LE PILON 8

Jean Pierre Lesieur / pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28

revue trimestrielle de poésie


 

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PARFOIS.,.              le poème


Déjà (ou seulement) le numéro 8 du PILON. Parution régulière. Toujours imprimé. Budget réduit (difficiles les réabonnements). Et des aides ponctuelles: Michelle BLOCH, François TOULET MORLANNE, Jean CHATARD, à la composition ce qui permet de rassembler et discuter en occupant utilement les doigts.
Il y a dans ces pages 3 poètes qui n'ont pas 20 ans, c'est aussi le rôle d'une petite revue de faire découvrir.
En dernière page un «manifeste» qui peut être un point  de convergence ou de divergence pour plus ample active. réflexion.
Et de la poésie, en vrac, sans unité autre que mon choix «sur le terrain» au fur et à mesure que se tirent les pages. Uni(formi)tè, n'est ce pas de là que naquit un jour l'ennui?
Pas de LIGNE, l'artisan n'est pas un doctrinaire, il fabrique, aime et s'amuse, amoureux du travail bien fait.
Le PILON c'est mon morceau de loisirs, poète du dimanche et des jours fériés, pas professionnel... et pour cause.

 Jacques DAR TOUX , résidence chènevières,"95220 HERBLAY, rendra régulièrement compte des livres qu'il a aimés, de plus tous les 6 mois je signalerai dans les documents les livres reçus. Si cela::vous intéresse, à votre service.
Je signalerai les revues également dans le dernier numéro HIVER de chaque année, plutôt pour en faire un bilan.


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François TOULET-MORLANE

ALEXANDRE

                                                  1 acte

Raconte moi
Raconte moi les silences verts

Il fait beau et chaud. Les bancs sont écrasés par le soleil de midi. Les locomotives sont en voyage. Les gares poussiéreuses. Les portes vitrées claquent. La pendule sommeille. La salle d'attente attend. Les marronniers sont verts. Les cahiers d'école sont jetés sur le chemin marron.
Les marronniers sont verts. Les cahiers d'écoliers noircis de vie à grands carreaux à marge rose sont jetés sur le chemin marron. La route goudronnée résonne dans les chaussures. La fontaine de granit est jaunie de vie sans eau. Au fond du bassin le corset d'une mouche.

Alors tuez la mouche! nous devions tuer la mouche. Voilà bien le sort terrible de Ia guerre. Elle ne viendra pas elle ne viendra plus j'en ai le pressentiment aussi obscur que ce jour qui s'enfuit,
Elle viendra. elle ne peut que venir, Le vol des oiseaux est de bon augure, l'armée est couverte de miel. Patientez en regardant le bout de vos doigts couverts d'ongles la craie de votre sexe les seins de votre cuirasse en touchant le nombril de vos enfants.


                                                   2  acte

La mouche est posée sur un cuivre!
Frappez sur sa couleur!
Le sang de la mouche tache l'hélicon.
Son cerveau ne bat presque plus! elle souffre
Vous nous ennuyez, n'y pensez plus, cela passera, tout passe
il faut savoir souffrir.

                                                  3 acte

La plage parait perdue, les ombres grandes et mystérieuses, les vagues secouent des pianos verts et bleus. La plage est nue. Le costume d'Alexandre est trempé d'embruns.
Il pleut.                                                                                          Le bruit de la pluie ................

Alors il plie les genoux, prend sa valise marche vers
la mer. Ses chaussures scarabées pénètrent dans l'écume, puis
le pli de son pantalon noir.                                                            L'eau monte.



Page 3

Il y a quelques poètes qui de temps en temps m'encouragent d'une bonne parole et ( ou ) d'un abonnement Une centaine de spécialistes: en PILONNERIES tous terrains.

Tirage 360 exemplaires. Diffusion régulière 260. C'est pas la poésie des masses immédiates.

Pourquoi faites-vous une revue de poésie? Je serai curieux de connaitre les motivations de ceux qui ont sur les bras une publication dont la rentabilité est plus que négative ...

Moi ... c'est pour entrer à l'académie française.

L'avantage de faire une revue c'est qu'on peut recevoir les autres en S.P. Enfin pas toutes: Argile, Action poétique, Nouveau commerce, Europe, Cahiers de l'Herne,, Marginale, Odradek, Phantomas,. ne me renvoient pas l'ascenseur. On ne se mêle pas au petit peuple pilonné les. gars.

La caisse dite nationale des leUres m'a refusé une sub.· vention sans aucune explication. Ou on distribue l'argent des citoyens à tout le monde ou à personne. Critères le' PILON n'a pas une gueule de critères.


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Guy ALLIX

NOTES POUR UNE CONFESSION ... extraits

Ils parlent de la mort comme d'une chose naturelle.
Les amis partent, les amis ne reviennent pas.

Ils écoutent 1'heure, ils regardent le temps qu'il fait.
Ils parlent de celui qui était vivant hier.
On repasse sa vieille peau et c'est sans lendemain.

Midi et les gens seuls redescendaient vers leurs chimères comme la veille, midi on nourrissait le silence ...
                                                                           ... Un peu de mots comme du sel

                                LA LOUVE S'EST ÉGARÉE
Nous souffrons, nous avons trop de mots ou pas assez.

                                                          Pourtant tout cela finira par de la terre


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Jehan VAN LANGHENHOVEN

LE GRAND JE

                         1

" Je jouis la grande pyramide
cet hiver saxophone cordial »

je jouis le ventre de ma mie
son pubis s'élève à coups de morts d'hommes
base trapue sommet d'un élan de cristal
en ses cuisses joufflues les eaux limoneuses
d'un Nil peu soucieux de la géographie
et ses cuisses circonflexes
le canal Saint-Martin
et sur le ventre de ses noyés un chapeau-claque
une madame loyale : veuve-poignet
guillotine rudimentaire
poignard ensoleillé
Je jouis le grand totem
le grand sacré salé
l'algue perverse
le long jazz des amitiés troubles
le gibet superbe encordant jusqu'à son ombre
 

                                 2

Je fus un enfant bleu
fardé d'outre-mer
K.O. avant de pénétrer sur le ring
avant d'enjamber les cordes d'algue
et de lichen
un iguane me servit de berceau

Je fus un enfant bleu
privilégiant le fard océanique
de gris plomb et de vert inquiet
je me maquillais

et par une lame de fond où je me laissais entraîner
né bébé fou
en la rue Doudeauville
Je fus le géniteur d'une peau rouge
la mère était une squaw du nom de
«cours la nuit les ruelles sombres»
Je fus enfant bleu
fardé d'outrance
mes préalables n'y virent que du feu quand'
torchères en mains je vins .
cahotant bien avant de pénétrer le ring
bien après avoir enjambé les cordes d'écume
et d'embrun
qui déliquescentes pendaient à mon manche
une chauve-souris me servira de tombeau
                   entraîneuse
                   en robe de lamé
                   un vol de goéland sur son crâne
                  dégarni

                                      3

VIOLONEUX QUITTANT SON VIVIER. JE préambule
DÉAMBULANT NOUEUX ET PLURIEL ET PLEURANT
VINEUX .AUX GRAPPES DE LA NUIT JE, soussigné
JE, SOMNAMBULE ÉCORCHÉ- VIF MORT DEBOUT dehors

                           N'AVOIRJAMAISN'ÊTREPASPLUS

Page 8

Robert PICCAMIGLIO.

RAUQUE

Décor ourlet
de demander
la main
à vif

     Des portières
     des cortèges
     des rauques

                Et feutre
                de la voix
                en marge
                de l'attente

Silence
ses exténués

    Ses reins
   dedans
   dessus

En dehors
des parkings

                          Télévisés
                          dans les ventres
                          extensibles
                          comme les grues
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Claude ALBARÈDE

VERT

Tirez les vertiges se brisent
- et les idées
Nous avons aveuglé le vert en lui
crevant le rouge
alors de la fissure d'un visage
on a tiré par amour
et les dieux ont grandi
Tirez dans le vitrail sur l'aveugle qui
porte                 la lumière
Tirez dans l'éclaircie calée par ses
prophètes                    TIREZ
et les noyaux sauteront par amour

ON TIRE TOUJOURS PAR AMOUR.

 

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Odile VIÉ DAVID

Saltimbanque du plaisir
Maraudeur
Pour gaspiller l'extase
Et jaillir
Seul
NU
Dans ma béatitude.

Les roses éclatées
Accueillent
La pluie chaude
Sous l'œil des coloquintes
Aux rondeurs impudiques

Assis sur la pelouse
Janus politicien
coiffé d'un               CHAMPIGNON

page 11

Christine DELCOURT
 

COMMUNIQUÉS DADAS DES POÈTES EN LUTTE

DÉFENSE D/IMAGINATION ... Bâtir d'un coup de révolver sa violence qu' «ils» rentrouvrent et prennent MORTE
Un homme ÉTRANGER a offert des échanges : le cadavre gratuit POUR la soif de la terre A VENDRE!
L'AUTRE s'accélère!
MARX s'embellit d'une VICTOIRE dans la CHUTE il a rejoint dans l'euphorie LA CARAVELLE A ÉCRIRE

LA VIOLENCE

La Violence
Est un mur lacéré
"Par des ongles de craie

La Violence
Est la douceur des doigts
Qui étranglent une voix

La Violence
fut le plaisir crié
D'un amour griffé

La Violence
Est le Verbe du Silence

page 12/13

Jean PIÉRARD GEORGES
 

Les moteurs irrités à deux pas de l'automne animal inversé à l'amertume plus grande que le geste la bouche serrée sur le maigre fusil la langue essuie les traces de freinage sur le genou dérobé c'est un homme qui aboie et recrache son morceau de ciel un instant l'os demeure indécis au seuil de l'infection la mer s'engouffre dans une limousine puis plus rien que l'écho du mort répercuté par les vélos bouillis

femmes laquées aux mamelles giratoires les pilotes raidis heurtent les danseuses luisantes de fuel geysers de magazines impossible de maîtriser les graffitis les gencives recouvrent les avirons nous suivons le sillage laissé par la douleur la mer jonchée de paupières de pylônes sectionnés fuselage de l'hôtesse lettres froides sutures du câble les passagers jaillissent du mégaphone les vieillards couverts de pigeons s'accumulent autour du trou d'air le mufle de la moto palpite sous ma chemise

visage désaffecté ses mains serrent le cou des câbles reprisent les souvenirs usés cités antiques dortoirs les cris amarrés au mur de l'usine sur le pneu l'empreinte de l'oiseau boucané déclic de l'œil l'autobus cabré à la hauteur de Guy Laroche esquive l'étrave du trade-center chancre ville clichés de choc le baiser béant de Nina Ricci enfin éblouis d'entrejambes on s'enfermera dans les arbres les fesses couvertes de mousse les doigts encore gluants du sang des horloges

Page 14

Alain JÉGOU

Mouche tourne ronde éphémère entre les brisants du carcéral apathie tendre le silence couché vaincu lèvres pour sourire entre les fesses aphteuses du désespoir

chaque fois que tout disparait c'est ainsi le spectacle et l'urine froide de l'espace meurtri
fixant nous-mêmes l'injection risquée du crépuscule sous les tiroirs d'yeux

sueur vermoulue dans la paume de l'horizon

notre ciel soudain infirme et froid du regard

adolescents de vomi suçant les poignards de bouches et de chaleur qu'ils n'écartent de tout

ÉBLOUIS

adolescents dont trop de gerçures dissimulent le cœur
je suis cet adolescent au sourire de cercueil-pâte

moi-même de corps et d'esprit né froid vaincu à la vie

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Jacques-Louis DARTOUX

 

Les cris vers le ciel dénoué
Les mains cherchant ici
Comme si la terre savait
Dans l'ombre vétuste des murs
Et l'appel du matin
Et le vent absolu
Il fallait voir
Loin des prairies
Quand montait l'espoir
Buée aux yeux

VACANCE

Des lignes
Des pierres
Un silence
L'ouvrage secret
L'enfer des minutes
La lumière quelquefois
Des matins aigres
Ton regard
La main belle
Les absents

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Stéphane MAHIEU

• oxyde de sylphide, carbonate d'éphèbe ..

j'étais déjà très affaibli par la course Panaméricaine. Je devais encore marquer trois buts et courir le 100 mètres en 10". Enfin je pourrais abattre mes 4 as et étonner mon adversaire qui trichait assez mal.
           4 WHISKIES.
           J'étais en forme et ne me souvenais même pas du passager que je devais déposer avant l'émeute. Je fonçais à toute allure et après avoir abattu mes meilleures cartes, je me mis en selle pour gagner le prix de l'arc de triomphe. Ma participation n'était qu'un prétexte pour blesser à la main la très jeune femme du président qui devait me remettre la coupe ...
            De toutes façons je pensais être gracié vu le service que j'avais, naguère, rendu au comité de propagande en renversant par mégarde, la statue du Basileüs. Celle-là même que les membres du parti hésitaient toujours à reléguer dans les caves du restaurant.

                                                                                                            visages. Tristesse de l'héraldique.

damoiselles d'accents. s'endorment de ménestrels

Sur des calèches abandonnées dans les terrains vagues. Je peins en grand mes armoiries de neige.
( heureusement, j'avais appris à tirer dans mon enfance, et je pus sans difficultés abattre l'homme menaçant qui s'était approché de moi).
Je pus terminer mon travail et traverser le Rhum à la nage.
Quelqu'un m'envoya des cartes postales pour me dire que j'étais brûlé,
je les jetai au feu
et continuai de recopier les plans du bureau politique de la fédération socialiste des pêcheurs à la ligne (diurne)
la fraction dissidente, dite « nocturne », ayant disparu lors d' une mission dans le désert de Gobi.
On me marqua au fer rouge avant de m'envoyer conduire un char aux environs d'une ville nouvelle. A tout hasard, j'avais préparé des cocktails et pus ainsi facilement incendier la première jeep qui tenta d'entrer dans la ville
Nous étions encerclés, mais selon la méthode que m'avait enseignée un illustre joueur de poker, je pus sortir de ma manche avec discrétion un as de pique, et gagnai la partie.
                                                                                     

                                                                                                           Je pouvais enfin quitter la salle et me coucher dans la nacre du vent.

page 18

Pierre AUTIN-GRENIER

Je m'endormais toujours dans leur sinistre dortoir-prison un mouchoir sous l'oreiller de mon maigre lit monoplace assez semblable à ces lits d'hôpitaux où vont crever de jeunes tuberculeux là-bas prévoyant les possibles masturbations spontanées FAIRE FACE! Au petit matin du mouchoir je cirais mes godasses Non la vie n'était pas triste ma chère môman nous apprenions nos leçons priions dieu quelque Cher Frère se faisait tailler une pipe de temps en temps par un petit 8éme il faut bien l'avouer nous tenait surtout l'espoir de nous évader et partir en cavale pour toujours ITE MISSA EST AD VITAM AETERNAM AMEN!
Aujourd'hui je ne bois plus ne prie plus ne jure même pas. N' ai gardé de Dieu qu'une image un peu kitsch de première communion et pour la Foi m'en suis remis aux hommes et à leur vacherie habituelle Ainsi je ne perds plus ma vie à gagner mon ciel ni même à gagner ma vie Lentement j'oublie / j'écris / j' oublie) d'une main morte je dis les terres froides où désormais plus uns des miens ne dormira. Voilà j'ai déserté la vie glauque et ses marais bordés d'ajoncs pourris rejoint à tout jamais l'Entre-deux des rêves obscurs où l'Utopie est ma nouvelle maîtresse
                                                                         FUCK LI FE

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François DE CORNIÈRE

Voyant bleu du tableau de bord. la nuit. les arbres passent. c'est l'hiver. il a fallu mettre le chauffage. l' air chaud qui l'engourdit. essuyer la buée. voitures. trou noir. et la route qui repart. comme il y a longtemps. avec mon grand-père. nous revenons de la chasse. un renard dans les phares. impossible de freiner. comme un rêve qui revient. impossible de freiner. je roule vers mes poèmes. des images tombent des arbres. je dors sur la banquette arrière. mon père est au volant. ma mère à côté. si loin. les premiers lampadaires. les stations qui sommeillent. un pompiste dort sur son bureau. la radio est restée allumée. feux clignotants. une place sur le parking. je monte les deux étages. et comme j'ouvre la porte je découvre le temps.

 

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André MIGUEL.

Mille midis, tête palpée, criblée de petites oranges de feu doux. Tommy imite l'accordéon du pauvre. Un soleil de crins frotte la chevelure. Les poux sur l'ardoise courent, craquent sous l'ongle. Ravissement des doigts. Instants salivés. Cheveu tiré, levé, lentes cueillies.

Barque de mousse. horloge de feutre, l'aïeule ouvre l'armoire. Le chien-rainette ouvre les veines du bilboquet. Fraicheurs oblongues, le houblon monte dans la narine. Le piano rend un son de libellule. L'averse poursuit le lézard au bout .du paysage. Les poux roses, bleus, dorés recouvrent l'arbre gros comme un sabot.

Dimanche et le temple de mannequins grincent. J'habite le ventre de l'harmonium, dit Jeanne sévère. Dormeurs funambules, loges aux yeux de cigales le temps avale les pavés gris.

Poux ailés, poux somptueux à jupe de soie, poux flutistes, poux à collant roux, placés un à un sur l'échiquier. Poux mités, poux clavecinés, poux dodelinants, poux chamelisés, poux de fable-étable, poux blanc-bleu, beurrés de frais. L'orthographe est brisée. Une poignée de hannetons tombent sur le tilleul. La naine maison du chemin de boignée démasque la chèvre, cachée derrière le poêle-crapaud.

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Pierre COLIN

LETTRE

OUVERTE

à dieu l'poèt'

Merde merde merde merde merde Zai misqu'une heure à lire ta dernière merde. Ça c'est du constypé. Con con con con con. Jacoute un sarangi qu'ça me chiale dans les roupett' du calçon de grisaille de ptit bout de caca de fin de vie qui grison'aïe un dimanche de mouille-qui-peut la fin des couilles ... Mazouille quel caca! cacouille! cui-cui! couilles! les ptits oïzeaux d'mes couilles ... Tout tient dans la façon de produire ta ptite sécrétion limitrophe entre l'enfer et l'paradis. Pleure pas! c'est demain le bel azur tout bleu dans le spermaman d'autrefois ... Chial'pas putain de vie qui décroch' alors qu'on fait zizi cett' chou ett zuzique à tourn' les sangs ce sarangui! Za goûte au caca de sang mille fois la tit' goutt' d'éternicacouill' au bout dla nuit-blanchecon qui gratte dans l'ventre-à-terre-enterre-tir'toi-chial' pas tout tient en terre
                                                                                                                   Et TOI .... TOI /

 

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Anne BERDUCAT

27 Mai mille neuf sans toi

JULIETTE

Le vide qui résonne côté cour deuxième à gauche
derrière les trois pots de géraniums cette morsure au creux d'une fenêtre bleue
il n'y a Pourtant rien à pleurer au mensonge
Un grand nénuphar qui sert de péniche à une mouche mutilée

dans une lessiveuse coule immobile
tandis qu'un .adolescent se jette du je t'aime étage
sur les pavés verts      verts à l'ombre de la cour
Vincent sourit
Je ne voudrais pas que tu me voies t'aimer ces soirs

où à l'ombre d'une bougie je dis ton nom
il n'y aura jamais plus que Vincent
Vincent qui n'existe pas
Juliette tu ne répondras pas

                                               Signé: ARTÉMISE



17 Janvier mille neuf sans fraises

JULIETTE

Il pleut                                                                   il pleut tant et plus
                                    aujourd'hui j'ai peur

             une morgue de barbarie
                                           dans un tiroir tous les papillons de mon Père

papillons gravés                     ils engendrent un souffle moite qui se colle
                               aux tempes comme de petites larves humides
il pleut                                les persiennes sont tirées
                                      l'ombre de la pluie
le salon sous son grand Piano
                   Juliette j'attends
            mon ombre pendue à l'arbre jaune de la tenture
                                 et là-bas le guéridon au creux du téléphone

mais tu n'appelleras pas
                                                      il pleut encore

                                                   Signé: ARTÉMISE

Page 24



Lucien WASSELIN

Le dictionnaire pilonesque, pour être un vrai dictionnaire, se doit d'avoir - en plus de la partie langue - une partie "Arts, lettres, sciences"  et une partie  "Locutions latines et étrangères" autrement .dit une partie encyclopédique et quelques pages roses ...
 

PILONCE-PATTE
Poète romain (sous Tibère ). Lors des jeux floraux de Jérusalem en 33 a fui ses responsabilités, alors qu'il était membre du jury, en prononçant ce vers qui a franchi les siècles: «je m'en lave les pieds.»

PIE LONG

(Giovanni Lefevri) Pape intégriste; est à l'origine de la messe dite en alexandrins.

PILONO, ERGO SUM

(je pilonne donc je suis) :Devise de certains «grands» éditeurs français en matière de poésie.

PILONEA JACTA EST

( le pilon en est jeté ) ; Paroles que prononce tout poète se préparant à publier son premier recueil.

Page 25


CONSEILS DE LA MÈRE PILON

Le fric à la mode subvention.

Prendre une belle plume, la tailler, pomponner, effiler, souder, puis la tremper dans une encre bon marché. Écrire une lettre bien tournée, la lécher l'enfourner dans une boite surchauffée. ATTENDRE. Beaucoup ATTENDRE. Préparer un dossier avec les ingrédients suivants: sel de civilités, poivre de ministère, cannelle de carpette. Dosage indifférent. ATTENDRE encore, en vous aplatissant de plus en plus au point d'être aussi fin qu'un I.T.T grand luxe ... et lécher, lécher jusqu'à ce que la langue fasse mal tant pis si elle pèle ... Vous aurez de quoi payer 1'othorino ... PEUT -ETRE.

Les mots brouillés.

Prenez deux mots. Ouvrez les en brisant leur coque sur un livre de linguistique fermé. Laissez tomber sur une feuille blanche. Observez comment ils s'étalent : En longueur, côte à côte, c'est érotiquement bon; L'un sur l'autre, mettez-leur un coup de spatule pour les empêcher de copuler; En vrille - mauvais signe - : En rond - hugh! ; Mais s'ils se tournent le dos servez les tout de suite, vous avez de vrais mots brouillés à la mode PILON.

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Si par hasard des imprimeurs lisent le Pilon et qu'ils veuillent se débarrasser d'anciens clichés, ils continueront à vivre au Pilon alors que chez le ferrailleur ...

C'est drôle, il me faut de moins en moins de shampooing pour me laver les cheveux.

" Notre époque ne secrète pas de grands POÈTES. Il Y en a beaucoup de très bons, pas de génies ..."
J'ai entendu ça un jour à une signature où les génies buvaient du champagne.

Le numéro 9 sera entièrement assumé par Michelle Bloch

Il faut bien écrire que l'appel d'offre lancé dans PILON 5 n'a pas eu d'écho. Seul LATTÈS m'a écrit qu'il n'éditait pas de poésie. C'était si mauvais que vous n'avez pas osé me faire de la peine?

La TÊTE de L'ANE commence une collection de recueils à 20F les 6. Rue E. Renan 18000 Bourges.

Dans le dernier envoi de Lepage : 146 revues, une par poète. Quelle vitalité! La revue de poésie est bien le phénomène littéraire de ces 10 dernières années.

NADAUS promène un pamphlet qui se cherche un éditeur. On voit la bête: 20 route de Troux Guyancourt 78000 Versailles.

Non non, la photo en couverture du numéro 7 n'était pas celle de Chatard.

Faites un cadeau original et pas cher en abonnant vos amis au PILON. (signaler abonnement cadeau)

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CHARTE DU POÈTE ARTISAN
 

Hors les chapelles de mots - le SALUT - aux couleurs de la vie pour mieux broyer la poésie, la répandre, la donner, la vendre, la diffuser.

Hors les fabricants sans fabrique - la LIBERTÉ - aux couleurs de la générosité pour un vrai choix du matériau, du support, de la forme.

Hors les querelles de living-room - le RASSEMBLEMENT - de tous ceux qui veulent donner une audience à la poésie.

 

Hors les sentiers de l'édition - l'AUTONOMIE - intégrale d' un artisan et pas plus.

Hors le groupe - L'INDIVIDU -  seule unité véritable de création au siècle de l'info galopante.

Hors la critique critiquant puisque son pouvoir rêche n'est pas incontestable - EXISTER -.

Hors la sacrosainte grande famille bien pensante de la littérature qui ne donne aucune place au poète - L'ÉPARPILLEMENT -.

Hors l'université mais qu'importe de laisser aux scoliastes les études de textes.

Hors l'école faire courir la buissonnière aux mots sans cadenas loin des murs à drapeaux.

Hors la recherche langagière le lyrisme artisanal.

Hors le poète l'homme de vécu

HORS LA PRISON LE SUBVERSIF.





 






 

 

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