Comme en poésie n°14

Jean Pierre Lesieur

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Au sommaire du numéro 14:

 

Page 2 : Dessin de Béatrice GAUDY
Pages 3 : Con tradiction Jean-Pierre LESIEUR
Pages 4/5 : Michel HÉROULT
Page 6, : Jean CHATARD
Page 7 : Jean-Christophe BELLEVEAUX
Pages 8/9 : Monique ROSENBERG
Page 10 : Marie DESMARETZ
Page 11 : Frédéric FRADET
Page 12/13 : Robert ALATEINTE par Claude ALBARÈDE
Page 14 : Odile CARADEC; Martine SALÉ
Page 15 : Michelle CAUSSAT, Sylvie FREITAG
Page 16/17 : Nadine DUPEUX
Page 18 : CLOD’ARIA
Page 19 : Pierre ZIEGELMEYER
page 20 : Walter Helmut FRITZ, Christine DUMOND FILLON
Page 21 : Jean-paul GAVARD PERRET
Page 22/23 : Jean Pierre LESIEUR/Journal
Pages 24/29 : Dossier Voyages : ( Sourdin, Belleveaux, Maltaverne, Poëls, Varange, Dargent )
Pages 30 : Comme la poésie à l’école
Page 31 : Gérard LEMAIRE
Page 32 : Fadila BAHA
Page 33 : Simone GRISCELLI
Page 34 : Comme dans les recueils
Page 35 : Les revues
Page : 36/37: Cartes poèmes
Page 38 :Claude HELD
Page 39 : Comme en petites annonces
Page 40 : Chroniques de Jean Chatard
Page 41 : Roger LAHU
Page 42 : Pot au Feu
page 43 : Dessin de Ghislaine FENDLER
Page 44 : Entre nous...

Jean Pierre LESIEUR / édito con / tradiction!

L’homme est un animal con tradictoire, le poète aussi. C’est que j’en trimballe des con tradictions. Je suis même un « con tradicteur né ». C’est que rien n’est ni tout blanc, ni tout noir. Prenez ce fameux paiement des poètes qui me poursuit depuis que j’ai mis un euro dans la fente et bien j’en connais qui tout en clamant bien haut leur dédain du fric, ne serait pas contre de toucher de temps en temps quelques droits d’auteur à beurre dans les épinards. Et vice-versa dans le contraire. Vercey, met le doigt où ça fait mal. Je suis pour le con sensus mais je passe quelque missile par dessus les têtes de lecteurs qui en ont vu plein à la télé. Je n’aime pas que les poètes se tirent la bourre, s’invectivent, se tirent les tifs, s’agacent les miches, et bien je laisse venir dans ma revue quelques bourre-pifs de bon aloi. Con tradicteur, je vous dis. Et ce fameux compte d’auteur contre lequel je ne cesse de fulminer, je mets dans une «réclame» que j’ai édité le Manuel de survie à compte d’auteur et que maintenant je le fais éditer à compte d’éditeur. Con tradictoire encore. Remarquez au passage que dans compte d’auteur on entend con et dans compte d’éditeur aussi. Je laisse cette douce réflexion à vos neurones empâqués.
C’est qu’en fait une revue, vit aussi de ses contradictions. Si je reçois un texte de la dite nouvelle poésie, compliqué en diable, alors que j’aime par dessus tout la poésie simple, lisible, presque immédiate, et bien je suis capable de le mettre dans la revue. Chiche. Ce qui ne m’empêchera pas, si Esther m’envoie un de ses poèmes chansons dont elle à le secret de le mettre juste à côté. Pour qu’ils s’agacent. Con tradictoire.
Ce qui fait qu’il y a toujours quelqu’un qui a quelque chose à dire contre ce que je choisis ou écris, car on ne saurait tout aimer et son con traire.
Tenez encore une con tradiction : je ne suis pas poète j’écris de la poésie; je ne suis pas un intellectuel je me pique de mots; je ne suis rien et je crois être quelqu’un.
Au fait je supprime ma formule de première page «la poésie indispensable d’aujourd’hui pour être juste un peu moins con» beaucoup de lecteurs la trouve naïve, collégienne et m’as-tu-vu. Dont acte. Et si je mettais «pour vous rendre un peu plus con» c’est que la con tradiction c’est un métier à part entière. Il est patent que si la poésie devait rendre «un peu moins con» ça se saurait.
Quant à ce qu’elle soit indispensable tout me prouve le con traire. Mais je n’en ai cure elle m’a trop apporté pour que je la récuse comme le fait cette vulgaire et soi-disant amoureuse qui balance l’amour sans aucune vergogne, d’un revers de téléphone, à la gueule du poète. On est trop con devant la poésie de l’amour quand on est poète, et con ici signifie sans armes.
Il n’y a donc rien d’indispensable en ce monde d’en bas hormis la poésie, pour moi, et pour vous aussi lecteur puisque vous faites le fabuleux effort, et c’en est un, de vous abonner à une revue qui ne vous propose même pas la poésie, mais «comme en poésie», ce titre qui fait tant râler Esther. Il y a la POÉSIE et c’est tout. Mon petit «comme» ajouté, remarquez au passage que ça commence aussi par « com »(prononcez con), ne serez pas d’assez noble lignage et laisserez supposer que je ne livre que de l’ersatz de poésie. A vous de juger. Ce n’est pas facile de vivre avec la suspicion et la susceptibilité à fleur de poème. Je laisse donc aux censeurs, aux professeurs, aux coupeurs de cheveux en quatre, aux décortiqueurs, aux gloseurs, aux allumeurs, et à tous ceux qui écrivent sur la poésie des pages admirables auxquelles la plupart du temps je ne comprends rien, le soin de «dire», moi je publie les poèmes et les poètes que j’aime sans me prendre la tête ni celle des autres.