mémoire
vieil homme éteint
dont les deux mains
tremblent dans le pelage
d'une chatte sereine
et pulsent juste assez
de chaleur pour survivre.



LE VANNEAU

Ce n'est pas un envol
migrateur sur les eaux
qui apaise l'orage
tes rêves vont en harde
Lécher l'Illusoire
la durée de ton rêgne
n'est que l'ombre
attardée
de ce vanneau sur la saline.

LE RENARD

 A l'orée de l'oseraie rouge
un renard a humé la brume
et mordillé la puce à son flanc moite,
Encore une battue
que ses pistes croisées
ses retours et ses bonds déjouèrent.
Je vous dirait notre avance fragile
tout l'illusoire de nos pactes
mais l'oasis de nos trêves
de gibier sauvé des chiens.

LE CHEVAL

L'amble d'un percheron habitera
longtemps les pierres
aux montées sans col
de tes lassitudes.
Un sablier magique
renversera la pente
une horloge paisible
apprivoisera l'ombre
par la vertu du pas
d'un cheval de labour
qui revenait des vignes
et dont le poil fauve
noirci de sueur
fumait dans le brouillard
d'un crépuscule de novembre,

extraits de : PETITS ELEMENTS POUR UN BESTIAIRE

 

page 12

GASPARD HONS
 

sous les verrières se consument
les vieux logis - les soirées de suif -
se meurent les armoires d'acajou les soies
des touchers les verts Mayerling

Le logeur - le veilleur de bons mots ~
passe son chemin
et devient bègue


Page 13/14
Jacques IZOARD
 

Soleil cousu d'eau limpide.
Le petit parfum des tempes
laisse le cœur en alerte.
Et la maison cache
la chaleur
du jour bleu qui succombe.
En ce jour bleu qui meurt,
les paupières sont si fines
qu'un doigt d'enfant
les brise.
L'aveugle étau du sang
serre la morte hébétude.




Le père plie la jambe, et cloue.
Le mur humide près du lit.
Garçons avaleurs de jurons.
Vif délit des empoignades.
Le bus bleu des familles
n'amasse que poussière et pitié.
Le petit enfant malade,
la mère le touche et le nourrit.
Rêve - t - il de girafe ou de course?
Et, dans l'usine, la machine tranche
la main d'un ouvrier qui rêve.


Jacques IZOARD


Page 15
 

Gaspard Hons

à pleine goulée ce juin des sept allées - des chants du soir -.
Me reste entre les doigts moëlle de terre fable-de-fane - ce sourire de l'aubépine rouillée -.
 Me reste l'ombre d'une rencontre le grand bruit des geais - dieux allongeant le jour de deux ratures.

serpe - solaire. un rayon de nuit fouillant le flanc le fond des silences humides
Je multiplie l'espace des impatientes j'enlace l'horizon de mon terroir )



Page 16/17

Rémy Prin

Et ce matin toi fraiche indissoluble, qui te délivres aussi bien des nuits rebelles.
De la paume je t'enfonce au sable à la mer à la déserte rumeur du temps
Nous courons vite entre les vols d'oiseaux, voyage blanc près des roches
Toi ce matin désordonnée ma femme tout éparse de sel, de douceur sur les Joues.
Après bien des moments des distances, nous soufflons, nous pesons les débordements dés yeux intenses
Assise. tu parais presqu'île, souple reflux des jours
J'enserre doucement tes jambes j'y mets du sable, des embruns, algues, écumes restées de la nuit
Tu contemples indécise la gravité finissante de l'eau - l'ultime recommencement
Alors, plus tard, sous le grondement  de nulle part des pins remués par la mer, je t’ouvre,  je te submerge,
visage doux,  feuillure écartelée de mille rêves, je creuse en toi des froissements tout chauds
Sur nos têtes, d"innombrables aiguilles en leurs marées  scintillantes, inscrivent des silences, des écarts indéfinissables de silence.

 Les pays d'ailleurs nous sont frères la vie les porte à notre bouche
'habite mille abris sous les glaces, les roches par le soleil traversées, mille seuils où j'entre, bonjour aux gens du voisinage
Et dans la cour la vieille femme lève l'eau du puits
Elle te regarde tristement, parole dans la douleur versée,
Et tu as tout à coup des siècles de pierre sur les bras.
Ceux qui sont partis dans l'univers, éparpillés je touche très doucement leur souvenir
Au gré des futaies, au gré de l'écorce éclatée, je prends leurs mains, comme s'ils entraient dans la cour après un voyage inutile
Quel soleil des paupières ramenez-vous, quelle chanson sur vos lèvres lointaines
Et quelles phrases à partager pour imposer silence au malheur
.

Page 18

La Légipilonite

ARTICLE 1

Les bénéfices versés aux poétes sur la vente de leurs œuvres devront obligatoirement être réinvestis dans le marché du roman policier et de la presse à sensation.

ARTICLE 2

Ces derniers seront tenus de dire merci.

ARTICLE 3

La poésie étant plus-va-Iu ( et à lire) en plus, la taxe à la valeur ajoutée sera triplée pour tout recueil infé-· rieur à 80 pages.

ARTICLE 4

Au-dessus sera perçu un droit de 20 centimes par pa~ ge pour racheter les romans pilonés ( et y en a J.

ARTICLE 5

DORÉNAVANT le poète sera la « vache à lait » des années sèches de l'édition.

L'A. PO. CO. CA

C'est vrai qu'il faut un certain courage poétique pour dire : « connu ou inconnu ce n'est pas à moi de payer l'édition tant qu'il y aura des ÉDITEURS.»
J'ai reçu 2 candidatures. C'est vrai qu'il faut du courage mais n'est ce pas en fin de compte un combat où les combattants sont bien vite prêts à passer à l'ennemi.
Un combat perdu d'avance.


Page 19

Sexe :

GRAND CONCOURS.

le PILON, la seule revue de poésie qui vous offre la possibilité de gagner quelque chose à la force de la mâchoire.

Age:

rayez les dents inutiles ou absentes. Entourez les prothèses.

Hachurez les dentiers.

Retournez-moi une photocopie.

C'est tout
.

.La plus belle dentition gagnera un abonnement d'un an poil aux dents, et l'édition d'un recueil au choix.

Le lauréat se verra remettre la dent d'OR du poète dans le hall de sa caisse primaire de Sécurité Sociale.

( Déplacement peu remboursé au tarif habituel. )

Page 20/21

Pierre Ziegelmeyer

NOBLE MEDITATION ~

JI est un lieu bien propre à la méditation, celui où l'on se voit obligé, à peu près chaque jour, de se retirer pour satisfaire à certaines fonctions, généralement qualifiées de basses sans doute parce qu'elles s'effectuent par des orifices situés assez loin de la tête, et que, ce faisant, l'homme se trouve accroupi, rapprochant les dits orifices du sol ... et la tête, par la même occasion.

                 Observation, méditation, voilà les dignes occupations
                 auxquelles on peut s'y livrer en toute quiétude : le ventre se libérant,
                 la tête peut se soulager.
                Alors j'ai observé, j'ai médité, quotidiennement.

J'ai pu constater que certains produits à peine chus dans la lu nette s'y faufilent selon une courbe élégante et disparaissent aussitôt dans le siphon. Ces ont/es moins nombreux, il faut le reconnaître. Et, encore faut-il qu'ils fassent le poids! car les bien formés mais trop légers ne parviennent pas jusqu'au fond et remontent vite se mêler aux flottants.

Ainsi voit-on les gens bien huilés, bien rôdés aux usages, traverser sans heurts et sans encombres une vie sans obstacles qui les mène sagement, après une courbe élégante comme une révérence, dans le grand trou siphonien de l'inconnu. D'autres, les plus nombreux, je l'ai presque dit, tombent comme des chiens fous, s'enfoncent, remontent et surnagent. Ils sont généralement plus grossiers , moins bien fuselés et ficelés. Ils s'accrochent à la surface, se déplacent en flottant selon des lignes tortueuses. Ils sont tenaces, rebelles, ils s'accrochent, et parfois une seule bombe chasseuse ne suffit pas à leur faire entendre raison.

Ainsi voit-on des êtres malgracieux, maladifs, inquiets, tenter de s'accrocher, de surnager, de survivre par tous les moyens. lls ne veulent rien savoir, impossible de leur faire entendre raison, on dirait qu'ils ont peur du trou noir, qu'ils le craignent, on se demande pourquoi. Ils sont incorrigibles.

                  Voilà ce que j'ai pu observer au long de mes longues méditations.
                  Et d'autres choses, aussi, des réflexions bien sûr, en grandes quantités,
                  mais qui n'ont pas leur place ici pour l'instant.


( Bangui, 16-12-69 )

Page 22

Dictionnaire Pilonesque.

Désopilon

Dérirédéridant comprimé en plaquette ou en bombe (à l'étude) pour déboucher le rictus des poètes à l'art-moelle larmoyant, au génie génocide, au stylo qui style bas, etc.

Jean-Benoit THIRION

Pilonécanthrope

Nom donné à la deuxième race de poètidés succédant aux pilonopithèques vers moins 500000. Dans la grotte du Lazaret prés de Nice, Lumley en trouva un magnifique exemplaire dont la mandibule est caractéristique du rythme du poètidé à cette époque de l'évolution, et l'encéphale, de la profondeur du sentiment poètidique.

Lucien W ASSELIN

Pilonasthme

Affection des voi(x)es respiratoires où la poésie est transpiration puis expiration des pieds qui la décomposent.

Pilonnade

Ruade très assaisonnée avec une pointe " d'aie". Ne pas confondre avec le coup de pied de l'âne.

Jean DERRAY


Page 23

 Conseils de la mère Pilon.

La couronne au laurier.

Pour réussir cet objet rare et très estimé, il faut se procurer des lauriers roses et frais. (ne pas les chercher dans les bois). Prévoir un gabarit adaptable à la tête de l'emploi et 14 essayages. Tresser brin par brin en commençant par un petit éloge. Attention à ne pas se piquer la langue, c'est presque toujours mortel. Réaliser le travail à allure régulière : trop vite c'est raté, trop lentement, " ON " s'impatiente. Choisir soigneusement le récipiendaire, un drôle de nom pour une tête à couronner.

Et si pour une raison ou une autre la couronne ne sied pas, vous pouvez toujours la mettre dans la sauce du ragoût ... C'est très bon.

Courges de Bourges

Acheter des courges de Bourges et un âne. Mais attention, il Y a courge et cours-je? Seul l'animal vous aidera à faire la différence. Disposer les légumes en cercle et dételer Aliboron.
S'il s'arrête toutes les 3 courges inscrivez 1 point, s'il les bouffe 10 points. S'il court autour, abattez-le c'est un marginal. S'il s'arrête brutalement en criant : « où cours-je? » elles ne sont pas de Bourges. Renvoyer la tête de l'âne à François BARILLET.


Page 24/25/26

 

Jean Lanselme

CROTTES DE " BIC "
( Petits trucs et machins choses )

PASSION

Lorsque tu ris Caroline
c'est tout à coup le Paradis
qui s'illumine
Lorsque tu ris Caroline
la chicorée reverdit
sur la colline .

•• •

VACANCES

Où faut-il donc aller
pour revenir hâlé ?
J'estime pour ma part
qu'le soleil faut s'en foutre
le meilleur des remèdes
c'est la plage à mazout,
Et grâce à ce bronzage
qui résiste et qui dure
je suis fier de mon corps
d'ébène à ordures .

•• •

JE NE PENSE QU'A ÇA

- Es-tu pour l'amélioration de l'habitat, Papa?
- Oui! opina Papa.

 

DES MOUTONSSES

Le ciel un jour était moutonnant
et le Tout-Puissant
recensait son troupeau
pour voir s'il n'en avait pas trop.
Or
à compter des moutons
on s'endort
c'est un truc bien connu
mais c'est pas chose à faire
les loups ce jour venu
envahirent la terre .

•••

LA CHANSON DU MAL AIME

Dis, Man
Dis, Man
Quand tu me traites de cornichon
Dis, Man
Dis, Man
Ai-je tant l'air d'un condiment?

•••

LA MORT DU PÊCHEUR

Quand on est pêcheur d'éponges
et qu'un chagrin d'amour vous ronge
faut pas t'avoir soupir profond
travaillant par vingt mètres de fond.
Si par malheur on a d'la peine
on risque fort d'avoir d'la gêne
car soupirer à cause qu'on aime
ça n'pardonne pas faute d'oxygène.



S.O.s. - o.s.

Quand on est gagne-petit
du côté d'Noisy-le-Grand
faut s'passer d'appétit
car on a peu d'argent.

•••

PRIX NOBEL

75

C'est pour se fendre la pipe
ou alors pour être vache
qu'au nom du père de la dynamite
on a bombardé champion de la paix
l'inventeur de la Bombe H !

Un militaire
c'est comme un imperméable
c'est nécessaire
mais détestable .

•••

MANIF

Quand on voit le panier à salade
ça commence à sentir le vinaigre
Mieux vaut fuir la chicorée
avant d'être bon comme la romaine.
On reçoit des marrons
quand il y a d'la châtaigne.

---- --- -- ------
 

Page 27


C. Q. F. D.

Les bandits volent et volent les oiseaux
les bandits sont de drôles d'oiseaux.


 

Dans le numéro 2 je lançais un appel à la solidarité du clan. Ce ne fut pas vain. J'ai reçu 1 coup de téléphone d'une secrétaire pédégesque me demandant un exemplaire, depuis MOTUS. Vous allez voir qu'il ne sera pas inutile de lancer un rappel. Voilà c'est fait, vite:

L'HUILE Lesieur C'EST LA MEILLEURE


J'ai l'assurance des nanüs de recevoir mes minis comptes d'auteur. tlFallait pas en parler,lI m'écr!i l'ami Chambelland ••• Mais si, mais si, ce n'est pas pour la somme, on peut être poète et avoir quand même des principes surtout quand un contrat vous promet 10% et chaque année au mois de mars l'arrêf des comptes. Mê me pour un seul bouquin vendu, en toute déontologie.

Je voudrais faire un numéro spécial sur le thème du PILON. Si l'objet, l'appareil ou l'idée vous inspirent participez.

Il  n'y a rien à gagner for l'honneur d'une insertion à flanc de pilon.

Démenti.

Hersant n'a pas racheté le PILON
.