comme en poésie numéro 35

 
Jean Pierre Lesieur

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Au sommaire du numéro 35:

Page 2 : Éditorial :  Paresse des papesses.

Page 3 :Michel  L’Hostis

 Page 4/5 : Patrick Argenté

 Pages 6/7 : Renaud Marhic

 PAGE 8 : Lydia Padellec

Page 9 : Benjamin Chinour

10 : Jean-Louis Bernard

Page 11 : Évelyne André-Guidici

Pages 12 : Bénédicte Lefeuvre

 Page 13 :  Fred Johnston

Pages 14/15 : Christian Bulting

Page 16 : Valérie Durif

Pages 17 : Nadia Leroux

Page 18/19 : Pierre Mironer

Page 20/21 / Dana Shishmanian

Pages 22/23 : Ferrucio Brugnaro

Page 24/25/26 : Emmanuelle Le cam

Pages 27: André Nicolas / Lipska

Page 28/29 : Zébane Fanfreluche

30/31 : Arnaud Duvivier

:Pages 32 : Fadila Baha

Page 33 : Lionel Mar

Page 34 : Fabienne Alliot

Page 35 : Marc Bonetto

Page 36 Christine R. Winninger

Page 37 : Michelle Caussat

Page 38/39 : Bruno Sourdin

Page 40 : Olivier Mathian

Page 41 : Jeanpyer Poëls

Pages 42 : communiqué de Morgan Riet

Page 43 : Mes coups de cœur.

Page 44/45 : Cartes légendées.

Page 46  : La pasticherie (Claude ALBARÈDE)

Page 47 : pot-au-feu.

Page 48/49/50 : SUPERVIELLE et les mains/ Pascale GIOVANETTI

Page 50 : José Millas-Martin

Page 51/52 : poésie people/people poésie.

53 : Comme dans les livres.

 Page 54/55 : Comme en revues.

 Page 56 : De vous à moi ou de moi z’à vous.

 

Dessins de couverture Claudine Goux, extraits du livre de Françoise CARADEC En belle terre noire, paru aux Éditions En Forêt.

 

 

 

 

 

  Extraits du numéro 35

L’édito de Lionel Mazari m’a valu quelques mots et lettres, soit de compliments, soit d’engueulades. C’est qu’il n’y est pas allé, comme on dit, avec le dos de la cuiller, expression culinaire qu’on emploie aussi dans le landerneau poétique et dans les restaurants.

              Dans son dernier numéro de Délit de poésie, Cathy Garcia, met en exergue les affres de celle qui fabrique une revue de poésie et ne trouve plus de temps pour écrire, avec en prime quelques remarques acides de ceux qu’elle ne publie pas assez vite. Elle a raison de dire : que personne ne l’oblige à faire une revue et elle suggère que tous les poètes fassent la leur pour connaître les deux côtés de l’aventure. Mais alors qui les lira? Ils se liront eux-mêmes et entre eux, n’est-ce pas déjà le cas ?

Le prochain numéro sera :  Le Poète du 21ème siècle. Qu’on se le murmure dans les chaumières de la poésie dite et dans les autres, celles de la pas dite.

La rubrique poésie people apparue dans le précédent numéro continue en celui-ci, vous pouvez participer en observant vos amis à la loupe et en dénonçant leurs tendances cachées.

Je me suis promené au marché de la poésie, y suis resté quatre jours. J’ai rencontré beaucoup d’amis d’aujourd’hui et de naguère. Patrice Delbourg et Jean-Yves Reuzeau, serré la main à Serge Pey et Dhainaut, vu Jean-Luc Maxence et Danny Marc qui ont eu une bonne idée de collection des « poètes trop effacés », avec 3 titres Bernard Jakobiak, Michel Cazenave et Guy Allix, je me verrai bien là, ai mangé avec Luce Guilbaud et Odile Welfelé, en tête à tête vendredi et le samedi avec Suzanne le Magnien, Jean Joubert, Gérard Cléry et quelques autres, serré dans mes bras Louis Dubost et bu une bière avec Jacques Morin et Claude Vercey, payée par ce dernier. Salué Laurence Bouvet, Éric Dubois, Guy Chaty, Jean-Paul giraux, Emmanuel Iriart  et Ludmila Podkosova, débusqué dans son antre Michel Héroult, accolé Alain Kewes, retrouvé Christine Winninger qui fit antan partie du Puits de l’ermite et que je n’avais pas revue depuis, secoué Jean-Louis Massot et son compère lyonnais Hervé Bougel, croisé aussi Alain Suied, Claude Chambard  et d’autres que j’oublie et qui ne savent pas que je les ai vus. (appris aujourd’hui le décès d’Alain Suied)

J’en profite pour suggérer aux organisateurs de la chose qu’ils pourraient bien offrir aux petites revues de poésie, celles qui n’en ont pas les moyens, un stand gracieusement gratuit, dans lequel elles pourraient se regrouper à plusieurs, ce qui serait bien généreux et beau. Rêvons mes sœurs.

Comme en poésie sera au salon de la revue marché des Blancs Manteaux de Paris les 11 et 12 octobre, ceux ou celles qui veulent m’embrasser sur le front de la poésie peuvent passer je leur offrirai n’importe quelle surface de mon anatomie.

Bel automne aux poètes qui devraient voir paraître L’animal poétique et ses munitions, nouvelle version et Zébane Fanfreluche, une belle vendange.

 

Tu n'as jamais aimé la vie terrestre ses turpitudes immuables les bornes kilométriques ont l'art de durer tous les jours toi non le sommeil ton effaceur complice t'amène doucement jusqu'à la tisane pétale de plaisir verveine vigne rouge olivier millepertuis mauve tu lis dans les plantes ton enfance verte en bouton d'or et orties plus tard tu te mélangeais les dates les soldats allemands cachés dans les tranchées, c'était la bérézina la délivrance tu avais treize ans quelle importance la souffrance était antérieure encore avant jamais eu besoin de lire Cioran. C'était déjà la vie terrestre, la pire de toutes. Tu avais eu tes bonheurs d'enfant le bocage normand pour exploration des heures des journées les herbes hautes jusqu'à la taille les senteurs et le vent la vie sauvageonne seule qui vaille.

Bien sûr la terre à pleines mains comment comprendraient-ils tu étais dans un nuage ils t'ont délogée travail-famille pour la patrie ils avaient déjà donné. Tu ne voulais ni leur parler ni les entendre tu appris très vite à être sourde tes familiers harcelés par le labeur enregistrèrent sans broncher. Tu t'arrêtas de parler il y avait des mûres et fraises des bois à pleine bouche.

Tu en ferais des confitures dans ta vie terrestre pleine d'enfants gourmands.

 

Lourde d'un chagrin tout rond toi qui n'étais qu'une enfant avais rendez-vous avec des femmes sages qui extirpaient les chagrins tout ronds parfois le chagrin ne voulait pas partir mais tu repartais avec ton baluchon le froid au ventre, le chagrin c'est chaud.

Un peu moins enfant mère à présent tu semblais aimer ce chagrin tout rond qui tenait chaud. L'année d'après, tu revins avec ton baluchon.

 

Tu avais hâte de déposer ton lourd baluchon trois kilos et cinq cent grammes un petit d'être fripé violacé au coin de la joue mis à plat pour le détailler il avait le cheveu foncé et l'air des pays lointains ton ventre pourtant l'avait couvé les pleurs et les cris quelle guêpe l'avait piqué ses petits poings serrés rouge. Tu l'allongeas il continua tandis que le sommeil te plissait les paupières tu te rappelas que tu avais une fille.

                                                                                                                                                                                                                              Fadila BAHA