Comme en poésie n°2

Jean Pierre Lesieur

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Au sommaire du numéro 2:

Claude ALBARÈDE, Jean Michel BONGIRAUD, Luce GUILBAUD, Jean L'ANSELME, Alain JÉGOU, Philippe G.BRAHY, Christine DELCOURT, Arlette FÉTAT, Claude SEYVE, Roland NADAUS, Jacques JOSSE et les rubriques : comme sur internet, comme dans les revues, comme dans les livres, comme en correspondance, pot au feu, comme la poésie dans les livres de Jean CHATARD, comme les petites annonces et le deuxième épisode du feuilleton-conte du Prince Parfait et de la Princesse Saudade

  Extraits du numéro 2:

 

LE PRINCE PARFAIT ET LA PRINCESSE SAUDADE

Que faites-vous là? la princesse Saudade, effectivement, ne répondit pas au prince Parfait. Il resta tout con, avec sa langue qui tourna plusieurs fois dans sa bouche de prince qu'il avait bien faite pour le baiser. Il embrassait en mettant la langue. Mais, là, je vais un peu vite en besogne. 
Ils se rencontrèrent à nouveau et ce fut une merveilleuse journée au jardin du Luxembourg dans le kiosque duquel des musiciens tentaient vainement de retenir les passants car il pleuvait à grosses gouttes. Ils avaient un parapluie pour deux et c'est bien connu quand on n'a qu'un parapluie pour deux, si on ne veut pas être tout nappé, il vaut mieux se serrer un peu pour ne pas dépasser de la toile tendue sur les baleines.
Ils n'étaient pas nombreux, dans l'après-midi finissant, à écouter dégouliner les gouttes en même temps que les notes et cette quasi solitude les rapprocha beaucoup.
C'est là qu'il se rendit compte qu'elle avait un très doux sein qui se pressait entre ses côtes et sa poitrine et qu'il laissait doucement appuyer sur son bras gonflé par la pression qui lui tétanisait le biceps tenant le parapluie. Une douce ankylose le paralysait agréablement et gagnait progressivement d'autres parties de son corps.
Est-ce la musique, est-ce la pluie, est-ce le Luxembourg jardin plein de fantasmes romantiques, toujours fut-il, qu'ils ressentirent une douce langueur envahir réciproquement toutes leurs artères et que l'on peut dire que l'amour, qu'ils n'attendaient ni l'un ni l'autre aussi rapidement,  gagnait doucement un terrain que personne ne leur avait encore balisé.
On vit tourner au coin d'un sentier une personne de petite taille avec un arc et des flèches, dont il se servait fort mal, mais qui réussit tout de même à ficher leurs deux coeurs d'un même coup.  
En descendant le boulevard Saint Michel leurs pieds ne touchaient plus tout à fait le sol et malgré la pluie qui n'avait pas cessé il y avait dans leurs têtes comme une symphonie des cinq sens qu'aucun compositeur n'avait su écrire.
Ils étaient trempés d'amour et ils ne purent jamais par la suite s'en essorer complètement.

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Claude Seyve, toujours extrait du LEXIQUE, paru chez V.Hersault, je ne m'en lasse pas.

AGE
Jeune il pissait très loin, et âgé continue.

ABOBINABLE
Le temps c'est abobinable : ça ne se rembobine pas.

ARRIÈRE
Quand je n'aurai plus d'arrière-pensées, c'est que je n'aurai plus rien à mettre devant

AMNÉSIQUE
Il ne faut pas confondre l'amnésique du Nord et l'Amérique du Sud

AUTOMNE
La chute des feuilles n'excuse pas tout, et surtout pas la chute des cheveux.

BOYAU
Un boyau particulier peut l'être dans sa totalité.

BRAILLE
Le plus petit braille. Elle est aveugle, explique son père.

CHÉRI
La dernière fois qu'on m'a dit chéri, j'ai ri.

CITROUILLE
Il eut une telle peur qu'il se transforma en citrouille.