Comme en poésie n°1

Jean Pierre Lesieur

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Au sommaire du numéro 1 :

Jean Louis MASSOT, Victoire FLASSIGNY, Alice MASSÉNAT, Claude SEYVE, et des poètes du site écrits vains : Emmanuel HIRIART, Marie BATAILLE, Silvaine ARABO. Des chroniques : comme la poésie à l'école, comme en génétique, pot au feu, comme dans les livres, et le feuilleton-conte intéractif le Prince Parfait et la princesse Saudade.

  Extraits du numéro 1:

 

LE PRINCE PARFAIT ET LA PRINCESSE SAUDADE

Le "PRINCE PARFAIT" et la " PRINCESSE SAUDADE " s'étaient rencontrés, par hasard, dans un édifice public qui sert en principe à l'enseignement des petits enfants de France.
Elle était venue de son lointain Portugal pour fuir l'ennui et pour aider ses compatriotes à ne pas perdre le peu de portugais que leurs enfants n'avaient pas pu apprendre à l'école. 
Ils n'avaient rien de prince ou de princesse, enfin aucun titre nobiliaire ne justifiait ces qualificatifs, roturiers tous les deux, ils en vivaient toutes les contraintes,  tous les avatars et toutes les joies.
Ils se rencontrèrent donc et se plurent presque immédiatement. On n'explique pas ce genre de réaction qui touche en moyenne une douzaine de personnes par minute dans le monde, au moins.
C'était un beau jour de fin d'automne, le soleil n'apparaissait pas parce que dans la ville pour voir l'horizon il faut monter en haut de la plus haute des maisons et avoir de bons yeux.
Le PRINCE PARFAIT n'était plus ce qu'on peut appeler un jeune homme, mais il avait conservé de sa jeunesse une prestance de bon aloi qui faisait se retourner les femmes sur son passage, enfin pas toutes.
La PRINCESSE SAUDADE, notoirement plus jeune, ne faisait pas non plus son âge, mais portait avec grâce et délicatesse ses quarante printemps. Elle était brune, moyennement grande, des cheveux bruns ou châtains, selon les heures et des yeux dont la couleur changeait à la même vitesse. C'était difficile de la reconnaître dans ces moments là. 
Lors de leur première rencontre ils ne se parlèrent guère, elle n'avait pas le temps et lui en avait trop. C'est bien connu les extrêmes s'attirent ( ne pas confondre avec les extrêmes satyres ), c'est vraiment à leur deuxième rencontre que le coup de foudre tomba.
D'habitude le coup de foudre arrive tout de suite, ce ne fut pas le cas. Peut-être étaient-ils trop vieux pour cela, ou le premier orage ne fut pas assez fort ou la fée qui se penche sur le berceau des premières rencontres n'étaient pas assez disponible ou en grève.
Toujours est-il que la première parole qu'il lui dit :
" que faites-vous là ?" 
ne reçut aucune réponse de sa bien aimée. Je dis déjà sa bien aimée car vous avez sûrement compris que le conte dont je vais vous entretenir va concerner l'amour de ces deux là, que rien ne principe ne devait rapprocher d'aussi près...


A COMPTER LES HIRONDELLES
 

Nos envies sautillent
comme ces bulles d'eau
que font les gouttes
dans les flaques.

On flaire encore
des parfums
dans les pluies
d'une fin de Septembre.

Jusqu'au matin
où l'on se prend
à compter les hirondelles
sur les fils.

Alors on recolle
les vieilles pages du calendrier
pour faire comme
si c'était encore l'été.

JEAN LOUIS MASSOT