Comme en poésie n°11

Jean Pierre Lesieur

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Au sommaire du numéro 11 :

Les soirs souvent...

Entre le rideau rouge et nous
la SEINE
mouillante solitude d’ombres
et d’écailles de taupes remuées
par le plaisir des présences.
ASSIS
Le banc parfois s’envole
vers d’autres spectacles.
TOI, n’importe qui,
une fille née du hasard
et d’une rencontre
dans la rue.
Pas loin un voyeur regarde et voit
un manque de culotte flagrant délit.
Des péniches rongent en sourdine
les éclats oraux de la nuit.
Un bateau-mouche muse.
j’ai un sexe plus gros que la tour SAINT JACQUES
et mal à mon délire.
Il pleut un tout petit peu sur l’île SAINT LOUIS en face
là où le rideau rouge s’écarte doucement
laissant voir
une petite tête de mante religieuse.

jean pierre lesieur

 

ALBAREDE : pensées de poche

Paradoxe des religions : un irrationnel qui veut avoir raison!

Mort subite au printemps : la gelée qui cingle les roses en économise la pureté.

Face au couchant dans les vitres les éphémères sont plus longues à mourir que le soleil.

A chaque époque l’homme s’est paré d’inusité pour dissimuler son usure.

L’herbe du désert est sous-entendue.

Nous ne touchons jamais la vérité à mains nues, mais toujours avec le gant du préjugé.

Ne pas s’étonner des médiocres saisons d’aujourd’hui quand c’est la médiocrité, sur cette terre, qui fait la pluie et le beau temps.

Le passé est l’avenir du vieillissement.

L’homme est tellement «naturellement bon», qu’il veut à toute force faire le bonheur de son voisin. Il est prêt à l’assommer pour cela.

La faiblesse ajoute un brin d’herbe au pavé de la force. La force est un pavé soulevé par un brin d’herbe.

Depuis que quelques dents me sont tombées, les créneaux me font rire horriblement.

Tout tourne autour de tout. Et réciproquement.

Ultime et rocailleuse lucidité du torrent qui, à sec, devient draille.

Il n’y a pas de vérité en art. Il n’y a que des manques de recul.

Plus la lumière est vive, plus l’ombre est noire.

Dès qu’il a publié le poète va à la rencontre d’autres poètes, qui ont aussi publié, pour confraternellement échanger leur oeuvres : le poète est un échangiste.

La poésie ne s’écrit jamais en liberté, mais c’est en liberté qu’on doit la recevoir.

La douleur du pressentiment adoucit le mal d’espérer.