LE PILON 6

SOMMAIRE : pages : 1édito 2/3Criel 4/5Vercey 6/7Bidart 7/8Millot 9/10Jégou 11dartoux 12/13Lavaur 14laroche 15Lavaur 16 17/18Merlot 19/20Nadaus 21/22Séébold 23piladages 24dictionnaire pilonesque 25fablexpress 26Conseils de la mère Pilon 27Wanted

revue trimestrielle de poésie


 

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n°28

page 1

A branches rompues.

On a beaucoup parlé poète au printemps, beaucoup. Publicité spectaculaire en utilisant les poètes pour faire des arbres et les enfants pour faire des poètes et les poètes pour faire ... quoi au vrai? Des recueils de poèmes dont pas un seul ne fut acheté pour donner aux enfants afin qu'ils sachent que la poésie c'est autre chose qu'une opération écolo-politico-publicitaire d' un jour.

Tenez, vous qui parlez ARBRE et CULTURE ... Rien qu'avec l'argent dépensé pour les invitations à l'inauguration de Pompidou's culture Hôtel le PILON aurait pu paraître 20 ans sur couché 120 grammes ... LUXE

Utiliser la poésie à des fins promotionnelles après l'avoir maintenue (et la maintenir encore) dans le grenier lambrissé des médias ... C'est vraiment faire feu de tous bois.
 

Et pour finir une pensée du poética-rustica: "Si tu veux que ton arbre bourgeonne ne le plante pas en avril"

 

page 2/3

Gaston CRIEL

 

Trumpet player's lament.

Trompette sombre
Trompette en tes appels de mort
que l'on bouche les yeux
que l'on change les airs
que l'on voit la gaieté
à ta gueule rutilante
et qu'un swing d'ivresse
pleurant en un grand rire
rappelle les beaux ciels
Où l'on chantait le nègre

 

Voie lactée.

Voix du sud croupe nonchaloir
oasis fièvre lascive
palme soleil
ardeur de poivre
porte le lait au ciel
du ciel en gourde
où boivent les étoiles.

 
page 4/5


Claude VERCEY

Echos du cheval vert.

( extraits )

Le cheval de bronze tendait l'échine vers une herbe imaginaire. Vert de désir, pensais-je. Ne pensais-je pas tellement égaré dans cette liberté gagnée par hasard, immobile sur le seuil du bar de la Bastille. Immobile, sur le trottoir étroit, au bord de la rue. Les passants, leurs flux contraires ne se contrariaient pas, se coulant l'un dans l'autre, me heurtaient, moi seul immobile. Immobile désordre.

(Je décidai de boire un nouveau café)

Ainsi réfugié. Aucun ne s'asseyait à cette heure, c'était le coup de beaujolais, jeté debout au zinc. Un coupable sans recours effondré à l'intérieur de lui déçu. Le corps abandonné, ville toute plage submergée. Les reins avachis sur la molesquine si bien que l'occiput semblait soutenir l'accoudoir hors-jeu.

Le cheval à nouveau flottait au-dessus des miroirs, carrosseries serrées. Abattez l'animal, et les trois platanes, qui gênent la prise de pouvoir absolue par la reine. Amer souvenir de guerre, souvenir de classe, celle qui trahit en 70. Nous oublierons l'épave.

(vous sortiez de la gare, suiviez l'avenue dite de la gare. En face la statue. Alors vous demandiez l'adresse griffonnée sur votre paquet de gitanes.)

page 6/7

Didier-Michel BIDART.

La nuit se dilue à l'entaille des gorges chaudes,
jusqu'au rire intégral. Les arbres sont soucieux,
s'épanchent avant l' heure, et se demande bien, qui
ce soir va y laisser sa peau?

Incandescente la braise d'un cigare
déchire la Pénombre
Il y a comme une lame blanche,
la nuit saigne, parfaite.

Le chat noir à la barbe des gouttières
rêve que son miroir
rêve à son tour qu'il est chat noir
et le miroir s'éveille :
La nuit doute du Chat,

Lu poteries transpirent, les sépias s'entremêlent.
les cafards permutent avec l'étain des ongles.
le paysage tire à sa fin.
ce soir, la nuit est tombée de haut.

Nous avons tant touché la nuit
Qu' en douze  éclats de rire
Nos ombres se sont lues

De nos étreintes folles
De nos bras étendus
Nos raisons chevauchèrent
Le démenti des aubes

.Aux métaphores du lit
- œdème de nos ventres -
Apparut un miroir
Dont les ailes étaient vierges.

Ils ont l' haleine dure les saxophones d'or
Les harpes sont en sueurs aux aines veloutées
            Je meurs d'un violon de plomb
            sur la femme couchée.

(1er mouvement du concerto de Aranjuers )



page 8/9

Christian MILLOT

Electricité.

Pavé de cristal sous mon visage
rêve d'électricité
trésor de mort
sur ma galaxie
ruissellement de tristesse
sur le plancher
tu te répands
tu te manges

           Œil embusqué qui se plisse

                 Ecrins qui me broient à l'insu de ta robe
                 cimes d'ombre
                 sur ma main
                 et toi je te parle

Astre de salive
dans
le cri
ronce gantée qui me crève
la lune régénère l'automate
tu viens
plume blanche sous ce ciel de miel

                 Querelle irradiée
                 Feu
                 Faillite d'or dans ma bouche



Le non-germe.·

Avant la nuit
avec la grâce
prend l'humain qui s'étrangle
depuis son enfance.
il s'accroche:
à la vie
il se suspend aux jours
et il est stupide;
car
il s'étranglera avec
son propre fœtus
                  fœtus
                  fœtus·

Le HASARD se prend pour un enfant
            qui se prend pour le HASARD.

 
page 9/10

Alain JÉGOU


 

 La tête à l'envers encore gonflée d'éphémères de présences aux formes-Corinthe sous la pupille la vague le scalpe doux des étoiles femelles refondues dans l'interpellation cambrée des corps des langues des lèvres des comètes des effluves des caresses des sexes échancrés aux lisières grouillantes de vie de toute défiance la trame du partage crépi de formes démonstratives de beauté qui s'ébroue le bleu indistinct vif et sans cesse renaissant de forêts moussantes de chairs humides et fraîches sous le galbe d'émoi prendre et reprendre qui broie les vertèbres de continence qui s'octroie le silence et l'allégresse des cuisses souriantes chavirés les vertiges de mâchefer et d'encens le cloaque des éponges les murs de vomi les zincs de terreur les galops d'angoisse et d'ennui étouffée l'aliénation des masques aux joues enflées comme des fesses d'écuyères au sortir d'un safari de langues suçant le moisi des cranes étripant la tempête chavirant les gueules figées chevauchant l'écriture flairant bon l'innocence des compagnes-brûlure les musiques de la nuit communiquent ces fièvres d'allégresse les  rues roides bousculées oubliées d'où suinte la détresse nuit-spasmes au torse d'hémisphères buissons rivés aux poulies des cœurs contraintes vite cicatrisées franchis les feux de canines la vermine des gestes millimétrés le sang de braises profondément l'écharde solitaire des os la bave des yeux épluchés défini l'intérieur du visage le lobe des désirs d'où te nomme sans fin avec les rires d'amadou sans cesse le bris d'instances des marées immédiat indicible chant des salives puis plus rien le silence des crocs ...

«ENFOUI» roman inédit, (extrait)

Jeu l' offense
de toutes ses forces la parole
échantillon de ciel dans le gémir des langues
et python de galets autour des lèvres
une romance et des meurtres autour
étendue de voix sacrifiées
pour les tenants de givre et perruques lustrées
texte en disant rapaces et plaies
aux tisons de légende
échauffourée des yeux

page 11

Jacques-Louis DARTOUX


Le chemin lourd
L'espace retrouvé
L'heure précise de la confrontation
Sous un ciel d'octobre
Dans la plénitude du couchant

 
Brève escorte des jours
Des siécles de douleur sur les mains
La montée indécise
Quelques cris lancés dans l'altitude
Le rocher à sa juste place

Provisoire

Le miel d'un beau silence
Des pas pressés
La rose noire
Toujours le gel des paupières
L'ombre du sourire
Dans la chambre de minuit
Dans la chambre de midi
Sans fenêtre sur l'au-delà
Mais à l'appel du sang

page 12/13

Michel-François LAVAUR

Comme un scythe égorgé sur sa monture morte, pour la parade de cadavres maintenus en alerte par une armature de liens
et de poils, en une frise épouvantable de cavaliers piégés dans une garde à jamais sédentaire autour de la dépouille de leur
chef nomade sous l'amas de cailloux et de terre au secret d'un kourgane des steppes, tertre du périssable sur la plaine de vivre
au ras de l'éphémère, sous le tumulus de l'histoire débris d'anonymes, je de mots; poussière

 

Le gros livre de Serge Brindeau ( poésie contemporaine de la langue française depuis 1945) n'est pas aussi complet que je l'aurais
souhaité en ce qui concerne les poètes du pays nantais, et plus particulièrement ceux que je publie à TRACES depuis trois demi-
décennies. Que le Pilon me permette de les faire un peu mieux connaître, voilà peut-être qui évitera de tels oublis (Laroche, Lebeau,
Lelubre, Prin, Serreau, Thomas-Charles etc.) dans une réédition ou un autre ouvrage du même genre. Voici donc Jean Laroche.

page 14

Jean Laroche

Le poème de Jean Laroche est un végétal serein. Fleur de serre, quelque simple des prés, voire un lichen, éclos à l'heure juste. Il  fleurit aussi bien au néon des avenues que parmi  les décombres.

toujours le même
insecte crie

L'HERBE  -A - POEMES L'HERBE -.A- POEMES

Apparemment  étranger à notre monde je dis  « apparemment » car trois vers soudain parmi la mélodie

quelqu'un tombe dans les lilas
en criant NON
criblé d'édats

ou l'attaque d'un distique

le fils dormant demande à voix basse
pourquoi l'espace  et les malheurs si grands

démentent ce que laisse un survol hâtif de ce monde ! sur lequel d'autres auteurs tentent d'agir. Il est, Mais si la fleur dépérit. son temps échu. le poème de Laroche revit et palpite dès qu'un regard l'effleure. qu'une voix le prolonge,

Ne vous y trompez pas. cette poésie est nourrie de vie et les morts l'épaulent.

'c'est une route ou vont les morts
c'est une colline méchante
c'est Dieu debout comme un remords
c'est le jour et la nuit qui mentent

et si le sang paraît figé sous le glacis. s'il ne gicle puas sous le fer, s'il  ne macule pas un gilet d'otage, . il circule comme aux veines d'une chair assoupie,il est.

Jean LAROCHE

LA MUSIQUE EST AVEUGLE

le matin bat son blé
faces mortelles sous les platanes
hier aujourd'hui
le même petit nuage de pluie
tourne au-dessus des maisons

et Socrate va boire le poison
verte ,·verte '·verte ciguë
devant quoi soudain pâlit
le bleu regard ami

un ange passe
à peine le temps de rire
de la minuscule cloche matinale

à peine le temps de s'y blottir
Aux commissures de la bouche
dort une belle coulée de moisissure

feuillage
Curieusement brassés

que de vies mais que de vies
sur la paille

page 15

Michel-François LAVAUR
 

La huppe : petit élément pour un bestiaire : argos
 

Un panache de feuilles
qu'un petit vent lutine
me fait musique vague
et son écureuil d'ombre
escalade l'écorce
sur le tronc de l'ormeau

La huppe happe et hume
à petites goulées
l'air doux et savoureux
et longuement le code

je comprends à peine
mais je mets en réserve
pour les temps de détresse
un peu de cette
sérénité

page 16

POÈTES ARTISANS

Il me semble nécessaire que les poètes-artisans, c'est à dire ceux qui font et communiquent leur POÉSIE en supprimant les intermédiaires - imprimeur, diffuseur, libraire qui ne vend rien - se rencontrent et s'organisent pour une action concertée efficace leur permettant de revendiquer une place originale dans la société littéraire (et dans l'autre).
En dehors des exclusives poétiques qui ont toujours minés les rapports des poètes, écrire, corriger, imprimer, mettre en page, diffuser, c'est autre chose.
C'est refuser la castration pour raisons économiques, ne plus être à la solde, à la mendicité, pieds et poings liés devant tous les terrorismes de l'esprit, de la culture, et de l'intellectualisme triomphant.
C'est DEVENIR POÈTE en donnant à la création un environnement manuel source de modestie et d'invention, de liberté et de recherches, d'achèvement et de rigueur, de fantaisie et d'amitiés.
C'est respecter l'accord écrit-pensée au-delà du hasard des rencontres, refuser le marchandage, vivre au petit nombre plutôt qu'à la chaîne, communiquer directement en poésie multiple à fleur de casse.

A suivre si les poètes le veulent..

page 17/18

Hervé MERLOT

Un pingouin sur le macadam. (extraits)

Un bébé dans le réfrigérateur pour rassurer papa-maman quand arrivent en inspection chez fifille et son jules un mec barbu chômeur taciturne et tranquille (!) poète pété aux mots aux mics-macs de l'intellect drôle de bobine HEIN mais b.b. est là qui console dans son frigo au froid maxi afin qu'il se conserve bien le cher petit ange témoin de la fornication de la chair de notre chair avec la viande de ce mammifère velu onces de poils sur onces d'os sans costard ni cravate nu (brrr) ça doit être dégoûtant quand je pense que ça copule ça m'écœure une queue pendante qu'il bande et fourre dans ... ô mon Dieu je n'ose y croire heureusement il y a du miel et des gâteaux secs à tremper dans le thé au lait chez fifille qui vit à la colle avec un mac à mots

........................

Méduse stoïque sur les quais trempés des humeurs d'orage électricité à vif sur le corps de MARA heures aiguës des aisselles joue l'ingénue pour épousseter les scories de la marée parfois pousse jusqu'au dancing et allume un vieux beau renard gris de fin de semaine couchée sur papier journal: ahane sous un docker rubicond puis de sa voix occasionnellement flattée c'était bon chéri se remet d'aplomb sourit et trotte à nouveau vers le port d'attache comme dit-elle ironiquement un pingouin sur le macadam

Nantes - Novembre 76


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Roland NADAUS

Extraits de la petite génèse

1 - Et ce jour-là, Dieu-le-verbe prit de la fine poudre d'argile qu'on nommait kaolin, et il fit un homme blanc et il vit que cela était bon.

2 - Alors Dieu dit : «Faisons un homme noir à l'image du blanc selon sa ressemblance, afin qu'il soit son frère d'ombre»

3 -  et Dieu prit une poignée de tourbe et Dieu, fit comme il avait dit, et il vit que c'était bon.

4 -  Dieu dit :« il n'est pas sain que ces deux-là. soient seuls, je veux leur faire un autre frère de couleur afin qu'ils apprennent à me (connaître sous toutes mes formes et apparences»

5 -  et il façonna une motte de lœss qu'il prit sur les bords du fleuve Jaune, et il lui insuffla dans ses narines nue haleine de vie, et il vit que cela était bon.

6 -  Alors Dieu fit tomber une torpeur sur Ses trois créatures et, pour leur faire nue bonne surprise à leur réveil, il décida de leur donner un quatrième frère de couleur rouge

7 -  et il prit un peu de marne en ses mains d'où naquit l'indien, et Dieu vit que cela aussi était bon.

8 -  A leur réveil, les quatre frères commencèrent de se chamailler et Dieu, en sa bonté, décida de leur offrir un autre être encore, afin qu'ils puissent apaiser sur lui leurs colères

9 -  et faisant un mélange des restes de kaolin, de tourbe, de lœss et de marne, il créa le juif et vit que cela était bon

10 -  car les quatre frères ne se disputaient plus entre eux mais passaient fraternellement leur éternité à bâtir des pièges et à inventer des tortures pour que le juif y succombe

11 -  alors Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et voici qu'il décida de chômer un peu et il s'endormit; et il vit que cela aussi était très bon.

12 -  A son réveil, Dieu dit : «mon œuvre sent la merde : l' homme aurait donc été capable d'inventer quelque chose tout seul?» et c'était vrai : ses cinq créatures avaient tant et tant déféqué, pendant son sommeil, que le paradis n'était plus qu' une immense latrine.

13 -  Alors Dieu prit en ses mains toute cette merde humaine et il en modela le poète; et il vit que c'était bon, que c'était même le meilleur parce que, enfin, la matière allait redevenir VERBE •.•


page 21/22

Éric Séébold

 

Journal dérisoire à lire en plusieurs jours.,

Aujourd'hui, j'ai senti sous mon index gauche quatre poils frémir en haut de mon maxillaire

Ce fait me semble important à noter comme étant le fait de la journée.

Aujourd'hui je me suis rendu compte qu'essayer d' introduire le merveilleux dans la vie quotidienne était dérisoire

Fatigue - Dépôt de bilan.

Aujourd'hui, j'ai craché une huître verte au-dessus, des W.C. par un tout bête mouvement alternatif.ma chaîne a intercepté le susnommé gluant

J'ai eu un moment de dégoût et les doigts collants ..


Aujourd'hui pendant quelques minutes, j'ai été plat, réceptif à tout sans interprétation sans action de retour
j'ai été appareil photo, regard œil emmagasinant sans liaison cérébrale.           Etat d'indifférence pure
                         FIN DE L'ANGOISSE.

Aujourd'hui je n'ai eu envie de ma femme que six fois et seulement de trois autres femmes

Damned je vieillis.

Aujourd'hui j'ai eu une défécation très belle -grasse pesante teinte uniforme- très belle HEIN? ..

- Gigot d'agneau camembert vin rouge tout simplement.

 

page 23

Claude ALBARÈDE

piladages.

           condamné
Tout                    à vie
           con/damné
aura la tête retranchée

Si les jours sont ouvrables
ouvrons-les

Il faut chasser le poète de la cécité     (TAPLON)

la poésie est la seule femme
qui voudrait bien perdre la ligne

C'est en lisant
qu'on devient liseron

 

Page 24

Dictionnaire Pilonesque

pilon-sébacée.

Se dit de la glande qui, chez l'homme, est responsable de la sécrétion d'une substance blanchâtre dite foutrésie. Associée à la glande pilonéale elle peut, chez certains, secréter une substance dérivée de la précédente dite alors foutrésie érotique.

pilonnerie.

ce que j'écris. (voir au dessus).

                                              Lucien WASSELlN.·

pilonnure.

Parasite pathogène infectant un texte tel l'oxyure dans' les fèces ou le gonocoque dans l'urine.
Le microscope n'est pas nécessaire pour établir le diagnostic. Il  s'agit bien de la ...

pilonnurie

Affection gravissime et chronique en général (ou en bidasse ).
La principale caractéristique de cette maladie pernicieuse se manifeste par le fait que le patient ne se rend pas compte qu'il pisse du «RASOIR».

                                                Jean DERRAY.

page 25


 fablexpress

Dans les grasses prairies de la littérature
Les vaches lentement se bourraient de colchiques
-Dixit Apollinaire- et lentement moururent
( Du poète la vache étant l'image unique )
Pourtant l'une d'entre elles à la longue mamelle
Tint le coup s'empiffra digéra prospéra
Bouffa l'herbe vénale et en redemanda
Devenant du Rêveur la revanche éternelle.

MORALITÉ : elle avait le PIS LONG
                                     ALBARÈDE

PIS LONG ( avoir le )

Surtout si l'on a déjà le bras long, jusqu'où ne va-t-on pas pouvoir frapper
 - c'est à dire faire jaillir le lait de la science confuse
                                    Pierre ZIEGELMEYER.

Page 26




Conseils de la mère pilon.

L'hémistiche en daube.

Prendre l'intégrale des œuvres de RACINE ou de quelque autre gastronome classique réputé. Chercher les alexandrins, les couper en 2, ne pas rire, le daubage  commence plus tard. Insérer un os à moelle par page (toutes les 3 pages si vous voulez moins dauber ), plongez le tout dans la saumure relevée d'une pointe de fiel et portez-le à votre prof de français (ou à un poète n'ayant pas encore réussi à sortir du XVII eme). Puis DAUBEZ- vous à toute vitesse, il y a des risques ... Les OS.

La bûche.

Une exclusivité mère PILON qui étonnera vos amis. Procurez vous un escabeau ou une échelle. Sciez prêt à rompre le douzième barreau. Organisez le 24 décembre un petit raout poétique comme nos hameaux en béton ne savent plus. Louer un comédien (ça se trouve Dieu le soit aussi ). Faites lui dire un vers par barreau en commençant au premier coup de minuit. Aux douzièmes, vers, coup et barreaux, vous devriez être prêt à déguster une belle bûche poétique de Noël.


page 27


Un cordial dernier et amical salut du PILON à jacques Prévert, disparu aussi discrètement qu'il a vécu C'est à dire seulement entouré d'amis.

Épuré vif pour le plaisir du sang.

Une revue imprimée comme le PILON a vu la nuit à Lyon: VERSO Claude  SEYVE 4 rue Rongier 69370 St Didier au Mt d'Or. (aidé par Alain WEXLER)

Humour technicolor cherche embrun blanc sur plage du  nord (3 fois).

Heureusement que j'avais donné 6 ans pour répondre à mon appel d'offre.

Si les vignettes du PILON vous tentent vos  cartes de visite PILON.
                                      50F les 100 + frais d'expédition.
+
Pensez à vous réabonner tout de suite .. .les bonnes choses s'oublient tellement vite.

Toujours joyeusement aidé par Michelle BLOCH qui progresse à vue dans le maniement du caractère.