comme en poésie numéro 34

 
Jean Pierre Lesieur

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Le Pilon

Au sommaire du numéro 34

:

Page 2/3/4 : Lionel MAZARI

 Pages 5 : Gérard LEMAIRE

 Pages 6/7 : Line SZOLLOZI

 PAGE : 8/9/10 : Jean-Michel BONGIRAUD, Bruno SOURDIN

Page 11 : dessin de Antonio QUADROS FERREIRA

Pages 12 /13 :  Zébane FANFRELUCHE. J.P.L

Pages 14/15/16 : Sarah DENOIRJEAN

Pages 17 : Thomas VINAU

Page 18 : Robert MOMEUX

Page 19: Françoise LAUX (peinture)

Page 20/21 : Thomas GRISON

Pages 22/23 : Catherine MAFARAUD

Page 24 : Alain SIMON

Page 25 : Guy CHATY

Pages 26/27: Jean-Paul BOTA

Page 28/29/30/31 :  Béatrice KAD

:Pages 32 : Lorenzo LE QUELLEC

Page 33 : Jean-Marc THÉVENIN

Page 34 : Fadila BAHA

Page 35 : Fabrice MARZUOLO

Page 36: Simon MATHIEU

Page 37 : Daniel PERTHUIS

Page 38 : Michèle CAUSSAT

Page 39 : Ludovic CHAPTAL. Poésie SMissée;

Page 40 : Comme dans les livres

Page 41 : Sébastien AYREAULT

Pages 42/43 : Cartes légendées

Page 44 : Conseils et annonces

Page 45 : Comme la poésie à l’école, La pasticherie (POËLS)

Page 46  : La pasticherie (Claude ALBARÈDE)

Page 47/48/49/50 : SUPERVIELLE et la dualité.

Page 51 : Bric à broc

Pages 52 : People poésie

53 : Coups de cœur J.P.L

 Page 54/55  : Comme en revues.

 Page 56 : De vous à moi ou de moi z’à vous.

 

 

 Tableau de couverture : Antonio QUADROS FERREIRA

 

EXTRAITS DU N° 34

 

L’ÉPOUVANTE

à R. Mahoudeau et à A. Mijoin

 

André

 

Un merle au cimetière du Père Lachaise
me regarde monter ce chemin rude
quand plus n'y serai un merle tout pareil
d'une branche à l'autre
je vais à la mise en bière
à 99 ans André est mort juste avant
de coiffer le siècle
et du temps des forgerons de la Brie
de la métallurgie des bords de l'Oise
narguant les fortes têtes
il ne reste que le nuage au ciel qui me suit
et de Mathausen que reste-t-il
un chant de merle sur un fil barbelé

Renée

 

Qu'est devenue Renée pour toujours
assise devant la mer
la beauté du monde adossée aux collines
des bruits à peine et en couronne
la transparence des jasmins
quand un merle salue l'aube
un jour de plus à vivre
aussi délicat que la brisure de houle au loin
aussi volontaire que le camion à mi-côte
aussi fidèle que les habits dans l'armoire
voici le premier voilier hors du port
un oiseau croise très haut
loin de la fumée d'herbe brûlée
en volutes au-dessus des jardins
et de cette fumée qu'elle respirait
sans la voir couchée sur son châlit

 

Si l'on ne parle plus de la Shoah,
la Shoah
risque de devenir la mémoire des juifs,
et les
autres des spectateurs.
Francesco Lotoro,

 pianiste italien, France Inter 20/01/08

Emile
 

Dans son fauteuil roulant Emile ne pouvait supporter
 d'entendre parler allemand
 et en visite en Bavière
avec l'amicale de
il n'était pas sorti du car
Emile dans son fauteuil roulant rue Pied-de-Colline Nice
quand on le promenait en bord de mer suivait des yeux la houle
souvenir d'autres temps l'oiseau
au dessus des fils et des pylônes
fuyait ainsi sans lui bien au-delà
de l'horizon de cendres

 

 Nessim

 

Il habitait rue du Dessous-des-Berges
sa moto flanquée d'un curieux spider
était garée dans le garage de l'immeuble
il traînait une jambe avec un peu de difficulté
la musculature brimée dans un tricot
laissait apparaître un pelage fourni
et il parlait d'une voix forte
il racontait d'atroces castagnes
ou des choses très scabreuses
sur lesquelles on n'osait l'interroger
du temps qu'il était à Dachau
et sur son bras un numéro écrit à l'encre
comme ces lettres bleues parfois
sur la viande crue

Line SZÖLLÖSI